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Présidentielle 2017. Et si on changeait tout ça une bonne fois pour toute
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Présidentielle 2017. Et si on changeait tout ça une bonne fois pour toutes ?


Peuple Français ! Je t’écris par ce que j’ai mal au bide. J’ai un truc qui passe pas, et je ne sais pas si j’en veux plus aux politiques et son système bien cloisonné, ou à nous tous, citoyens, à la fois responsables, mais également victimes en bout de chaine.

Pourquoi responsable ?

Puisqu’il est vrai que les compétences des ouvriers ou employés sont le reflet de leur propre entreprise, ce principe s’applique également à nous : nos gouvernants sont le propre reflet du peuple, médiocres, incapables, incompétents, inactifs, etc….

Cela vous choque ? Vous vexe sans doute ? Et pourtant, c’est bien nous citoyens qui votons pour eux.

Tu es là à attendre bien sagement que les politiques apportent un jour des solutions à tes préoccupations, souvent urgentes ou vitales, élections après élections, programme après programmes, promesse après promesses. Au final, tous les mêmes, aussi incompétent les uns comme les autres, quels que soient leurs partis, ou nos ministres ne sont plus nommés pour leur qualification, mais uniquement parce qu’ils sont dans le moule, bien souvent plus enclin à gérer leurs carrières sans honneurs, obéissant au doigt et à l’œil à leurs Pères (Banques, lobbys, finances, industriels).

Et toi citoyen ? Dans tout ça ? Toi le cador qui prend pour acquis le passé de nos glorieux anciens comme si tu en étais, toi qui rigoles et te moques d’eux en regardant la télévision ou au détour d’un café, te permettant bien souvent de te croire supérieure. Et bien tu n’es plus rien, tu n’existes même pas sauf au moment de donner la papate à son maitre, et pour ça, jusqu’à présent tu as été fidèle. Tout juste bon à râler et nous diviser plutôt que d’être dans l’action, il est vrai qu’il est plus facile d’en vouloir à un SDF ou un chômeur, plutôt qu’à ceux qui disposent de toi au grés de lois et taxes qui rendent ta vie plus pénible chaque jour et la leur, apparemment meilleur.

Le système français est devenu une machine à fabriquer des cons (nous citoyens), et pour cela elle y met son arme la plus efficace : La télévision.

Français ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Et comment peu tu continuer à accepter qu’une poignée d’hommes et femmes politiques, puissent disposer du peuple alors que c’est eux qui devraient être au service du peuple. Nous sommes 66 millions de français (c’est puissant), et ont obéi au doigt et à l’œil à nos employés immatures en terme de décisions qui t’enfonce chaque jours un peu plus. Tu dis de partout que tu souffres, et ce, quel que soit ta catégorie social car c’est bien vrai qu’ils frappent tout azimut depuis 8 ou 9 ans. Et bien je croyais que tu avais plus de fierté, plus d’envie, de hargne, des trips, mais apparemment, même ca ils ont réussi à te l’enlever. Ah si, dés fois tu vas manifester, à l’appel d’un syndicat tel un berger qui appel ses moutons, qui d’ailleurs n’a de syndicat que le nom. Ils ne sont que le bras armé de l’état, puisque leurs signatures vaut pour accord de l’ensemble de leur adhérents, et ce quel que soit ton avis. (Retraite, condition de travail, etc) On te dit à quelle heure venir, on t’explique par ou passer pour ne pas déranger nos élites, et après ? Qu’en reste-t-il ? S’il suffisait de marcher dans la rue une journée avec des pancartes pour changer les choses, ça se saurait non ? Si on t’a laissé ce droit, c’est uniquement parce qu’il est stérile

Oui, Il y a bien une conscience collective qui monte à l’égard de nos dirigeants politiques. Mais si elle n’est pas accompagnée d’action, alors à quoi peut-elle bien servir.

Quand vas-tu enfin arrêter d’être un simple mouton. Quand vas-tu enfin prendre ton destin en main ? Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour tes enfants.

Peuple Français, si tu veux, on peut tout changer ensemble. Oui j’ai bien dit tout changer et repartir sur des bases saines.
Toi celui qui ne vote pas, et donc laisse faire (inaction).
Toi celui qui vote blanc, par respect des anciens ou fautes de candidat (inaction)
Toi celui qui vote par défaut (choisir le moins pire est affreux comme dilemme, hélas inaction)
Toi qui votes avec convictions pour le parti qui passera, toi c’est diffèrent, en principe tu n’as plus le droit de te plaindre après.

Citoyens, rends toi compte de la chance que tu as, nous somme en démocratie, tu as le pouvoir de changer ton destin. Regarde autour de toi, dans d’autres pays certains le payent au prix de leur vie, et toi, ça ne te coute rien, juste un peu de bon sens, et nous avons une arme fantastique et puissante à notre disposition. C’est arme pacifique, certes divisé une à une elle ne vaut rien, mais rassemblé, c’est un rouleau compresseur sans faille.

C’est arme tu l’as connait, c’est le bulletin de vote.


Il nous suffit de nous réunir, nous tous les non votants, les votants blancs ou par défaut, nous les retraités, les salariés, les indépendants, les étudiants, les chômeurs, les exclus, les jeunes (heureusement que vous êtes là les jeunes pour bouger vos ainés) bref, nous tous qui nous sentons trahi et abandonné par nos monarques. Rendez-vous compte de la puissance d’un tel rassemblement lorsque potentiellement, nous pourrons représenter de 20 à 60 % des voix, et sans doute plus.
Alors là, et seulement là, toi peuple français tu seras pris en considération. Là et seulement là, tu auras retrouvé ta souveraineté et tu pourras être fière d’aller voter à nouveau pour le mieux de ton pays en choisissant une équipe (j’ai bien dit une équipe et non un candidat) ayant présenté le meilleur projet d’avenir pour ton pays, et donc le nôtre au quotidien.

Face à ce nombre de voix potentiellement majoritaire, capable d’exclure sur le champ tous ces bonimenteurs escrocs qui découvre le mode d’emploi à la fin de leurs fonctions, nos futures dirigeants politiques a venir seront bien obligés de donner le meilleur d’eux-mêmes s’ils veulent être élus, accompagnés d’arguments, de preuves et garanties du sérieux de leurs projets, pensés dans l’intérêt de la France, et non pour une poignée d’actionnaires ou autres intérêts personnels, si ce n’est l’ambition d’être un grand homme pour la France.

Un projet travaillé, structuré, ambitieux, pragmatique, se basant sur des faits, et non des spéculations, ou Ils seront obligés de prendre en considération nos attentes et les intégrer dans leur politique d’action.
Un projet ou le candidat ne cachera pas ses futures ministres, véritables bras armés et coéquipiers dans son projet. Non au contraire, un candidat qui présente un projet ambitieux avec une équipe compétente ayant bossé son sujet avec les meilleurs, doit pouvoir dire avec des faits :
Travail, économie, santé, retraite, pouvoir achat, pauvreté sociale, etc….. Nous allons mettre en place telle dynamique pour tel domaine (quoi, pourquoi, comment, objectifs, viabilité et faisabilité du projet ect….), et pour ce faire je nommerai telle personne car ses compétences en la matière et celles de ses équipes sont les suivantes (CV, expériences, capacités, etc).

Il me semble que c’est un minimum, puisque c’est bien le minimum que l’on te demande à toi simple français, lorsque tu postules pour un job ou cherche à défendre un projet qu’il soit professionnel ou personnel. Comme il me semble également normal que les prétendants a un tel pouvoir et degrés de responsabilités puissent justifier pour eux et leur équipe, des qualités et expériences nécessaires pour mener à bien ce projet, puisqu’on on le demande également pour n’importe quelle entreprise ayant l’ambition de se lancer et réussir. Car derrière un tel projet, n’oublions pas que cela impacte directement notre vie de tous les jours, nous, des hommes et des femmes, pas des chiffres et statistiques.


Le nom cumul des mandats, une évidence non renégociable dans le temps, soyons brefs.

Casserole au derrière, toutes casseroles confondues : Démission immédiate et interdiction d’exercer ou postuler un pouvoir ou fonction politique ce qui me semble une évidence, puisqu’elle s’applique à toi avant d’intégrer certains emplois.

Sur ce sujet, je ne vais pas m’étendre (trop long, et en citer c’est en oublier), tant ça m’ hérisse les poils de ne jamais comprendre comment les français peuvent il être aussi stupide (et je suis poli) Ca m’énerve a un point que j’en arrive même des fois à me dire qu’ils ont raison tellement on est des guignols, et en plus ça bronche pas, ça accepte tout, pire, pour certains ça revote pour eux, et ça participe mêmes en son temps à la quête pour renflouer les caisses, c’est fantastique à quel point nous sommes minables.
Comment pouvez-vous laisser faire, année après année, sans rien dire ni faire et acceptez qu’ils se pavanent en toute impunité la tête haute devant les caméras, en t’expliquant la vie et pourquoi il faut que toi tu fasses des efforts et surtout voter pour eux. Et dire que je me casse le knut (pardon) à éduquer mon enfant en lui expliquant que ce n’est pas en magouillant que l’on réussit dans la vie. Rien que pour ça, j’ai honte d’être Français, mais comme il n’y a pas que ça, …………………………..

Ce que je te propose tu vois, c’est plus qu’un un simple appelle au vote ordinaire, c’est un moyen simple, efficace, pacifique, sans blocage de pays, de te faire entendre pour changer tout ça par le vote. Et à défaut d’avoir la prétention d’avoir les solutions économiques pour relancer le pays (quoique ça se discute, vive le bus), Je suis persuadé qu’il y a dans ce pays des hommes et des femmes possédants les qualités nécessaires et capable d’assumer ses hautes fonctions à lourdes responsabilités avec brio, il n’est pas normal que ces personnes n’apparaissent pas au grand public, comme il n’est pas normal que dans un pays de 66 millions de personnes, nous restons confinés avec les mêmes sur plusieurs décennies, se partageant ainsi le pouvoir et la place des seigneurs, le tout dans une impunité totale avec accords et consentements des français.

Ce moyen nous permet de remettre des graines saines à la base, des hommes et des femmes d’actions, honnêtes et engagés. En se rassemblant, nous pouvons imposer à nos futures candidats une chartre de qualité, une éthique et remettre au pouvoir des hommes d’honneur, et surtout qualifiés, et si par malheur, oui par malheur nous ne trouvions ce, ou ces fameux candidats à qui offrir nos voix, nous pourrons au moins à défaut chasser les pires.

Français, Françaises, citoyens, ce projet ne m’appartient pas, il appartient à tous les citoyens du monde entier vivant dans un pays démocratique et ne tolérant plus que nos dirigeants politiques soient dictés par la finance, les banques, les lobbies et les industriels, n’ayant que faire de tes misérables conditions de vie. Une petite poignée d’hommes et de femmes qui font la pluie et le beau temps et règnent en maitres sur la planète.
J’en appelle à vous tous citoyens, vous qui avez les codes et les outils pour contribuer à mettre en place sur un site ou réseau social, un lieu où nous pourront nous rassembler. Pour à la fois construire cette charte ensemble basée sur de simples règles de bon sens, mais également pour montrer le nombre de voix que nous représentons et affirmer notre détermination et imposer qu’à ce jour : la politique se fait avec le peuple, et non plus, contre le peuple.
J’en appelle également à vous tous citoyens qui avez les codes de la bonne société, vous qui savez comment relayer et diffuser ce message, (forum, réseaux, medias,….), le faire devenir grandissant avant l’échéance fatale en 2017 qui nous replongerait dans le chaos cinq ans de plus, vous qui connaissez les portes à ouvrir, peut-être mêmes de remettre en forme ce projet si le fond vous a convaincu mais hélas je n’aurais su y mettre les formes.

Citoyens :


Les politiques n’ont peur que de deux choses : ne pas être élu la première fois, et une fois ceci acquis, ne pas être réélu, le reste………………

Aujourd’hui, les élections ne se gagnent plus au second tour avec un programme, non, elle se gagne au 1er tour. Le principe est simple, tout faire, ou plutôt, tout dire pour passer le 1er tour et se retrouver face au FN, puis après, on s’en fout royalement, on en appelle à l’unité national et sa conscience.
Toi brave couillon, tu ne veux pas d’un pays gouverné par les extrêmes car ça ne te ressemble pas, et tu as bien raison car on n’a pas attendu des discours politique à deux balles pour aimer notre prochain quelle que soit son origine Bref je m’égare, mais au final, c’est encore toi qui l’as dans le Knut pour cinq ans.

Qu’est ce qu’on fait ? On continue comme ça ?

Citoyen. Tu n’as plus le droit de fuir, de resté inactif sur ton canapé en regardant les informations ou nos journalistes de terrain armés de leurs fidèles bottes en caoutchouc, te font manger 25 mn sur un ruisseau qui déborde, contre seulement 25 secondes une fois par mois sur le chômage ou l’économie qui sont tes réels préoccupations, tu dois agir si tu veux que ça change, prendre tes responsabilités, rappelles toi, elles ne te couteront que cinq minutes de ton temps à chaque fois que tu seras appelé aux urnes, (Pas trop dur comme efforts tu vois, je t’ai ménagé) seul le poids affiché de nos voix unies avant élections nous permettrons de retrouver notre dignité. Cette énergie solidaire doit être la même que celle qui nous unie lorsque notre pays est touché. C’est à nous de nous prendre en mains.

Montrons l’exemple au monde entier, sans cris, sans heurts, dans la paix et la fraternité, juste en faisant notre simple devoir de citoyens concernés.

Français, un jour un homme d’une infinie bonté a dit :
Quand je pense qu’il suffirait de ne plus en acheter, pour que ça ne se vende plus.
(A méditer)


Présidentielle 2017. Et si on changeait tout ça une bonne fois pour toute
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desole j crois plus a nos enarques ou a ses spedo dieux de l olympe


En 2017 encore faut-il des systèmes démocratiques et qui fonctionnent!
GUERIN


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2017 les mêmes pour des résultats très médiocres………….

La croissance à la sauce hollandaise, c’est donc une recette qui repose sur une bonne louche d’augmentation des dépenses publiques financées par des emprunts à taux négatifs !
La croissance française était largement supérieure à celle des États-Unis pendant les 30 Glorieuses…
… mais elle est devenue largement inférieure (à celle des États-Unis) depuis 1983, c’est-à-dire depuis que les Français élisent des hommes politiques qui appliquent une politique économique socialiste,
NOTA/Nicolas Sarkozy n’a pas eu de chance : il a été élu en mai 2007 juste avant les grandes turbulences financières et la plus grande crise après celle de la Grande dépression de 1929.

Comme tous les énarques et hommes politiques français, son successeur était persuadé que la croissance suivant des cycles (ce qui est enseigné à l’ENA), qu’après cette crise viendrait automatiquement une reprise de l’activité ainsi que de l’emploi, donc : yaka attendre ! … sans rien faire !

Pas de bol : la croissance elle est pas là et la courbe du chômage elle s’inverse pas !

La croissance est même négative au 2ème trimestre par rapport au précédent en taux annualisé, ce qui est la référence aux États-Unis. En effet, d’après l’Insee, le PIB (en volume) a été de 529,6 milliards d’euros au 1er trimestre 2016 mais en baisse à 529,4 milliards au 2ème trimestre, ce qui correspond à une baisse (en pourcentage) de 0,038 % et de 0,151 % en taux annualisé arrondi logiquement à… 0,2 % !
La dépense publique, qu’elle soit financée par l’impôt, le déficit ou la banque centrale ne crée pas de croissance. Si c’était le cas, la France serait la championne de la croissance. C’est l’innovation, l’investissement et les libertés économiques qui permettent la croissance. Autrement dit c’est le capitalisme. Hollande ne peut l’admettre, alors il dit que c’est le « bol ».
Tout tient en 1 chiffre: 57,5% de P.I.B. pour couvrir le « train de vie de l’état » et aucune tentative ou perspective pour diminuer ce chiffre donc aucune lumière à l’horizon: point final (45% en Allemagne, pays encore industrialisé).
Le lien pétrole-croissance est évident, mais il n’explique pas pourquoi la France décroche par rapport aux autres pays industrialisé

Et vous avez un exemple quelque part, à un moment, où la planche a billet aurait permis de relancer l’activité économique ?
Ben non, y’en a pas. pas un seul dans toute l’histoire économique du monde. Et dieu sait pourtant quel la planche a billet a été mise a contribution dans le monde, et souvent…
La seule nouveauté, c’est le pipeau comme quoi on l’utilise pour relancer l’activité… C’est du pipeau, ce n’est partout et toujours qu’une affaire d’impôt qu’on n’ose pas lever, alors on utilise ce moyen détourné.
Publié le 22 août 2016 dans Politique, Par Jean-Pierre Chevallier

Notes :
Si la France est alors dirigée par un personnage du même acabit que l’actuel président de la République ou son prédécesseur, le peuple français sera tenu à l’écart de ces tractations. Comme avec Sarkozy en 2008 sur le Traité de Lisbonne ou avec Hollande en 2012 sur le traité budgétaire, aucun référendum n’est prévu pour solliciter l’accord du peuple français. Aucune de leurs promesses sur le sujet ne sera jamais tenue comme l’ont montré les deux précédentes expériences sur le sujet. Je vous mets aussi en garde contre les numéros d’enfumage à l’occasion de la campagne présidentielle. Souvenez-vous des promesses non-tenues en matière européenne. Souvenez-vous de la promesse envolée de François Hollande à propos de la « renégociation » du traité budgétaire. Souvenez-vous de la promesse envolée de Nicolas Sarkozy d’un « mini-traité » suite au référendum de 2005. Ne vous faîtes pas avoir une nouvelle fois. Pour ma part, je dis les choses clairement. Je n’accepterai pas ce nouveau traité qui étouffe la souveraineté des Français. Je plaide pour que 2017 soit l’occasion de sortir des traités européens. Ma ligne est claire : l’Union européenne, on la change ou on la quitte ! (Source : Jean-Luc Mélenchon, 12-05-2016)


Notes : Il est impératif de revoir les modes de fonctionnement et d’élections en France

Les 3 problèmes soulevés par une définition courante de la démocratie..


Par Jacques Garello




Les définitions de la démocratie sont nombreuses, et plus ou moins heureuses. L’étymologie nous dit pouvoir du peuple. Churchill la définit comme « le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Pour beaucoup de personnes, c’est l’organisation d’élections libres et la loi de la majorité qui caractérisent une démocratie. Les démocraties populaires et les dictatures sont souvent légalisées, sinon légitimées par ces façades de démocratie. La loi de la majorité est en soi arbitraire, elle correspond à la démocratie ancienne à laquelle Benjamin Constant opposait la « démocratie des modernes » qui consiste à protéger les droits de la minorité, et en particulier de la plus minoritaire des minorités, l’individu : la démocratie serait respect des droits personnels. Hayek liait la démocratie au processus électoral, mais lui substituait la « démarchie », système où les droits sont reconnus et protégés par une assemblée composée de sages non rééligibles.

Mais la formule consacrée est celle d’Abraham Lincoln, « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». C’est cette formule que je trouve imprécise, voire nocive.

Le gouvernement du peuple est déjà un concept ambigu. Cela veut-il signifier que tout pouvoir doit venir de la souveraineté populaire, comme l’entendait Jean-Jacques Rousseau ? Mais qu’est-ce que le pouvoir de gouverner ? Au prétexte de son origine populaire, le pouvoir peut-il être absolu ? Sinon, quel est le contenu de la délégation que le peuple aurait donnée aux gouvernants ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette première formule évacue le problème de la subsidiarité ; les libéraux professent clairement que le pouvoir, défini comme la possibilité d’exercer une coercition sur les gens, ne peut intervenir que lorsque l’usage de la coercition, le recours à la force publique, est impératif. Encore faut-il savoir si les pouvoirs locaux sont tout naturellement désignés pour régler ces affaires, et si le pouvoir central n’intervient qu’en tout derniers recours.

Le gouvernement par le peuple est une formule qui participe d’un bel optimisme. Certes la démocratie directe, qui permet aux citoyens de se prononcer par un vote sur une affaire d’intérêt commun donne l’illusion du « peuple législateur » (Rousseau encore, décrivant les mœurs politiques de Genève). Mais la tenue et l’organisation du vote doivent bien être confiées à quelque instance, qui va détenir ainsi un grand pouvoir, d’ailleurs la règle majoritaire suffit-elle à légitimer tout résultat ? Quant à la démocratie représentative, la plus courante, elle est pure illusion. La théorie des public choice (logique des décisions politiques) repère toutes les démarches qui permettent aux candidats et aux élus de recueillir les suffrages des électeurs. Peter Aranson avait avancé le théorème de l’ignorance rationnelle pour expliquer le fort taux d’abstention dans toutes les démocraties occidentales : les mœurs politiques, les pratiques parlementaires sont telles qu’elles deviennent illisibles, et les promesses ne sont que rarement tenues. Dans ces conditions, le citoyen devrait investir un temps considérable en information pour faire de vrais choix. Il est plus rationnel pour lui de rester à l’écart du choix, voter c’est du temps perdu.

Enfin, le gouvernement « pour le peuple » est de loin la notion la plus incongrue qui soit. Qui connaît ce qui est bon ou mauvais pour le peuple ? Les gouvernants, au prétexte qu’ils ont été élus ? Les électeurs, parce qu’ils ont pris pleine connaissance des conséquences que les choix publics peuvent avoir pour eux, pour leurs familles ? L’État-providence a instauré le régime du « Daddy knows the best » Big Brother sait mieux que le peuple ce qui est le meilleur pour lui. Cela conduit directement à la planification bureaucratique. Georges Marchais avait magnifiquement abordé le problème dans la présentation du Programme Commun de la Gauche en 1973 : « La démocratie politique garantit la démocratie économique ». Il avait bien compris que la vraie démocratie économique, celle qui donne le pouvoir à chacun des consommateurs et des producteurs de participer au plébiscite quotidien du marché (Hayek) ne peut s’accommoder d’une planification centralisée. Mais si le planificateur est lui-même issu d’un vote qui lui donne le pouvoir, sa légitimité politique lui permet de faire les choix économiques au lieu et place du peuple. Comme on disait en URSS « C’est l’économie du peuple entier ».

Certes Lincoln ne pouvait imaginer que la belle démocratie américaine puisse un jour subir de telles déviations. C’est la « voix du peuple » qui occupait toute son attention, par contraste avec l’absolutisme monarchique ou la dictature parlementaire connue depuis les Anglais. Mais il nous a légué un cadeau empoisonné avec sa formule.

Revenons à cette idée simple : ce qui est important c’est la liberté personnelle, assortie de la responsabilité et de la dignité, tout le reste en découle.

………….???????alors en 2017 vous ferez quoi ? continuer avec des systèmes de décision qui ne fonctionnent plus à tous les niveaux


Le prélèvement à la source, une manœuvre antidémocratique
GUERIN


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Le gouvernement français a dévoilé son projet de réforme de la fiscalité en vue d’instaurer l’imposition du revenu à la source. Les employeurs seront donc chargés de récolter directement l’impôt sur le revenu de leurs employés à partir du 1er janvier 2018. L’aboutissement de cette réforme mettrait fin à un vieux serpent de mer régulièrement évoqué dans le débat public depuis plusieurs décennies. Les partisans de cette réforme font valoir les gains en simplicité en rappelant que cette méthode est répandue dans plusieurs pays européens. Ils occultent malheureusement un autre point plus fondamental. L’imposition à la source affaiblirait la transparence fiscale supposée fonder nos démocraties contemporaines.

Démocratie et consentement à l’impôt

prélèvement à la source rené le honzecNous avons tendance à oublier que nos démocraties sont nées en premier lieu de la volonté des populations de contenir l’arbitraire fiscal des monarques. Le vote du budget est en effet le premier pouvoir acquis par les Parlements modernes. Il s’agit là du mythique « consentement à l’impôt » qui constitue depuis 1789 l’un des piliers de notre contrat social ainsi qu’en témoigne le quatorzième article de notre Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. La fiscalité doit donc s’inscrire dans une relation contractuelle entre les administrations et les administrés. Elle est la contrepartie des services publics dont nous bénéficions. Mais la validité du contrat social dépend de l’authenticité du consentement à l’impôt. Promouvoir un consentement authentique revient dans ce cas de figure à insister sur la transparence des termes et des clauses du contrat fiscal qui lient les contribuables à l’administration.

Un débat public sain dépend en effet de la capacité des contribuables à évaluer le montant de leurs contributions au budget de l’État pour avoir une connaissance satisfaisante du rapport qualité-prix des services publics. Cette information est cruciale pour développer une réflexion critique sur les politiques publiques de la même manière que nous prenons soin de connaître les prix des produits que nous sollicitons sur le marché pour exercer notre contrôle sur les entreprises supposées nous servir. Contrôle, en effet. Car il s’agit bien là d’un enjeu de contrôle démocratique des citoyens sur le gouvernement. Le problème de l’imposition à la source tient à ce qu’il diluera un peu plus ce pouvoir de contrôle. Dispenser les individus de payer leurs impôts eux-mêmes reviendrait à affaiblir la capacité des populations à évaluer le coût de l’État et donc le rapport qualité-prix de ses prestations. Cela paverait la voie à davantage d’irresponsabilité politique et administrative.

Une méthode déjà à l’œuvre pour des résultats insatisfaisants

Les craintes liées à une perte de contrôle démocratique ne sont pas fondées sur une démarche spéculative. C’est une observation basée sur l’expérience dans la mesure où le prélèvement à la source est déjà à l’œuvre pour le financement de la sécurité sociale. On peut en effet raisonnablement parier sur le fait qu’aucun Français ne connaît réellement le montant des cotisations prélevées sur la valeur de son travail pour financer les caisses de sécurité sociale qui représentent tout de même plus du tiers des dépenses publiques. C’est d’autant plus vrai que le débat public entretient une série d’erreurs regrettables comme la distinction artificielle opérée entre les cotisations « sociales » et les cotisations « patronales » alors que ces deux prélèvements ont en réalité la même incidence fiscale. Elles se répercutent essentiellement sur le salaire des travailleurs. C’est donc environ la moitié du revenu du travailleur moyen qui est prélevée en amont sans qu’il le sache.

Personne n’oserait dire que le prélèvement à la source des cotisations a simplifié le fonctionnement de la sécurité sociale française. C’est en fait tout le contraire. L’opacité induite par le prélèvement à la source dispense les politiciens et les administrateurs de rigueur dans la gestion des caisses de sécurité sociale. Il n’est pas certain que nous aurions le même regard bienveillant vis-à-vis de l’efficacité, la compétitivité et la performance de notre État-providence si nous avions une réelle connaissance de son coût et de son impact sur notre pouvoir d’achat. Ce mode de financement rend impossible la tenue d’un débat public digne de ce nom sur son avenir. Cette considération est particulièrement gênante compte-tenu des importantes réformes à venir pour garantir la pérennité des finances publiques et de l’économie françaises.

Plutôt que de généraliser le prélèvement à la source, il serait dans ce contexte plus opportun et plus fidèle aux principes démocratiques de l’interdire totalement pour que les citoyens s’acquittent personnellement de leurs obligations fiscales.


(*)Ferghane Azihari est chargé de Mission pour l’École de la Liberté, responsable local European Students For Liberty, Paris et collaborateur chez Young Voices


Les marchés sont factuels
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Loin des commentaires qui estiment que François Hollande peut se resaisir avec des campagnes de communication qui prétendent que ça va mieux et loin d’une primaire à gauche conçue pour donner l’illusion d’un semblant de légitimité à la candidature du Président sortant, les marchés sont lucides et factuels. Le bilan de François Hollande est mauvais. Ses résultats, en particulier sur l’économie et la sécurité sont des vecteurs naturels de montée de l’opposition. De toutes les oppositions................................
,
1.PredictWise reflète les travaux de recherche académiques peer reviewed de David Rotschild dans la prévision des marchés ainsi que les sondages en ligne et les données des médias sociaux. L’épine dorsale de ces prédictions est basée sur le marché et générée par les cours des contrats qui se négocient sur les événements à venir.


Leçons d’économie socialiste
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http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2016/08/François-Hollande-pas-de-chance.jpg



Publié le 21 août 2016 dans Caricatures


La peur de rappeler les racines socialistes du fascisme
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Daniel Hannan
Le site de l'auteur
Daniel Hannan est écrivain et journaliste, et eurodéputé conservateur pour le Sud-Est de l'Angleterre depuis 1999. Il parle français et espagnol et aime l'Europe, mais croit que l'UE appauvrit les nations qui la constituent, et les rend moins démocratiques et moins libres. Il a gagné le Bastiat Award pour le meilleur journaliste en ligne. Son blog est hébergé par le Telegraph.


Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.




« Je suis Socialiste, et un Socialiste plus authentique que votre riche ami le Comte Reventlow », disait Hitler en 1930 à Otto Strasser.

À l’époque, personne n’aurait considéré cette phrase comme controversée. Les nazis auraient difficilement pu afficher plus ouvertement leur socialisme, ils se définissaient avec la même terminologie que notre SWP [Socialist Workers Party, le plus grand parti d’extrême gauche anglais, NDT] : Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands.

Il était évident pour tous que le fascisme est une émanation de la gauche révolutionnaire. Ses militants défilaient le premier mai sous des drapeaux rouges. Ses dirigeants défendaient le collectivisme, la nationalisation de l’industrie, le protectionnisme, les conseils d’ouvriers. Partout en Europe, ils pensaient comme Hitler qui dit à un Mussolini enthousiaste en 1934 : « le capitalisme a fait son temps ».

Une des réussites les plus impressionnantes de la gauche moderne est d’avoir imposé un climat culturel qui refuse d’entendre ces simples faits. L’Histoire est réinterprétée en partant du principe que le fascisme est de droite, la logique étant semble-t-il que « gauche » signifie gentil, « droite » méchant, et que les fascistes étaient très méchants. Cette analyse qui semble sortie tout droit de Twitter est déplacée de la part de commentateurs sérieux.

Quand avez-vous entendu pour la dernière fois la BBC évoquer le BNP [British National Party, parti nationaliste anglais NDT] sans l’épithète « extrême droite » ? Cette terminologie délibérément tendancieuse nuit à la droite mainstream plus qu’au BNP puisqu’elle implique que son programme se réduit finalement à une forme plus intense de conservatisme.

On ne peut croire ça qu’en fermant les yeux sur la plus grande partie de ce que le BNP défend.

Comme l’écrit le New Statesmen :


Un simple survol des textes du BNP permet de trouver les propositions suivantes : forte augmentation des retraites, plus d’argent pour la santé publique, meilleure protection des travailleurs, nationalisation d’industries stratégiques. Sous Griffin, l’extrême droite moderne se positionne à gauche du Labour [équivalent anglais du PS, NDT].

L’ethno-nationalisme n’est d’ailleurs qu’une autre forme de protectionnisme. Ce parti refuse la libre circulation des personnes de la même manière qu’il refuse celle des biens. Pas étonnant qu’il se vende à présent comme « le Labour Party tel que vos parents le connaissaient ».

racines socialistes rené le honzecJe ne dis pas que le BNP et le Labour sont équivalents. Ce serait commettre la même erreur, en symétrique, que la populace de Twitter. Il y a de toute évidence d’énormes différences entre les convictions de Nick Griffin et celles d’Ed Miliband. Le BNP partage aussi des propositions avec les verts, les libéraux démocrates et les conservateurs. Avoir des propositions en commun ne signifie pas forcément qu’on partage la même doctrine.

J’espère simplement que les personnes de gauche qui m’ont lu jusqu’ici savent maintenant ce que peuvent ressentir les conservateurs quand on leur affirme qu’il n’y a qu’une différence de degré entre eux et le fascisme. Chaque fois que quelqu’un souligne les racines socialistes du fascisme on entend des cris d’indignation, pourtant ceux qui hurlent le plus fort sont souvent les premiers à soutenir qu’il y a un lien idéologique entre fascisme et conservatisme. Peut-être que les deux camps devraient songer à cesser d’utiliser cet argument.


— Loi Travail : le pavé dans la mare du Nobel Jean Tirole
GUERIN


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Par Vincent Delhomme.
Un article de Trop Libre
Vincent Delhomme
Le site de l'auteur
Étudiant en droit économique à Sciences Po, Vincent Delhomme est chroniqueur de Trop Libre. Il est membre fondateur de L Think Libéral Sciences Po.
Alors que la loi Travail ne cesse de déchaîner les passions, la parution du premier livre grand public de Jean Tirole, Économie du bien commun, vient remettre un peu d’ordre dans le débat. Il y consacre un long chapitre au marché du travail qui, s’il ne livre rien d’inédit, offre une synthèse fort à propos de l’état des connaissances de la science économique et des propositions du Prix Nobel d’économie en la matière.

Inutile de s’appesantir sur les caractéristiques de notre marché du travail, elles sont déjà connues : un chômage élevé et de longue durée qui touche principalement les 15-24 ans et les 55-64 ans ainsi que les peu qualifiés, un marché du travail fortement segmenté entre outsiders et insiders, un mal-être au travail particulièrement répandu et enfin une politique de l’emploi coûteuse pour des résultats médiocres.

Réforme du marché du travail selon Jean Tirole

Jean Tirole insiste d’abord sur un point capital, la nécessité d’une réforme en profondeur de notre marché du travail pour résoudre durablement la question du chômage. L’idée, souvent entendue dans l’opposition de gauche à la loi El Khomri, que le problème du chômage serait avant tout lié à un désordre d’ordre macroéconomique, le fameux carnet de commandes qu’il s’agirait de remplir, est erronée. En premier lieu parce que la France souffre d’un chômage structurel qui n’est pas redescendu en dessous des 7% depuis trente ans, et ensuite car la situation économique actuelle s’apparente déjà à une relance keynésienne, avec des taux de change et un pétrole très bas, et un euro faible. Or, le chômage, lui, reste encalminé à des niveaux très élevés.

Pour Jean Tirole, c’est avant tout sur le contrat de travail qu’il faut agir en adoptant un système de protection du salarié et non de l’emploi : permettre à l’entreprise de retrouver de la liberté dans ses embauches et ses licenciements, tout en assurant au travailleur un haut niveau de protection contre les aléas du chômage. Cela passe par l’instauration d’un contrat unique avec droits progressifs et la fin en l’état du CDD et du CDI. Ensuite, en échange de cette flexibilité, l’entreprise serait responsabilisée dans sa gestion des ressources humaines par la mise en place d’un système de bonus-malus sur les licenciements, les entreprises les moins vertueuses supportant une plus grosse part du financement de l’assurance chômage.

Qu’attendre de telles réformes ? Jean Tirole rappelle d’abord un élément trop peu souvent évoqué, c’est que la flexibilité profite non seulement à l’employeur mais aussi au salarié, qui est aujourd’hui littéralement prisonnier de son CDI par peur de ne pas en retrouver en cas de départ. Il est ainsi incité à rester coûte que coûte à son poste de travail, même lorsque celui-ci ne lui convient plus ou qu’il est simplement en conflit avec sa hiérarchie. Ce regain de flexibilité représenterait aussi un gain économique en facilitant un bon appariement entre les salariés et les emplois, il conduirait aussi à une réduction des coûts pour les finances publiques.[b] Au total, la plupart des études montrent que l’effet sur le chômage en serait positif, mais pas forcément dans de grandes proportions.
[/b]
Les insuffisances du marché de l’emploi

C’est qu’il existe bien d’autres aspects du marché du travail sur lesquels il faudrait agir pour véritablement résoudre le problème d’emploi du pays. Il cite pêle-mêle la formation professionnelle coûteuse et médiocre, l’insuffisance de l’apprentissage, le choix français d’un SMIC très élevé (en pourcentage du salaire médian) par rapport aux autres pays de l’OCDE, le degré de fermeture de certaines professions réglementées, l’inadéquation des qualifications avec la demande de travail, etc.

Au passage, Jean Tirole tacle le sophisme de la réduction du temps de travail qui refait surface périodiquement, au gré des réformes :

« Entendons-nous bien : les économistes ne prennent jamais parti sur la question de savoir si l’on devrait travailler 35, 18 ou 45 heures par semaine. Il s’agit là d’un choix de société… et des personnes concernées. Sur ce dernier point, il n’y a aucune raison pour que, laissées libres de déterminer leur temps de travail, des personnes différentes fassent le même choix (…). En revanche la thèse selon laquelle réduire la durée du travail, avancer l’âge de la retraite, bloquer l’immigration (…) créera des emplois pour les autres n’a aucun fondement, ni théorique ni empirique. ».

En une trentaine de pages, Jean Tirole brosse à grands traits les contours d’une réforme ambitieuse avec en ligne de mire la fin de cette exception française du chômage de masse. Une réforme qui redonnerait de la liberté aux entreprises et aux individus sans sacrifier la protection des travailleurs contre les aléas économiques. Reste à trouver la volonté politique de la mener.


Plutôt en venir au vote à la majorité des deux tiers ou même davantage
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. Un exemple ? Au seul royaume restant de monarchie absolue, et de droit divin qui plus est : le Vatican, il en est ainsi. La vraie démocratie ne saurait être le diviseur. Au-delà même du conclave et de l’élection du Saint-Père, les grandes réformes ou les grands textes doivent obtenir cette majorité des deux tiers.(comme au Congrès de Versailles)

Sans cette volonté d’union, sur un projet, la famille nationale s’éclate. Les Français peuvent-ils encore longtemps rester dans cette inconséquence ? Sans loi fondamentale stable, sans système politique qui organise la recherche d’une cohésion, nous ne progresserons pas !!!


Du libéralisme au fascisme,
GUERIN


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23 Août2016


Du libéralisme au fascisme, le développement totalitaire de la civilisation, par Bernard Charbonneau

Source : Le Partage, Bernard Charbonneau, 06-08-2016

Nous reproduisons ici un extrait de l'excellent livre "L'Etat" que Bernard Charbonneau acheva d'écrire en 1948. Il y décrit la plongée de la majeure partie de l'humanité, au fil des siècles et proportionnellement à la progression de l'Etat, dans un monde totalitaire. Nous considérons que la volonté de puissance donnant naissance à l'Etat s'inscrit dans le cadre plus vaste du processus de civilisation.



Voici le passage où nous sommes passés et où nous vivons encore : celui de la « Révolution du XXe siècle » ; celle qui nous fait pénétrer dans cet avenir que désigne si bien le qualificatif de totalitaire. J’emploie ce terme parce qu’il me paraît englober et préciser à la fois toutes les caractéristiques de ce grand changement. Je dis état totalitaire, et non état fasciste ou soviétique, parce que cet adjectif me paraît désigner l’essentiel : non des systèmes d’idées qui ne servent qu’à justifier après coup le fait accompli, mais le fait lui-même : à la fois l’esprit et la réalité sensible. Sur ce plan qui est celui où l’homme vit tous les jours, — dans la rue, dans la queue du guichet ou derrière les barbelés du camp — les régimes totalitaires sont identiques. Non pas malgré la violence, mais par la violence de leur lutte, car le combat qui se substitue à la volonté de justice ou de liberté pour porter dans tous les camps le même fruit.

Ce monde est totalitaire. Partout la même obsession de vaincre rassemble toutes les forces dans un pouvoir central servi par un parti, et cette centralisation sera partout mensongère, dissimulée par son contraire : un décor fédéraliste ou régional. Partout, se justifiant d’un bien absolu, et par l’ennemi intérieur et extérieur, une agressivité à base de peur mène la guerre à tout ce qui prétend exister par soi-même : à l’individu, au groupe, aux peuples voisins. Servie par une technique concentrée et proliférante, une volonté qui s’étend avec elle à tout, et qui elle aussi ne connaît d’autres bornes que celles des possibilités pratiques. Partout le chef et le parti, l’insigne et le slogan, la bureaucratie et la masse, la propagande. Partout les mythes qui exaltent une civilisation mécanisée : la Production, le Travail. Et ceux par lesquels l’homme se dissimule le prix qu’il doit la payer : le héros, l’aventure. Partout la même civilisation, — jusque dans le moindre détail, car il s’agit d’une identité concrète […] — jusqu’à la même cravate sombre sur la même chemise blanche. Le regard peut saisir du premier coup d’œil tout ce que ces régimes ont d’identique, mais ce qu’ils ont de différent échappe aux yeux : à peine une inflexion du bras, une idée … Si les doctrines, et les troupes, s’opposent, l’image de l’avenir, — cette vie que tous distinguent dans leurs rêves et que les propagandes s’efforcent de fixer —, est bien partout la même. Le même autostrade asphalté court à travers les mêmes jardins, sous les mêmes ciels nuageux les mêmes barrages se dressent ; la même fille blonde aux dents intactes et aux yeux vides.

Il est vrai que les partisans de ces divers régimes ont un bon moyen pour nier l’identité qui les confond. Lorsque vous leur montrez la similitude des mots d’ordre, ils invoquent la disparité des faits (par exemple, selon les communistes, les hitlériens peuvent user de slogans socialistes — en fait, par leur clientèle, ils ne sont pas socialistes). Mais si vous signalez l’identité des faits (par exemples, la police politique en Russie soviétique et dans le IIIème Reich), ils invoqueront alors la disparité des fins que ces mêmes moyens servent. Ils peuvent ainsi échapper indéfiniment.

Ce qui distingue au départ les différents régimes totalitaires est secondaire par rapport à ce qui les rend de plus en plus semblables, — mais nous ne songeons même pas à comparer, car ce qui les rend semblables, c’est ce que nous ne discutons même plus.

Non seulement les régimes fascistes et stalinien rentrent dans cette description, mais aussi les démocraties plus ou moins engagées dans la voie totalitaire ; elles dessinent toute une variété d’ébauches plus ou moins perfectionnées dont le régime hitlérien donne une image achevée. Pourquoi parler d’hitlérisme ou de communisme, ou peut-être même de travaillisme ? La perversion totalitaire n’est pas dans tel de nos ennemis, mais dans le monde où nous vivons. Il ne s’agit pas d’un concept politique propre à telle fraction de l’humanité moderne, mais d’un mal déterminé par des structures économiques et sociales qui lui sont communes, qui l’infectent à un niveau si profond que ses membres en sont à peine conscients : les responsables des tyrannies totalitaires sont des dupes plus que des criminels. Aussi nulle société actuelle ne peut se prétendre intacte, les Français en particulier se font des illusions lorsqu’ils affirment qu’un tel régime ne pourra jamais s’établir dans leur pays. Le totalitarisme n’est pas un concept, mais une infection qui pullulera aussi bien sur le conservatisme de droite que sur la révolution de gauche ; seulement, sur le premier terrain elle produira des formes fascistes et sur le second des formes communistes. La maladie est la même, bien que les cas soient différents. La politisation totalitaire sera brutale et fanatique chez des peuples vigoureux comme en Allemagne et en Russie, à la fois cocardière et corrompue dans de vieux pays comme l’Italie et la France modérée, mais stricte dans des sociétés moralisées comme l’Angleterre. Ce mal n’est pas un abcès affectant tel point de l’espace, mais l’infection généralisée de cet organisme de plus en plus solidaire qui a nom espèce humaine. Aussi, elle nous apparaît comme se manifestant parallèlement partout à la fois. En réalité elle est une ; comme est un notre monde et l’effort qui le dominera en bloc. […]


Fascismes et communisme semblent surgir dans une convulsion qui déchire l’ancien ordre social ; par le sang répandu, l’éclat des principes et des héros, ils se placent d’emblée sur le plan de la tragédie, et ils s’y placent volontairement, car ils vivent des passions. Il n’y a donc pas à s’étonner si les partisans et les adversaires des mouvements totalitaires les considèrent avant tout comme une rupture avec le passé : une révolution, qu’elle soit odieuse ou libératrice. En douter serait aujourd’hui pour la plupart des hommes douter du sens même de la vie, car leur vie n’a de sens que par ce drame. Le piège du mai sera toujours double : avant, de nous apparaître comme une perversion étrangère à notre entendement, après, de s’imposer à nous comme la plus normale des choses. La tentation de l’esprit en face de la menace totalitaire ? qu’elle nous semble trop loin (en 1913 ou en 1928, peut-être même en 1948), car il n’y a rien d’aussi rare que l’imagination du réel… avant d’être si près (en 1940 ou en 1945 par exemple) qu’elle semble aller de soi. Si le mal familier d’hier nous avait paru moins normal, peut-être que la monstruosité d’aujourd’hui nous paraîtrait moins familière.

Au contraire, je crois pouvoir affirmer ici qu’il n’y a pas de discontinuité entre l’ère libérale et celle des tyrannies. Un mouvement aussi spontané et aussi général n’a pas surgi ex-nihilo des temps qui l’ont précédé. Le seul fait qu’ils se soient succédés prouve que le monde libéral a été le terrain sur lequel s’est développé le mouvement totalitaire ; le XXe siècle est l’héritier du XIXe. Ce qui aurait dû surprendre, ce n’est pas la conclusion inéluctable, mais l’incapacité des hommes à voir le sens de leur présent.

La contrainte totalitaire s’est développée à l’intérieur même de la société libérale. Certes, ce ne fut pas sur le plan des principes, mais sur celui des techniques et des mythes qui constituent la vie de tous les jours du commun des mortels. D’une part dans les moyens : l’administration, l’armée, la machine, le style de vie et les formes sociales qu’ils conditionnent. De l’autre dans les réactions anarchiques qu’ils provoquent chez un être humain travaillé par ces forces qu’il ne sait pas maîtriser : une mentalité collective qui, comme ces techniques, dépasse infiniment les limites d’une classe parce qu’elle est l’expression d’une réaction humaine à des conditions communes à presque toutes les classes. Le plus directement saisissable de la vie et de l’esprit de la civilisation moderne : voilà ce commun dénominateur que révèle brusquement la « révolution » totalitaire.

Elle n’a qu’une origine : sous le régime des droits de l’homme la civilisation de la masse, de la machine et de l’Etat. Analyser les causes, et souvent les formes, du régime totalitaire reviendrait à la décrire ; il ne saurait être question d’aller jusqu’au bout de cette analyse, car il ne s’agit pas de définir quelques principes, mais de peindre l’infini des travaux et des jours d’une vie : la nôtre.

Pourquoi les principes de liberté les plus purs ont-ils abouti aux tyrannies les plus complètes de l’histoire ? Parce que la liberté des libéraux n’a pas été l’esprit vivant qui aurait pu former le monde moderne, mais la formule qui a servi à exorciser la seule force qui pouvait s’imposer à lui. Réduisant la liberté à la liberté de pensée, le libéralisme a déchaîné à travers l’idolâtrie du bonheur individuel une passion de l’utile et de la puissance collective qui elle a vraiment façonné le monde actuel.

Cette liberté n’était pas une vérité sacrée ; elle n’était pas le devoir que l’homme doit accomplir contre le monde et contre lui-même, le plus terrible de tous : le choix dans la solitude, mais une commodité que pouvait garantir la loi : l’esprit critique, la liberté… de pensée. Ce que l’individu libéral appelait liberté, ce n’était plus une passion conquérante s’exprimant par l’action, mais une délectation passive, purement intérieure, que la contrainte de l’Etat lui paraissait devoir protéger des heurts avec le monde extérieur. Alors, la liberté a cessé d’être le commandement qui s’impose aux conditions par les personnes ; à travers les hommes elle a cessé de former la réalité à son image. Comme toute pensée qui dégénère, la liberté des libéraux est devenue un idéalisme. Définissant la liberté de l’individu en dehors de toute condition concrète, sauf l’unité — et à ce compte il y aura toujours des individus libres —, le libéralisme la laisse écraser par les conditions — non seulement par les conditions économiques, mais par toutes les autres. Par cette somme de toutes les déterminations qui a nom Etat moderne.

Le réalisme de la tyrannie totalitaire est la conclusion nécessaire de l’idéalisme libéral. Si la liberté n’est pas une vérité sacrée et si elle ne commande pas au réel, tout est permis : dans leur inexistence tous les principes se valent et ils n’ont rien à voir avec l’action qui est du seul domaine des techniques. Et voici opposés la valeur à la réalité, l’esprit à la pratique ; et voici commencée cette querelle du « dégagement » et de « l’engagement » caractéristique d’une société fascistisée qui a complètement oublié que penser c’est vivre et qu’adorer c’est obéir. La liberté des libéraux annonce le nihilisme spirituel et justifie le fanatisme pratique des régimes totalitaires.

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais si rien en ce bas-monde n’est à Dieu, au nom de quoi rejeter les prétentions de César ? Au nom de quoi imposer des bornes aux évidences de l’organisation matérielle ? Pourquoi n’ordonnerait-elle pas la vie et la mort elles-mêmes ? Le droit pour les parents d’élever leurs enfants selon leur vérité, le droit pour l’individu de choisir son métier et de vivre dans le pays qu’il a élu, ne peuvent être que par la foi dans une orthodoxie qui attribue aux personnes une valeur suprême : l’avance de l’Etat mesure exactement le recul de cette foi. La vérité ne fixe pas seulement une direction à l’Etat, elle lui fixe les limites de son domaine. Car son émancipation et son expansion totale ne sont que les deux aspects d’un même phénomène. Si une civilisation n’a pas de principe vécu, rien ne peut y arrêter la prolifération de l’Etat. En opposant la liberté à la Vérité et en la chassant du monde, le XIXe siècle n’a délivré l’individu de l’autorité des Eglises que pour le livrer à la pire des tyrannies : à celle de la force qui n’a pas d’autres normes qu’elle-même ; au poids de la nécessité.

Le même rapport direct unit l’individualisme libéral aux disciplines massives de l’Etat totalitaire. De même que le libéralisme oppose — exactement comme l’Etat totalitaire — l’esprit à la réalité et la liberté à la vérité, il oppose exactement comme l’Etat totalitaire — l’individu à la société ; et il les détruit ainsi pour deux. Comme l’individu libéral n’a rien en propre, il n’existe qu’en s’opposant aux autres : par ses intérêts, par sa critique individuelle. Il n’a pas assez d’existence personnelle pour s’élever sans disparaitre jusqu’à un intérêt et une vérité communes ; dans cette situation l’individu ne peut être que ce qui détruit l’ordre et l’ordre ce qui détruit l’individu. Lorsque la société individualiste n’est pas un pur concept, elle n’est qu’un pandémonium d’opinions et d’appétits individuels. Un tel désordre est évidemment impossible ; d’autant plus que si l’individu libéral est déjà isolé, le vieil être social subsiste suffisamment en lui pour lui rendre cet isolement pesant. Alors le désir de l’ordre dans la rue s’ajoute à la nostalgie d’une communauté pour pousser au rétablissement d’une discipline sociale.

Or l’individu ne peut plus la concevoir qu’en termes de contraintes politiques. Tout en vivant de ce qui en subsiste, le libéralisme discrédite et détruit la société spontanée ; et il n’a rien fait pour former dans l’individu la personne capable d’élever sa liberté au rang de principe social : celui-ci n’est pas plus capable de concevoir que d’exercer une loi qui naisse directement de lui-même. Cette masse d’atomes isolés appelle d’implacables disciplines d’Etat […] ; quant à l’individu moyen prêt à céder à tout ce qui menace son confort individuel, il est l’élément indispensable aux entreprises les plus abstraites de la dictature. Si le désordre individualiste appelle l’Etat totalitaire, l’Etat totalitaire suppose l’individu.

La liberté individuelle a-t-elle été vraiment le principe de la société libérale ? A voir les faits on pourrait se demander si cette affirmation formelle de l’autonomie individuelle n’a pas eu pour fonction de justifier auprès des hommes une évolution qui tendait à la détruire.

Le libéralisme a cru que le progrès de la liberté était lié à la volonté d’un bonheur qu’il ramenait à l’amélioration des conditions matérielles par le progrès technique. Mais un bonheur réduit au bien-être n’est pas une force de liberté ; le luxe a corrompu l’aristocratie des républiques antiques, le confort autant que la misère risque de corrompre les masses de la démocratie moderne. Le souci exclusif de leur bien-être enferme les individus dans un égoïsme qui livre les affaires publiques à une minorité d’ambitieux. L’obsession des intérêts matériels, voici la perte de la démocratie et l’état d’esprit que cultive la dictature. Le culte bourgeois du confort et de l’argent a préparé les masses à accepter l’Etat totalitaire.


La liberté est en contradiction avec le bonheur. La liberté authentique n’est pas satisfaction, mais risque, effort et non jouissance ; à l’extrême elle est l’angoisse de celui qui tient entre ses mains son salut et sa perte : la moins confortable des situations. Celui qui veut avant tout le bonheur doit sacrifier avant tout sa liberté, car la servitude le décharge du plus lourd des fardeaux : sa responsabilité ; — le conformisme est la première condition du confort. Le libéralisme répète à l’individu qu’être libre, c’est être heureux ; comme toute servitude apporte un semblant de paix, il finira par croire qu’être serf c’est être libre.

Si la liberté est parfois favorable à une amélioration du standard de vie, par contre elle est en contradiction absolue avec une condition fondamentale du bonheur : la sécurité. C’est cette notion mortelle à la liberté qui va envahir la démocratie moderne et justifier l’Etat. Car si la civilisation libérale a amélioré les conditions d’existence, malgré la multiplication des assurances elle n’a pas apporté la sécurité. L’individu moderne vit sous la menace constante d’être dépouillé par les crises ou les guerres. Mais peut- être plus que l’insécurité matérielle, l’insécurité morale le ronge ; malgré le mur que construisent devant l’homme des divertissements toujours plus perfectionnés, le libéralisme le laisse devant l’angoisse fondamentale de la liberté sans le préparer à l’assumer. Aussi la volonté d’être heureux mène les individus à rechercher, autant que la contrainte qui les dispensera du choix, l’orthodoxie qui les déchargera de penser. Assoiffé d’explications finales autant que de disciplines, l’individu libéral est prêt à accepter le régime qui se donnera pour but de sacrifier toute sa liberté à tout son bonheur.

Pour être total le bonheur ne doit pas se réduire à une simple amélioration du confort individuel, il doit devenir un mythe qui synthétise l’égoïsme et la peur de la solitude. Il n’est plus dans des satisfactions objectives qui laisseraient planer au-dessus d’elles la menace de l’inquiétude, il est dans l’action : dans le perpétuel développement des conditions collectives. En attendant un bien-être qu’il situe dans l’avenir, l’individu trouve son équilibre dans l’accomplissement de sa tâche à l’intérieur du corps social ; il sert, et la société l’honore et le paye parce qu’il sert. La morale, et plus spécialement la morale professionnelle façonne à l’intérieur des sociétés capitalistes le rouage des régimes totalitaires : l’homme défini par sa fonction.

Autant que le bonheur individuel l’utilité collective est le principe des sociétés libérales. Mais entre la liberté et l’utile la contradiction est cette fois absolue : la liberté ne sert pas, elle est libre. Une liberté subordonnée peut aider à une amélioration du rendement, elle dépendra avant tout du plan et de l’obéissance au plan ; du point de vue de l’efficacité la liberté ne peut être qu’une source de trouble, une perte d’énergie. En définissant le progrès par le développement matériel la société bourgeoise a préparé l’humanité à admettre la contrainte totalitaire. Le capitalisme libéral a entreprit, dans le domaine économique et social, une immense mobilisation des énergies dont les « plans » totalitaires ne sont que l’aboutissement politique : trop souvent, ce que nous prenons pour l’esprit de liberté, c’est le refus de mobiliser prématurément au nom d’une orthodoxie politique ce qui le sera plus tard au nom du rendement.

C’est dans l’économie libérale que s’est élaboré le plus efficacement le monde totalitaire. Dès le début du XIXe siècle, la centralisation politique s’est renforcée d’une organisation économique qui tendait à concentrer la puissance en un seul point d’où dépendait tout le reste. Ainsi s’est formée une humanité habituée à subir, et à subir sans comprendre, pour laquelle le mot de liberté s’est vidé progressivement de tout contenu. Si nous considérons la tendance de la technique actuelle à réserver la connaissance à une minorité de spécialistes comme elle réserve la puissance à quelques patrons ou directeurs, sa tendance à s’étendre méthodiquement à tout, sans autre principe que celui de l’efficacité pratique, alors nous pouvons bien affirmer qu’en dehors de toute volonté politique consciente le monde libéral tendait bien à devenir un monde totalitaire, où la démocratie sociale devenait aussi absurde que la démocratie politique.

La démocratie tend au partage de la vérité et de la puissance entre tous les citoyens, la technique tend au monopole de la vérité autant qu’à celui du pouvoir. Nous payons chaque perfectionnement d’une complication et d’une contrainte, — le tout est de savoir si ce perfectionnement vaut ce prix. Comme le rouage s’ajoute au rouage, l’explication s’ajoute à l’explication, et dans la mesure où l’organisation englobe de nouveaux domaines, elle multiplie les interférences. Ainsi, le sens commun à tous les hommes ne suffit plus, l’individu ne peut plus réaliser la condition de base de toute démocratie : une connaissance élémentaire de ses intérêts matériels, car ceux- ci dépendent d’une foule d’éléments qu’il ne peut plus atteindre directement. Pour juger sérieusement de son salaire, il lui faut désormais connaitre le mécanisme de la monnaie, le système fiscal, l’économie française et sa situation dans l’économie européenne : une culture politique et juridique du niveau de la licence en droit. Dans ces conditions le citoyen ordinaire n’essaye même plus de comprendre, il se jette sur l’explication qui lui prépare la propagande ; atrophiant son aptitude à s’expliquer, la complexité du monde actuel le livre au simplisme du slogan. Plus les techniques deviennent hermétiques et rigoureuses, plus leur vulgarisation devient vulgaire : l’image ou l’incantation qui s’adresse aux nerfs de la foule compense la formule mathématique qui s’adresse à l’intellect du technicien.

Submergé par la multiplicité des faits où l’économie complique la politique et la politique l’économie, l’individu se détourne d’un pouvoir qui n’a plus de sens pour lui ; sa condition étant d’être dépassé, sa réaction est de s’abandonner. Dans la nation, dans l’armée, dans le parti, et dans un syndicalisme bureaucratisé, il n’est plus qu’un rouage habitué à subir l’impulsion d’un état-major d’administrateurs. Le sens commun, — et son représentant le Parlement — n’a plus d’autorité ; dans une société technicisée, ce sont les bureaux qui gouvernent. Le Parlement n’est que le mensonge (poussé à l’extrême dans le cas des Parlements hitlérien et soviétique) qui permet aux hommes d’esquiver le problème posé par la fin du bon sens.

Partout où pénètre la technique recule la liberté, car à la différence de la pensée libérale, ses vérités sont sans appel et leur exécution automatique. La technique comme la loi impose à tous la même discipline, et partout où elle s’établit, s’établit la loi qui peut seule rendre ses applications possibles : la discipline totalitaire dans ce qu’elle a d’apparemment légitime ne fait qu’exprimer en clair la discipline industrielle. Ainsi sous le couvert du libéralisme, l’évolution économique réalise dans la vie quotidienne des individus la condition fondamentale du régime totalitaire : la démission de l’homme, qu’il s’agisse de l’indifférence atone du plus grand nombre à des déterminations qui les dépassent, ou de la participation frénétique de quelques-uns.

La civilisation libérale réalise le fondement social de tout régime totalitaire : la masse prolétarisée. L’ère libérale glorifie l’individu ; mais l’individu moderne n’est seul que dans l’isoloir, partout ailleurs : au régiment, à l’usine et dans la ville, il est pris dans la masse comme une goutte d’eau dans la mer. La concentration industrielle accumule les multitudes et le pouvoir niveleur de la technique façonne l’élément de la masse indifférenciée : l’individu, que rien ne distingue de l’individu, ni une forme, ni une pensée, ni un pouvoir propres. La société libérale a reconnu aux individus leur droit au vote, mais n’a pas reconnu leur droit à l’existence. Par le capitalisme elle a dépossédé la plupart des hommes de la propriété de leurs outils, par la guerre elle les a dépossédés de leurs corps, par la presse et la propagande de leur esprit même. Qu’il porte le bleu de l’ouvrier ou le veston râpé du retraité, l’individu moderne est un être auquel rien n’appartient personnellement, pas plus la terre que la vérité. Il n’y a plus d’hommes, mais ce poids inerte qui croule soudain : les masses des villes, les masses de la guerre, en attendant les masses des manifestations totalitaires. Force aveugle, la masse fonce dans l’histoire, — mais elle ne dévalera jamais que plus bas.

Que la prolétarisation des classes moyennes aboutisse au fascisme, et celle de la classe ouvrière au communisme, le même désespoir engendre la même démence : l’impuissance individuelle mène au culte de la puissance collective. Quand l’individu se tourne vers lui-même, il ne trouve qu’incertitude, vide et débilité ; mais quand il considère le monde qui le domine il voit triompher la force. Tout le dissuade de chercher l’autorité autant que le pouvoir en lui-même pour le tourner vers la puissance collective. Tandis que se dressent toujours plus haut des buildings, dans la fissure de la rue passe l’individu, perdu dans la foule, mais suivi par les contraintes de l’argent et de la loi comme par son ombre ; et sur lui s’effondrent guerres et révolutions qu’il ne peut que suivre. Alors, écrasé, il compense ses complexes d’infériorité individuelle par ses complexes de supériorité collective : celle de sa nation, de son parti ou de sa classe. La révolte de l’individu alimente ainsi les forces qui l’anéantissent.

C’est enfin, comme nous n’avons pas cessé de le voir, le développement de l’Etat qui a conduit à l’Etat totalitaire ; il ne fait que conclure une évolution qui tendait à substituer partout la loi à la nature et à l’initiative individuelle. Les démocraties modernes ont prétendu libérer l’individu de l’arbitraire du Prince ; mais à leur insu une force irrésistible les poussait à étendre le champ de son activité. La nature est imparfaite, et bien plus encore l’homme ; tandis que l’initiative individuelle, au prix des plus grands efforts, n’aboutit qu’à des résultats fragmentaires qui choquent l’esprit d’efficacité autant que la raison, la loi, du premier coup, obtient un résultat universel. […] Les médecins exigeront de l’Etat qu’il impose l’hygiène et les moralistes la vertu ; avec chaque catégorie sociale chaque règne apportera sa pierre à l’édifice, au hasard de ses préjugés. […] La loi ne se contente plus de sanctionner quelques crimes, c’est la masse des individus qu’elle contraint au bien dans leurs actes les plus quotidiens. La contrainte proliférante de la loi détruit la démocratie de l’intérieur, apportant le Bien aux hommes tout en atrophiant leur faculté à le faire. Et quelle perfection vaudrait de lui sacrifier la capacité de poursuivre ?


Les facilités de la loi font oublier que, quelle que soit son origine, elle est en contradiction avec la liberté : son principe est l’obligation. Ce qu’elle définit, il est désormais interdit à l’homme de l’inventer ; ce qu’elle ordonne, il lui est interdit de le choisir. Peu à peu l’individu perd le sens de l’initiative et prend l’habitude d’attendre l’impulsion de la loi. S’il lui reste quelque esprit d’indépendance, il le dépense à critiquer l’inertie des pouvoirs publics. Veut-il ouvrir une école, fonder un orchestre, il demandera la subvention et l’autorisation de l’Etat ; — d’ailleurs comment pourrait-il faire autrement ? S’il n’y avait pas d’Etat, il n’y aurait, semble-t-il, ni travaux publics ni charité. L’action sur et par l’Etat résume en elle toutes les formes de l’action, la liberté de voter pour les partis toutes les libertés concrètes.

L’individu moderne perd le sens de l’être ; il ne s’intéresse plus au sujet, mais à l’objet. L’Etat lui paraît le moyen d’obtenir aux moindres frais ce résultat objectif- Pourquoi alors ne pas étendre à tout cette méthode ? Si par aliénation nous entendons le fait d’être à la fois dépossède et possédé. — d’abdiquer sa vie entre les mains d’un autre qui vous la vole pour l’en recevoir —, alors l’histoire actuelle n’est qu’un irrésistible processus d’aliénation où l’individu moderne transfère sa pensée et son action à l’Etat. A la fin seuls existent les Sports, les Beaux-Arts, la Propagande ; l’être humain n’est plus qu’une survivance encombrante dans l’énorme appareil dont il fut le prétexte. L’Etat totalitaire n’est pas autre chose qu’une concrétisation de la démission totale de l’homme.

Le sens de la vie individuelle étant défini par des conditions extérieures, et l’individu existant de moins en moins par lui-même, les tâches de l’Etat s’avèrent illimitées. Le Bien s’identifiant à l’utile et à la puissance, l’intensité de la vie se confond avec celle de la bataille politique : l’Etat succède à l’homme. A l’origine du régime totalitaire toutes les formes de la politisation, et surtout le fait que les individus ne s’interrogent même plus sur les problèmes qu’elle pose. […]

Cette liberté qui n’est plus dans le geste quotidien ne vit plus dans l’esprit quotidien ; elle peut survivre quelque temps dans le vocabulaire, elle n’est plus la puissance affective qui commande les mouvements des masses. Derrière la phraséologie libérale se forme spontanément une mentalité collective que l’on pourrait appeler pré-fasciste ou mieux pré-totalitaire, qui détruit la liberté de l’intérieur pour n’en laisser que des concepts vides.

Cet état d’esprit, comme la réalité qu’il traduit, n’est pas dans les articles des constitutions, mais dans la vie : dans la rue ou au comptoir ; il ne se manifeste pas dans les gros livres, mais dans les lieux communs des conversations banales. Celui qui veut la saisir l’atteindra dans la presse non-politique et dans le cinéma des pays sans propagande : dans Gringoire plutôt que dans Nietzsche et dans Ce Soir plutôt que dans Karl Marx. Toujours le plus bas possible, — encore mieux dans l’image que dans le texte. Cette mentalité n’exprime pas telle tendance, mais le monde actuel dans son ensemble. Ce n’est pas telle vague qui forme le rocher, mais l’usure de la mer ; ce n’est pas tel journal qui forme la mentalité pré-totalitaire, mais le journal, — et plus tard ce ne sera pas telle propagande, mais la Propagande qui pourra l’exploiter. Cette mentalité n’est pas celle de tel individu, elle appartient à une société : l’homme intelligent y succombera aussi bien que l’imbécile, seulement ce sera pour s’être jugé au-dessus d’elle, car ses constructions systématiques ne feront qu’organiser les lieux communs enracinés dans son subconscient. Et elle n’est pas le propre de tel parti ou de telle classe sociale ; mentalité moyenne, elle se réalise le plus parfaitement dans les classes moyennes. Cependant l’ouvrier de chez Renault et l’employé de banque, parce qu’ils vont voir les mêmes films, subiront l’empreinte des mêmes images. Ainsi en plein triomphe du libéralisme, débordant largement les limites du fascisme conscient, s’est constituée une mythologie pré-fasciste qui a été la base psychologique du fascisme dans les masses.

Bernard Charbonneau

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Source : Le Partage, Bernard Charbonneau, 06-08-2016

Nb : Je ne connaissais pas ce texte de Bernard Charbonneau. Il m’a rappelé tout de suite la critique de la technique par Jacques Ellul. Quant à la prolétarisation des masses, leur déracinement par le libéralisme, conditions essentielles de la prospérité des totalitarismes, Hannah Arendt a souligné peu après Charbonneau le rôle de la « désolation » (loneliness) de l’individu.


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Ambrose Evans-Pritchard

Le 27 avril 2016

Le fondateur de l’UE, Jean Monnet, était les yeux et les oreilles de Roosevelt en Europe. Certains affirment qu’il était un agent américain

Les pro-Brexit auraient dû être préparés pour l’intervention fracassante des États-Unis. L’Union européenne a toujours été un projet américain.

C’est Washington qui a conduit l’intégration européenne à la fin des années 1940 et elle l’a financée secrètement sous les administrations des présidents Truman, Eisenhower, Kennedy, Johnson et Nixon.

Le président américain Barack Obama a mis en garde la Grande-Bretagne de rester dans l’UE | CREDIT: AFP/GETTY

Tout en étant parfois irrités, les États-Unis se sont depuis appuyés sur l’Union européenne comme point d’ancrage de leurs intérêts régionaux, en même temps que sur l’OTAN

Cela n’a jamais été une stratégie de diviser pour régner.

Le camp eurosceptique a été étrangement aveugle à cela, supposant en quelque sorte que ces forces puissantes de l’autre côté de l’Atlantique encouragent la sécession de la Grande-Bretagne et les acclameront comme des libérateurs.

Le mouvement anti-Bruxelles en France, que l’on retrouve dans une moindre mesure en Italie et en Allemagne, et parmi la gauche des pays nordiques, travaille à partir du postulat opposé : l’UE est essentiellement un instrument du pouvoir anglo-saxon et du « capitalisme sauvage ». […]

Qu’on le veuille ou non, c’est au moins stratégiquement cohérent.

La Déclaration Schuman qui a donné le ton de la réconciliation franco-allemande, et qui devait mener par étapes à la Communauté Européenne, a été concoctée par le Secrétaire d’État américain Dean Acheson à un meeting à Foggy Bottom. « Tout a commencé à Washington, » a déclaré le chef de cabinet de Robert Schuman.

C’est l’administration du président Truman qui a fait pression sur les Français afin d’atteindre un modus vivendi avec l’Allemagne durant les premières années de l’après-guerre, en menaçant même de couper l’aide du Plan Marshall au cours d’un meeting furieux en compagnie de politiciens récalcitrants français qui ont résisté en septembre 1950.
La raison de Truman était évidente : on a mis un terme au consensus de Yalta avec l’Union soviétique. Il voulait un front uni afin de dissuader le Kremlin d’un agrandissement plus important après que Staline ait englouti la Tchécoslovaquie par Staline, et il le voulait encore plus ardemment après que la Corée du Nord communiste ait franchi le 38ème parallèle et envahi le sud.

Pour les eurosceptiques britanniques, Jean Monnet apparaît largement dans le panthéon fédéraliste en étant l’éminence grise de l’infamie supranationale. Peu nombreux sont les individus qui savent qu’il a passé la plupart de sa vie aux États-Unis et qu’il a servi comme étant les yeux et les oreilles de Franklin Roosevelt en temps de guerre.

Le Général de Gaulle pensait qu’il était un agent américain, ce qu’il était d’ailleurs d’une certaine façon. La biographie d’Eric Roussel sur Monnet révèle la manière dont il a travaillé main dans la main avec les administrations successives.
Il est étrange que cette étude magistrale de 1 000 pages n’ait jamais été traduite en anglais puisque c’est le meilleur travail jamais écrit à propos des origines de l’UE.

Peu de personnes non plus sont conscientes des documents déclassifiés provenant des archives du Département d’État montrant que les renseignements américains ont financé secrètement le mouvement européen depuis des décennies, et ont travaillé en coulisses de manière agressive afin de pousser la Grande-Bretagne dans le projet.

Comme ce journal qui a tout d’abord fait état d’un mémorandum daté du 26 juillet 1950, lorsque le trésor est devenu disponible, sur la révélation d’une campagne de promotion d’un parlement européen à part entière. Il est signé par le Général William J. Donovan, le chef du Bureau des Services Stratégiques des États-Unis (OSS) en temps de guerre mais aussi le précurseur de la CIA.

La façade clé de la CIA était le Comité Américain pour une Europe Unie, présidé par Donovan. Un autre document met en évidence que ce comité a fourni 53,5% des fonds à destination des mouvements européens en 1958. La direction incluait Walter Bedell Smith et Allen Dulles, les chefs de la CIA des années cinquante, puis une caste d’ex-officiers de l’OSS qui ont intégré ou démissionné de la CIA.

Les documents montrent que la CIA traitait certains des « pères fondateurs » comme des employés, puis les a activement empêchés de trouver des financements alternatifs qui auraient cassé la dépendance envers Washington.

Il n’y a rien de particulièrement vicieux à ce propos. Les États-Unis ont agi astucieusement dans le contexte de la Guerre Froide. La reconstruction politique de l’Europe était un succès fou.

Bien sûr, il y a eu de terribles erreurs de jugement au cours du processus. Un mémorandum datant du 11 juin 1965 donne l’ordre au vice-président de la Communauté Européenne de poursuivre furtivement l’union monétaire, supprimant le débat jusqu’à ce que « l’adoption de telles propositions devienne quasiment nécessaire. » Cela s’était avéré trop subtil, comme nous pouvons le voir aujourd’hui à partir du piège de la dette et de la déflation, puis du chômage de masse qui sévit à travers l’Europe du Sud.

Dans un sens, ces documents sont de l’histoire ancienne. Ce qu’ils montrent, c’est que « l’État profond » américain était trempé jusqu’au cou. Nous pouvons débattre pour savoir si Boris Johnson a franchi la ligne la semaine dernière en dénichant l’histoire en partie kenyane du président Barack Obama, mais l’erreur fatale était de supposer que la menace commerciale de M. Obama était liée aux supplices de son grand-père endurés dans un camp de prisonniers Mau Mau. C’était de la politique étrangère américaine tout-à-fait ordinaire.

En effet, on peut comprendre que M. Obama éprouverait de la rancœur après la divulgation récente des abus de la répression des Mau Mau. Celle-ci était une rupture honteuse de la discipline policière et coloniale, au grand dégoût des anciens combattants qui ont servi dans d’autres parties de l’Afrique. Cependant, le message de son livre extraordinaire « Les Rêves de mon Père » est qu’il s’évertue à s’élever au-dessus des rancunes historiques.

Les partisans du Brexit se réconfortent du fait que le candidat à l’investiture républicaine Ted Cruz veut une Grande-Bretagne post-Brexit afin de prendre « la première place de la file en vue d’un accord de libre-échange, » mais il dit cela simplement par calcul politique. M. Cruz se pliera aux impératifs washingtoniens – quels qu’ils soient à ce moment-là – s’il se retrouve un jour à la Maison-Blanche.

Le grand-père du président Obama était un prisonnier pendant la répression de la révolte des Mau Mau au Kenya, un épisode honteux de l’histoire coloniale britannique

Il est vrai que l’Amérique avait changé d’avis sur l’UE une fois que les idéologues fanatiques ont gagné de l’ascendance à la fin des années 1980, en relançant cette union comme une superpuissance rivale avec des ambitions de défier et de surpasser les États-Unis.

John Kornblum, le chef du Département d’État des Affaires Européennes au cours des années 1990, déclare que c’était un cauchemar pour essayer de négocier avec Bruxelles. « J’ai fini par être totalement frustré. Dans les domaines militaires, sécuritaires et défensifs, l’UE est totalement dysfonctionnelle. »

Pour M. Kornblum, l’UE « a quitté psychologiquement l’OTAN » lorsqu’elle a essayé de créer sa propre structure de commande militaire, et elle l’a fait avec sa posture et son incompétence habituelle. Il souligne que « la Grande-Bretagne et l’Occident seraient en meilleur état si la Grande-Bretagne n’était pas dans l’UE. »

Cela est intéressant mais c’est un point de vue minoritaire au sein des cercles politiques américains. La frustration est passée dès que la Pologne et la première vague des pays de l’Est de l’Europe a rejoint l’UE en 2004, entraînant dans son sillage une troupe de gouvernements atlantistes.

Nous savons que l’UE et l’Amérique vivent une histoire d’amour difficile puisqu’un officiel américain de haut-rang a été pris, il y a deux ans, au cours d’une interception téléphonique rejetant Bruxelles pendant la crise ukrainienne avec ces mots lapidaires : « Merde à l’UE ».

Cependant, la vision omniprésente montre que l’ordre libéral occidental est sous une triple menace. L’UE doit être soutenue, tout comme la Grande-Bretagne et la France soutenaient judicieusement un Empire Ottoman chancelant au XIXème siècle puisque sa chute lente a directement conduit à la Première Guerre Mondiale.

Les menaces combinées d’aujourd’hui proviennent de la terreur djihadiste et d’une bande d’États faillis à travers le Maghreb et le Levant, d’un régime paria hautement militarisé à Moscou qui sera à court d’argent mais qui a une fenêtre d’opportunité avant que l’Europe ne réarme, et d’une crise extrêmement dangereuse dans la Mer de Chine Méridionale qui va en s’accroissant à mesure que Pékin teste la structure de l’alliance américaine.

Les dangers provenant de la Russie et de la Chine sont bien entendus interconnectés. Certains pessimistes soutiennent qu’il est probable que Vladimir Poutine tire profit d’une grave conflagration sur le bord du Pacifique afin de tenter sa chance en Europe. Dans les yeux de Washington, d’Ottawa, de Canberra, et de toutes ces capitales mondiales qui voient largement la Pax Americana comme un plus, ce n’est pas le moment pour la Grande-Bretagne de lancer un bâton de dynamite à l’intérieur de l’édifice bancal européen.

L’horrible vérité pour le camp du « Leave » est que l’establishment du monde occidental voit le Brexit comme du vandalisme stratégique. Que cela soit juste ou non, les pro-Brexit doivent répondre à ce reproche. Peu de personnalité politique tel que Lord Owen comprennent l’étendue du problème. La plupart semblait l’ignorer avec insouciance jusqu’à ce que M. Obama arrive à l’improviste.

De mon point de vue, le camp du Brexit devrait disposer de plans afin d’accroître de moitié la défense britannique à 3% du PIB, en promettant de propulser la Grande-Bretagne au sommet du pouvoir militaire non disputé de l’Europe. Ils devraient viser à rapprocher ce pays de la France dans une alliance de sécurité encore plus intime. Ce genre de mouvements permettrait au moins de contrarier l’un des plus gros canons du “Projet Fear”.

Les partisans du Brexit devraient se défaire de certaines idées quant aux conséquences de la sortie de l’UE par la Grande-Bretagne. Il n’y aura ni renoncement à ses responsabilités de grande puissance, ni retrait de la Convention Européenne des droits de l’Homme (de source britannique, la magna carta de la liberté), ni dénonciation des accords de la COP21 sur le climat, ni autres atermoiements.

Il serait excessif d’attendre un plan cohérent d’une coalition disparate, formée par la force des évènements. La plupart d’entre nous éprouve de la sympathie pour le camp du Brexit et souhaite rétablir un gouvernement souverain échappant à l’autorité usurpée par la cour Européenne de justice. Nous devons maintenant comprendre la manière dont les pro-Brexit entendent mener la sortie en limitant les dégâts collatéraux et dans l’honneur de ce pays.

Il est possible d’affronter l’UE, tout comme il est possible d’affronter les USA. Par contre, affronter la totalité des sociétés démocratiques simultanément, c’est tenter le sort.

Source : The Telegraph, le 27/04/2016


Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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La décomposition de la France est engagée. Cela ne fait plus de doute.
C'est en observant le système administratif et le monde politique, de l'intérieur, que Malika Sorel a pris la mesure de la faillite de nos élites. L'auteur a dû faire le constat de la servilité, de l'incurie, de l'impéritie, du cynisme, mais aussi de la peur, et de son corollaire, le mépris de la liberté, de la liberté d’esprit.
La pente est prise depuis trop longtemps, par les mêmes toujours au pouvoir, du renoncement à analyser les problèmes en profondeur, à reconnaître leurs erreurs et à reprendre les questions douloureuses, dont les conclusions se révèlent bien souvent déplaisantes...
Nos élites de commandement savent pourtant exactement ce qu'il en est des difficultés inhérentes à l'immigration et à l'intégration, qui se posent d'une manière plus aiguë que jamais. Et c'est là la source majeure de la dépression collective dans laquelle les Français ne cessent de s'enfoncer.
Dans ce livre très personnel, elle raconte les choix opérés, auxquels les Français n’ auront pas été associés, qui ont conduit le pays à sa situation actuelle.
La France peut-elle échapper à la mort ? Sa chute, depuis un demi-siècle, a pris une telle ampleur que la question se pose désormais. Les élections présidentielles et législatives de 2017 revêtent donc une importance capitale. Si les nouveaux élus ne prennent pas immédiatement les mesures de redressement qui s'imposent, la France mourra, à n'en pas douter. Ces mesures essentielles sont développées dans le Manifeste de la dernière chance. Elles sont simples, aisées à concrétiser, axées sur le seul bien commun. Elles seront proposées aux candidats aux primaires et à l'élection présidentielle, qui s'engageront, par leur signature, à les mettre en œuvre s ils sont élus. Si les candidats les refusent, des communications nationales indiqueront aux Français que voter pour eux ne permettra pas de redresser la France.
François Billot de Lochner
Prix 10 et 18€


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1/3-Dernière alerte : les limites de la croissance

Votre rendez-vous documentaire.
Diffusée le 26/08/2016




Il y a 40 ans , un livre avait marqué les esprits à travers le monde entier. « Les limites de la croissance » était le résultat d'une recherche menée par une équipe de jeunes scientifiques du MIT (Massachussetts Institute of Technology), soutenue par le Club de Rome, un think tank fondé par l'entrepreneur italien Aurelio Peccei.

Une étude très controversée et source d'inspiration pour bien d'autres travaux, dont le message-clé est plus que jamais pertinent aujourd'hui : la planète Ter re est un système fini. La croissance économique exponentielle risque d'amener nos sociétés et notre environnement au-delà de leurs limites et à s'effondrer. Quatre décennies après la parution de ce livre, les oeillères du monde économique et politique sur ce sujet retardent toute action en dépit des prévisions établies . Aujourd'hui, les auteurs de « Les limites de la croissance » délivrent leur propre analyse des causes de cette crise mondiale et partagent leur vision de l'avenir de l'humanité.

Est-il encore temps pour une dernière alerte ? Grâce à de nombreuses archives , dont certaines sont inédites , et aux témoignages de spécialistes , le réalisateur Enrico Cerasuolo nous plonge au coeur d'un débat qui met en évidence l'urgence de faire des choix qui permettront de sauvegarder de notre planète.

https://youtu.be/uTrP3escs0s


2/3-Plus qu'une banque, Goldman Sachs est un empire invisible riche de 700 milliards d'euros d'actifs, soit deux fois le budget de la France. Après s'être enrichie pendant la crise des «subprimes», en pariant sur la faillite des ménages américains, elle a été l'un des instigateurs de la crise de l'euro en maquillant les comptes de la Grèce puis en misant contre la monnaie unique. Un empire de l'argent sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui a transformé la planète en un vaste casino. Grâce à son réseau d'influence unique au monde, et à son armée de 30 000 banquiers, Goldman Sachs a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l'impunité des justices américaine et européennes.

Depuis le début de la crise en 2007,cette banque d'investissements, véritable mastodonte de la spéculation n'a cessé d'accroître non seulement sa puissance financière, elle possède 700 milliards d'euros d'actifs, mais également son emprise sur les gouvernements, de la Maison-Blanche à la banque centrale européenne. Les journalistes Marc Roche et Jérôme Fritelont ont enquêté sur cette banque invisible aux ramifications planétaires.

Cette enquête exceptionnelle, nourrie de témoignages rares, démonte un système basé sur le cynisme le plus absolu.

réalisation et casting

Réalisateur : Jérôme Fritel

rediffusion
samedi 3 septembre à 00h30
La banque qui dirige le monde
Prochaine diffusion TV :
Mardi 13 Septembre à 20h30 Programme LCP - Public Senat
Economie - France - 2012
Durée : 1h15
mercredi 14 septembre à 02h30


LCP samedi 3 septembre à 00h30 Goldman Sachs et le débat qui suit…sur l’impossibilité aux états de contrôles ces grandes banques …..



3/3-Genre : Economie

Origine : français

Realisateur : Hélène Risser , Hélène Fresnel


Synopsis


Economiste, membre de l'association Attac et du Conseil général de la Banque de France, professeur d'université, rédacteur en chef et journaliste à Charlie-Hebdo, homme politique, chroniqueur sur France-Inter, acteur, essayiste et romancier, Bernard Maris menait plusieurs vies à la fois avant d'être assassiné le 7 janvier 2015. Hélène Risser et Hélène Fresnel dressent son portrait, illustrés par les nombreux témoignages de ses proches, anciens collaborateurs et amis.


Critique du 09/01/2016

Par Olivier Milot


C'est un portrait à deux voix fait de souvenirs, d'amitié et de tendresse. Un portrait réalisé par une proche et la dernière compagne de Bernard Maris. La première, Hélène Risser, mène l'enquête à distance ; la seconde, Hélène Fresnel, dévoile avec pudeur les ressorts plus intimes des choix de Bernard Maris.

Au fil des témoignages (l'écrivain Emmanuel Carrère ; le directeur de Charlie Hebdo, Riss ; les journalistes Philippe Labarde et Patricia Martin ; le poète Elias Sanbar...), des images et des dessins de Catherine Meurisse, on découvre un homme chaleureux et secret qui ne se laissait pas enfermer dans les cases, circulait d'une sphère à l'autre avec gourmandise et légèreté. Economiste hétérodoxe qui n'avait de cesse de démystifier l'économie et trouvait que la littérature racontait mieux le monde que les experts de sa discipline ; militant (déçu) de gauche vivant dans le très bourgeois xvie arrondissement de Paris et s'y trouvant bien ; membre du conseil scientifique d'Attac, mais aussi du conseil général de la Banque de France ; journaliste éruptif et volontiers agressif dans les colonnes de Charlie Hebdo, mais d'une grande urbanité dans les débats. Ainsi était Bernard Maris, que les frères Kouachi ont assassiné d'une balle dans la tempe alors qu'il défendait Soumission, le dernier roman de Michel Houellebecq, lors de la conférence de rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Par touches successives, ce documentaire éclaire ces apparentes contradictions, nous le révèle dans son humanité joyeuse et alimente encore nos regrets de ne plus pouvoir le lire ou l'entendre. — Olivier Milot

https://youtu.be/_Li-lvPwiGQ


L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière
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. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre. Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncés plus profondément dans la crise. Mais comment en est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ?

Restructurer la dette ?

En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l'anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie. Au contraire d'un plaidoyer "pour ou contre" la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l'endettement est vieux comme le monde. Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s'offrent à l'Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel.

https://youtu.be/1CHf5QrmWI0


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