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Cette dette publique que l’on nous cache (10 000milliards €/2014)
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Publié le 14 août 2014 dans Économie

Quel est l’état de la dette publique ? Sommes-nous en mesure de la rembourser ? Quel scénario pour l’avenir du pays sous cette épée de Damoclès ?
Par Philippe Lacoude.

Les chiffres officiels ne sont pas encore connus mais la dette publique à ce jour a déjà certainement dépassé 2000 milliards d’euros. Il n’aura fallu qu’onze ans pour accumuler 1000 milliards de dettes.

Une dette publique qui cache la réalité

Cette somme phénoménale cache une autre montagne : les déficits futurs actualisés des régimes publics d’assurance maladie et d’assurance vieillesse. Le Trésor ne publie pas ces chiffres. Contrairement à une entreprise, l’État ne provisionne pas ses futurs paiements aux malades ou aux retraités. L’État est une sorte d’assureur véreux qui demande une prime d’assurance plus basse que la valeur actualisée des dommages futurs, dépense la prime, escamote l’opération de sa comptabilité officielle et arrive encore à afficher une perte (i.e. le fameux « déficit de la sécu ») année après année. Si un assureur privé faisait de même, il serait incarcéré pour une longue durée.

Chaque année, le Trésor américain publie une étude prospective, le Financial Report of the United States Government, dans laquelle il essaie de calculer la situation réelle des finances publiques. Cette étude est requise par la loi depuis 1977. Comme les chiffres sont pitoyables, ils sont généralement publiés entre Noël et le jour de l’an, quand les journalistes sont trop occupés par les fêtes pour lire 250 pages de comptes nationaux. Pourtant, ils apprendraient que le gouvernement fédéral des États-Unis avait environ 12 000 milliards de dollars de dette publique, devrait 6 500 milliards à son personnel et à ses anciens combattants, que les retraites étaient dans le rouge de 12 200 milliards, et les assurances maladies publiques d’environ 27 300 milliards. Soit une somme totale de 40 000 milliards à la fin 2013. Ceci représente environ deux fois et demi le PIB courant. Plus parlant, ces sommes faramineuses représentent 4% de toutes les productions futures actualisées du pays. Le gouvernement fédéral des États-Unis pourrait donc se tirer de cette calamité en coupant drastiquement dans ses dépenses à hauteur de 4% du PIB, à perpétuité, et en consacrant les sommes ainsi économisées au paiement de ses obligations futures[1].

Quid de la France ?

Personne ne sait vraiment. Bercy ne publie pas de rapport financier de 250 pages chaque année depuis 1977. La transparence, ce n’est pas depuis 1977. Ce n’est pas maintenant. C’est pour plus tard. Demain, peut-être… Aujourd’hui, pour les deux ministres en charge des finances du pays, c’est piscine !

Les seules études sérieuses sur le sujet ont été réalisées par Jagadeesh Gokhale. Cet auteur a passé des années à travailler sur cette question, d’abord comme enseignant-chercheur, puis comme consultant à l’U.S. Department of the Treasury, comme conseiller à la Federal Reserve Bank of Cleveland, à l’American Enterprise Institute et au Cato Institute.

Dans un rapport du National Center for Policy Analysis (NCPA) de 2009 et une mise à jour de l’Institute of Economic Affairs (IEA) de 2014, Jagadeesh Gokhale se penche sur les économies européennes. Il applique les méthodologies du Trésor américain aux données d’EuroStat de 2004. Bien avant que la France n’accumule 2 000 milliards de dette publique, avant donc les 610 milliards de « dette Sarkozy[2] », il trouve que la France avait déjà 9111 milliards d’euros (de 2004) de dettes réelles. Cette somme représentait déjà cinq fois et demi la production nationale annuelle, à 549% du PIB[3]. À la mi-2014, la dette publique était probablement de 2040 milliards d’euros auxquels s’ajouteraient 9572 milliards de dettes officieuses[4].

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En pourcentage du PIB ?

L’État peut-il rembourser ? L’État peut-il rembourser 5,5 fois le PIB ? Tout d’abord, l’État ne possède pas tout le PIB. Il essaie. Avec entre 57% et 58% de succès, ces derniers temps. Cependant, il n’a pas encore mis la main sur 100% de la richesse nationale. Il échoue à la confiscation de ces 43% rebelles. Des Gaulois résistent encore et toujours aux envoyés des fricophages de Bercy. La bonne question est donc de savoir si l’État peut rembourser plus de dix fois le montant de ses recettes fiscales.

Pour ce faire, il faudrait complètement arrêter les déficits et, selon les calculs de Jagadeesh Gokhale pour 2004, il faudrait consacrer 9,66% du PIB, perpétuellement, au remboursement des dettes officielles et des dettes officieuses (Sécurité Sociale maladie et vieillesse non-provisionnées).

Là encore, la France fait figure de mauvais élève de l’Europe mais on remarque qu’elle est rejointe par l’Allemagne et l’Italie. Pourquoi ? Simplement parce que ces deux pays ont une démographie épouvantable. L’Italie, pays de 60 millions d’habitants, n’en aura plus que 42 millions en 2050 malgré l’immigration. Une bonne partie sera trop âgée pour travailler et ne participera pas au remboursement de ses dettes réelles. La France, partant avec des dettes réelles plus fortes mais une démographie meilleure, semble tirer son épingle du jeu relativement à l’Italie et à l’Allemagne.

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Ce pourcentage de 9,66% n’était valable que pour 2004. Il s’aggrave d’année en année, d’environ un demi pourcent du PIB ou, pour être plus précis, d’environ 1% des recettes fiscales de l’État. Le changement, c’est demain et il sera douloureux : comme on peut le voir ci-dessous, avec la même méthodologie, la prévision de l’étude de 2009 (qui utilisait les données prévisionnelles d’EuroStat pour l’année 2010) a dû être revue à la hausse dans l’étude de février 2014. À ce rythme, le chiffre 2014, par simple extrapolation linéaire est probablement compris entre 14 et 15% ! Ceci représente entre un tiers et un quart des recettes de l’État.

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Pour que l’État honore ses engagements financiers vis-à-vis des détenteurs d’obligations, des futurs retraités et des futurs malades, il y a donc quatre conditions à remplir :
◾Il faut que le budget soit en équilibre ;
◾Il faut que les taux d’intérêts restent à leur bas niveau actuel pour les 50 prochaines années ;
◾Il faut que l’État consacre entre un quart et un tiers de son budget à rembourser la dette officielle et à provisionner les retraites et les dépenses maladies futures ;
◾Il faut que la démographie ne change pas drastiquement de la trajectoire que les experts ont prévue[5].

La dette publique officieuse ne sera jamais remboursée

Ces quatre conditions n’ayant aucune chance d’être remplies, on peut dire avec certitude que la dette publique officieuse ne sera jamais remboursée. En pratique, ceci veut dire que les retraites ne seront pas revalorisées, ou que l’âge de la retraite passera à 75 ans ou plus, ou que les retraites seront bien payées mais avec de la monnaie dévaluée. Gageons que les hommes de l’État utiliseront un peu de ces trois méthodes. En parallèle, la branche maladie de la Sécurité Sociale continuera de mourir lentement en remboursant de moins en moins et en restreignant l’accès aux soins par des listes d’attente, par des interdictions de nouveaux types de traitements, et par l’adoption au ralenti des nouveaux médicaments.

Nous savons exactement comment tout ceci va se passer car nous avons l’expérience des anciens pays du bloc soviétique. Un jour relativement proche, les « petits vieux » devront quitter leur retraite, retourner à des petits boulots (quand ils le pourront), retourner vivre chez leurs enfants (quand ils en auront), et n’accéderont pas aux soins. Les statisticiens verront deux choses se produire :
◾La participation au marché du travail des plus de 70 ans augmentera en flèche ;
◾L’espérance de vie baissera.

La dette publique officielle ne sera probablement pas remboursée

Lorsque la dette publique atteint 100% du PIB, une simple règle apparaît : pour stabiliser celle-ci en l’absence de déficit primaire[6], il faut que la croissance économique soit égale au taux d’intérêt de la dette. Si la croissance est de 3%, le PIB de l’année suivante est de 103% de celui de l’année précédente. Si le taux d’intérêt de la dette est de 3%, la dette de l’année suivante est de 103%. Le ratio dette/PIB ne change pas si le taux de croissance égale le taux d’intérêt de la dette. Quand on a environ 100% de dettes en pourcentage du PIB, rien n’est plus important pour un ministre des Finances que le taux de croissance hormis le taux d’intérêt des OAT…

Bien sûr, ceci n’est vrai que si les administrations publiques dépensent exactement ce qu’elles reçoivent en impôts et en taxes. Si l’État dépense 51% de la richesse nationale et si la pression fiscale représente 50% du PIB, alors, pour maintenir le ratio dette/PIB, le taux de croissance du PIB doit être égal à celui du taux d’intérêt de la dette plus un pourcent.

En conséquence, la question de savoir si la dette publique officielle sera remboursée revient donc à répondre aux questions suivantes :
◾Les administrations publiques vont-elles dépenser exactement ce qu’elles reçoivent en impôts et en taxes ? En termes économiques, le déficit primaire de l’État va-t-il être nul ?
◾La croissance va-t-elle dépasser le taux d’intérêt de la dette dans le futur ?

Les besoins de l’État pour remplir les promesses faites en matière d’assurance maladie et d’assurance vieillesse appellent une réponse résolument négative à la première question. Comme nous l’avons vu plus haut, en 2004, les déficits futurs actualisés de ces deux postes de dépenses représentaient déjà plus de 4 fois et demi la production nationale annuelle.

La deuxième question est également sans appel : le taux de croissance de l’économie sera plus faible que le taux d’intérêt de la dette publique. Comme nous l’avons vu dans notre précédent article, les économies plombées par une dette de plus de 90% ne croissent pas ou très peu. Nous pouvons ainsi attendre une croissance réelle à peu près nulle et donc une croissance nominale de 1 ou 2% par an.

Les taux d’intérêt sont extrêmement bas mais vont nécessairement remonter dans les 50 prochaines années (à moins que les hommes de l’État choisissent délibérément une politiquement très inflationniste). Ils reviendront sûrement à leur historique de 6 ou 7% : le taux moyen des obligations d’État françaises à 10 ans s’établit en moyenne à 7,77% sur les quarante dernières années. À ce taux, il faudrait générer un excédent primaire d’au moins 10% du budget de l’État. En d’autres termes, il faudrait que l’État ne dépense que 9 euros pour 10 euros de recettes fiscales. Un tel excédent est tellement politiquement loufoque que ce calcul ne devrait même pas être envisagé.

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La boule de cristal

René Le Honzec Dette publiqueLa dette publique officielle ne sera donc probablement pas remboursée. Plusieurs scénarios sont possibles mais quatre ont une forte probabilité :
◾Le défaut de paiement ou la banqueroute.
Si la France reste dans l’euro, et si elle n’obtient pas la possibilité d’en émettre, un moment arrivera où les obligations d’État ne pourront plus être honorées à moins de drastiquement couper dans les retraites et les prestations de santé. La situation économique se détériorerait rapidement car les investisseurs internationaux échaudés arrêteraient de prêter du jour au lendemain. Les banques françaises déjà sous-capitalisées perdraient une grande partie de leurs fonds propres entraînant l’économie dans leurs propres faillites.
◾La sortie de l’euro.
Si la France sortait de l’euro, elle pourrait émettre des francs, dont la valeur aurait une fraction de celle des euros. Elle rembourserait en franc les dettes contractées en euro. Ce vol pur et simple se heurterait très probablement au droit puisque la dette de l’État est libellée en euros. L’État aurait beaucoup de mal à se financer sur les marchés. Les banques françaises et les grandes entreprises souffriraient énormément car toutes leurs opérations passées en euros devraient être honorées dans cette devise.
◾La dilution de la dette par l’inflation.
Il suffirait que la situation en Allemagne et en Italie continue sur leurs trajectoires actuelles pour que ces deux pays décident que la banque centrale européenne devienne une imprimerie de faux billets…
◾L’autre sortie de l’euro.
Si l’Allemagne et les pays du nord sortaient de l’euro, la France, l’Italie et l’Espagne pourraient émettre des euros sans limite ; une inflation catastrophique s’en suivrait qui annulerait la dette à condition de ne revaloriser ni les retraites, ni les minima sociaux, ni les salaires des fonctionnaires, ni les prestations maladie. Cette sortie de l’euro a un avantage : les contrats en euros seraient respectés, sinon en valeur réelle du moins en valeur nominale.

De tous ces scénarios, les deux premiers sont les pires mais il est difficile de les exclure à cause de l’analphabétisme économique qui sévit en France. Plus une idée est dangereuse, plus elle semble trouver d’exégètes.




1. Aucune chance que ceci n’arrive ! ↩
2. Les 610 milliards de « dette Sarkozy » représentent « 10000 euros par Français ». Ceux qui ne les ont pas reçu sous forme de prestations étatiques devraient se plaindre. Les autres auraient dû faire preuve de reconnaissance et envoyer un peu d’argent pour le Sarkothon. ↩
3. La méthodologie de cette étude est également exposée dans une étude de la Banque d’Italie ainsi que dans un rapport des services de recherche de la Federal Reserve Bank of Cleveland. ↩
4. Si le ratio de 549% du PIB calculé par Jagadeesh Gokhale ne s’est pas aggravé… ↩
5. Il existe un problème spécifique à la France : s’il est vrai que sa démographie semble meilleure que celle de l’Allemagne ou de l’Italie, il n’en reste pas moins que la France est en chute libre dans les classements d’éducation (comme PISA). De plus, elle exporte probablement aux alentours de 60000 jeunes diplômés par an. Au contraire, le capital humain moyen des nouveaux arrivants n’est pas toujours flambant. Même si la population active restait constante, sa productivité marginale du travail pourrait bien stagner. En pratique, une population moins bien formée en moyenne devrait produire suffisamment de richesses pour supporter les dettes étatiques. ↩
6. Le déficit primaire de l’État correspond au solde du budget des administrations publiques non compris les intérêts versés sur la dette et les revenus d’actifs financiers reçus. Si ce solde est positif, on parle d’excédent primaire. ↩


Suivre l'évolution de l'or noir
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La nouvelle a immédiatement fait grimper les cours du brut, qui ont clôturé en nette hausse à New York, alors que les marchés s’attendaient au contraire à ce que la réunion aboutisse à un constat de désaccord.

Les cours du baril de référence (WTI) aux Etats-Unis ont gagné 2,38 dollars à 47,05 dollars sur le contrat pour livraison en novembre. A Londres, le prix du baril de brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance a également progressé, de 2,72 dollars à 48,69 dollars.

Pourtant, estiment des analystes, un tel accord ne change rien aux fondamentaux du marché, plombé depuis la mi-2014 par une offre excédentaire, fruit du boom des hydrocarbures de schiste américains et de la stratégie de l’OPEP d’ouvrir à fond les robinets pour maintenir ses parts de marché.


http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/28/les-pays-petroliers-s-accordent-pour-reduire-leur-production_5005127_3234.html#MfHZqSWrU9iLXRki.99


Encore de nouveaux impôts à prévoir
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C’est probablement là qu’il va falloir approfondir les relations entre l’Etat et les régions, pour que ces dernières aient réellement les moyens, tant en termes de pouvoirs réglementaires que financiers, d’exercer leurs compétences. L’échelon territorial le plus puissant est celui qui dispose le moins de recettes propres et dynamiques.

A cet égard, l’épisode à rebondissements sur le financement des nouvelles compétences économiques des régions, qui devrait trouver son ­dénouement à l’occasion de la venue du premier ministre, Manuel Valls, au congrès des Régions de France, le 29 septembre, est symptomatique. Si l’Etat entend réellement que les régions jouent un rôle majeur de dynamisation des territoires, il doit leur accorder les moyens d’action correspondants. Et les régions, elles aussi, doivent savoir se hisser à la hauteur de leurs responsabilités.


http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/09/27/un-immense-chantier-pour-les-regions-de-france_5004386_823448.html#xEH0idoQofgQDGqH.99


Les dégâts mondialistes de 1969… 1973 à 2017……
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Les dégâts mondialistes de 1969… 1973 à 2017……


NB :Bossuet aimait à dire que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » et la mondialisation en est un parfait exemple.
1% de la population mondiale possède plus que les 99% restants
Et vous les croyez encore ? alors bonne route !COP21 n’est qu’une rustine pour faire passer la pillule.
(regardez donc du côté de la banque mondiale…………………)


Les mondialistes ont peur… et c’est en soi une excellente nouvelle. Ils ont peur. Enfin !

Je vais donc vous livrer quelques réflexions autour de l’idée de frontière qui est devenue, au fil du temps, un gros mot que l’on n’a pas le droit de prononcer sans être immédiatement taxé de facho-nazi-mangeur-d’enfants ou de rappeler tout aussi vite à la bien-pensance « lézeuresléplusombredenotrehistoire ».

Le FMI sonne l’alarme contre la « menace » protectionniste

Voilà ce que vient de déclarer presque en panique notre Christine nationale qui représente les intérêts des grandes multinationales et du totalitarisme marchand le plus abject :

« De l’ascension de Donald Trump en passant par le Brexit, le protectionnisme a la cote sur le globe et donne des sueurs froides au FMI, qui y voit un péril majeur pour une économie planétaire en berne.

« Les pressions croissantes vers des mesures de repli constituent une menace exceptionnelle pour la croissance mondiale », résume le Fonds monétaire international dans ses nouvelles projections économiques publiées mardi. »

« Cette croissance morose, qui s’accompagne d’un chômage persistant, de salaires stagnants et d’inégalités croissantes, a désormais un coût, selon le FMI : elle nourrit un discours « accusant la mondialisation de tous les maux » et prônant le repli sur soi économique. »

La mondialisation est déflationniste… par nature !

Bossuet aimait à dire que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » et la mondialisation en est un parfait exemple.

Nos faux naïfs de dirigeants déplorent la déflation actuelle et nous expliquent qu’il faut lutter contre elle, tout en sachant qu’elle est l’effet de cette mondialisation bâtie et construite sur un dumping social et fiscal sans précédent qui est déflationniste par définition.

La mondialisation actuelle ne vise pas la concurrence libre et non faussée mais vise bien à faire produire le plus possible par les moins-disants et les moins chers, tout en revendant de plus en plus cher aux consommateurs.

La mondialisation c’est le dumping fiscal, social, mais aussi environnemental. Nous transférons vers d’autres pays aux normes inexistantes nos industries polluantes plutôt que de payer le prix de la protection de notre environnement et de nos ressources.

Alors oui, cette mondialisation n’est ni heureuse, ni vertueuse, et rien ne nous oblige à l’accepter, à la supporter et encore moins à la soutenir sans pour autant plaider pour un retour au Moyen Âge !

La mondialisation est encore une fois comme bien souvent une idée protéiforme. La mondialisation a déjà existé à de multiples reprises dans l’histoire humaine avec ou sans frontière, avec ou sans mur entre les peuples !

Avant la Première Guerre mondiale, vous aviez l’Union latine, qui était une union monétaire avant l’heure ! Un euro d’avant l’euro, où de nombreux pays européens utilisaient les mêmes pièces d’or ayant la même taille et le même poids afin de faciliter les échanges ! À cette époque, il n’y avait strictement aucun problème de change car nous avions tous la même monnaie en or avec le même étalon et le même poids.

Cette union monétaire n’a pas empêché la guerre de 14-18 tout comme l’euro n’empêchera pas la probabilité de plus en plus forte de « guerres civiles » européennes.

Le monde entre les deux guerres est totalement mondialisé ; avec les colonies, les échanges sont nombreux, les barrières douanières faibles ou inexistantes, et la libre circulation des individus est une réalité.

L’Empire romain est un exemple de mondialisation… certes un peu forcé. Bref, il n’existe pas une forme unique et indiscutable de mondialisation, mais une multitude de choix possibles.

Refuser cette mondialisation-là, n’implique pas de devenir la Corée du Nord ! Rien n’est plus faux. Rien n’est plus réducteur et il s’agit, encore une fois, d’empêcher les gens de penser pour éviter d’avoir à aborder les véritables solutions alternatives. Oui un autre monde est possible, une autre mondialisation est envisageable et non les droits de douane, fussent-ils évoqués par un Trump, ne sont pas une sottise mais des outils de simple bon sens destinés justement à pallier des situations de dumping.

Or c’est le dumping qui est déflationniste puisqu’il vise à produire de moins en moins cher donc à faire baisser les salaires ! Des salaires qui baissent c’est moins de consommateurs solvables donc moins de croissance.

Logiquement, pour lutter contre la déflation, il faut lutter… contre la mondialisation. CQFD.

L’éloge des frontières !

Ce titre n’est pas de moi, c’est un ouvrage de Régis Debray, qui n’est pas à proprement parler un « lézeuresléplussombriste » ni un « fasciste ». Voici ce qu’il dit :

« La frontière n’est pas du tout la fermeture angoissante. La frontière est une marque de modestie. Je ne suis pas partout chez moi. Il y a une ligne au-delà de laquelle il y a d’autres personnes que je reconnais comme autres. »

Pour se définir soi-même, il faut accepter d’être différent dans le sens de ne pas être pareil ni identique aux autres. La frontière marque une limite, une souveraineté, un territoire, une histoire, et aussi… une protection.

Il n’y a rien de plus important pour un pays que ses frontières qui sont aussi ses limites géographiques. Un pays se définit par son espace.

Presque tout est frontière dans la vie. L’éducation d’un enfant vise à lui faire entendre et comprendre les frontières entre le bien et le mal, le possible et l’impossible. Toutes les limites posées, pensées ou réfléchies sont des frontières à franchir ou à ne pas franchir, jusqu’à votre porte d’entrée qui elle aussi est une frontière.

On dit même que la « frontière est ténue ». Bref. Rejeter l’idée de frontière est une absurdité de la « novlangue » et du politiquement correct qui ne vise qu’à l’abrutissement des masses.

Je remarque d’ailleurs que cela ne pense plus beaucoup dans ce pays, et que dès que quelqu’un pense, il est excommunié par ce système qui n’est au service, comme Madame Lagarde, que de ce totalitarisme marchand que nous devons combattre sans relâche et sans merci.

Nous ne risquons rien que du mieux et du bien avec des frontières. Ceux qui les redoutent sont ceux qui, aujourd’hui, se gavent sur des cadavres. Les mondialistes, les grandes multinationales, celles qui font de l’évasion fiscale à grande échelle, polluent en Inde, en Chine ou en Afrique, relâchent les produits polluants au large de la Somalie (d’où les piratages massifs, représailles de pêcheurs qui ne peuvent plus exploiter leurs réserves halieutiques), celles qui exploitent femmes et enfants au Bangladesh dans des usines cadenassées où par centaines les ouvriers meurent chaque année dans l’indifférence la plus totale.

Oui tous ces mondialistes sans foi ni loi, sans morale, ont tout à redouter du retour des frontières et de la chute de leurs bénéfices.

Enfin, à tous les idiots utiles d’extrême gauche qui, pétris de bons sentiments humanistes, pensent faire le bien, ils font en réalité le jeu des grandes multinationales en faisant là encore pression à la baisse sur les salaires d’ici sans que cela fasse augmenter les salaires de là-bas !

L’immigration est un outil aux mains d’une élite mondialisée et apatride qui se fiche comme d’une guigne du bonheur des peuples ou des gens, n’ayant d’autres ambitions que d’accumuler argent et pouvoir sur le dos des pauvres bougres.

Cette immigration incontrôlée ne peut qu’à terme faire le malheur des « déjà-là » et des « tout-juste-arrivés » et ce en dehors de toute considération de religion ou de couleur, car en économie tout est aussi question d’équilibres, toujours précaires.

Personne ne tire de bénéfices de tout cela, sauf encore une fois le « patronat » comme en Allemagne, qui peut désormais faire travailler les migrants pour… 80 euros par mois ! Oui, vous avez bien lu, 80 euros par mois. Voici de la belle exploitation, car derrière tous les sentiments humanistes dégoulinant utilisés uniquement pour fabriquer le consentement des populations, la réalité, c’est la mise en exploitation. C’est la raison pour laquelle jamais, jamais un grand communiste comme Georges Marchais n’a été favorable à l’immigration ou à la disparition des frontières, ce qui ferait aujourd’hui que Georges Marchais serait taxé de fascisme… ce qui ne manque pas de sel !



Mais ce qui est mauvais pour le totalitarisme marchand est excellent pour les peuples.

Comme Régis Debray, il est temps de proclamer haut et fort, cet « éloge aux frontières ».

Vive la France.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Les derniers propos de la mondialiste Lagarde ici AFP via Boursorama

http://www.boursorama.com/actualites/le-fmi-sonne-l-alarme-contre-la-menace-protectionniste-906a68148143323d543b1e4b5787120c

« Éloge des frontières !! » L’édito de Charles SANNAT-Charles Sannat/- 5 octobre 2016
@C'était jusqu'ici une projection. C'est désormais une réalité : 1% de la population mondiale est plus riche que les 99% restants, révèle un rapport accablant de l'Oxfam.


Inégalités : 1% de la population mondiale possède plus que les 99% restants


C'était jusqu'ici une projection. C'est désormais une réalité : 1% de la population mondiale est plus riche que les 99% restants, révèle un rapport accablant de l'Oxfam.

L'an dernier, c'était une projection. Cette fois, c'est une réalité. Selon un rapport publié par l'ONG Oxfam, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasse désormais celui des 99% restants.

A deux jours de l'ouverture du forum de Davos, l'organisation espère pousser les participants au sommet à mettre fin aux paradis fiscaux, lesquels "alimentent les inégalités économiques et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté", martèle Oxfam.

62 personnes plus riches... que 3,5 milliards d'individus

Le rapport - intitulé "Une économie au service des 1%" - est accablant : Oxfam note que, depuis 2010, le patrimoine de la moitié la plus pauvre de la population mondiale s’est réduit de 1.000 milliards de dollars (baisse de 41%) , à l'inverse des "super-riches" dont les fortunes ont augmenté de 44%, soit quelque 500 milliards de dollars.

Dans son rapport précédent, Oxfam avait prédit que ce phénomène serait observé dès 2016 :

http://referentiel.nouvelobs.com/file/14761121.JPG

Les 62 plus grandes fortunes possèdent désormais autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale - 3,5 milliards de personnes. Preuve que les choses ne vont pas en s'améliorant, ce chiffre était encore de 388 en 2010.

http://twitter.com/Oxfam/status/688961546240786432/photo/1

Quatre Français dans le classement

Ils sont 62 à être aussi riches que 3,5 milliards d'individus, dont une écrasante majorité d'hommes (53). Parmi eux, une moitié d'Américains et 17 européens. Les autres "super-riches" viennent de Chine, du Brésil ou d'Arabie saoudite.



De France également : Liliane Bettencourt (40,1 milliards de dollars, 10e position), Bernard Arnault (37,2 milliards de dollars, 13e position), Patrick Drahi (16 milliards de dollars, 57e), Serge Dassault (15,3 milliards de dollars, 62e position) apparaissent dans ce classement établi par le magazine "Forbes" en mars 2015.


Dans le cas de l'héritière de l'Oréal, l'année 2014 a été un bon cru et lui a permis de réaliser un joli gain de 5,6 milliards de dollars. Une tendance générale selon Oxfam :

Depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins d' 1% de l'augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse."

Mettre la pression sur Davos
Rappel : Chaque année depuis 1971, une petite commune suisse accueille les plus hauts dirigeants d’Etats, de gouvernements et d’entreprises pour le Forum économique mondial.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/20/qu-est-ce-que-le-forum-de-davos_4850472_4355770.html#rD1IQQkrhfrPhvme.99

Publié à l'avant-veille de l'ouverture du forum de Davos, le rapport d'Oxfam entend faire pression sur les élites économiques pour mettre un terme à "l'ère des paradis fiscaux", soulignant que 9 entreprises sur 10 figurant "parmi les partenaires stratégiques" du forum économique "sont présentes dans au moins un paradis fiscal".

Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, alerte :

Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté."

L.B. L'Obs·Publié le 18 janvier 2016 à 17h05


A CONSERVER POUR VOS VOTES à VENIR en 2017 ..et à suivre



Au revoir. Rendez-vous en 2017 pour :
@Présidentielle 5 ans
1er tour : 23 avril 2017
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@Législatives 5 ans
1er tour : 11 juin 2017
2nd tour : 18 juin 2017


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2019


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le capitalisme s’est déséquilibré » et avait « besoin d’être réformé ».

« La mise en œuvre spéculative de capital virtuel en comparaison à une utilisation du capital dans l’économie réelle a pulvérisé les limites de la raison et échappe à tout contrôle. (...)[Face à l’entrepreneur qui assume le risque de ses investissements], le manager a été associé aux intérêts des détenteurs de capitaux par un système de bonus exagéré, ce qui a perverti le système. (...)Le capital n’est plus le facteur de production décisif dans le système économique mondialisé. »


y a dix ans, il avait prédit la crise financière américaine et il faut juste espérer que « Dr Doom » (Docteur Catastrophe), comme on l’a surnommé depuis, ait perdu ses talents de devin. Arrivant mardi soir à Davos, pour participer au Forum économique mondial annuel qui s’ouvre mercredi 20 janvier, l’économiste Nouriel Roubini nous a fait cette comparaison inquiétante :

« On vient ici pour discuter des solutions à long terme, a-t-il observé. Mais comme en 2008, on va être rattrapés par les problèmes de court terme. Les gens se posent la même question : sommes-nous au bord d’une récession mondiale ? »

Car où que l’on regarde, depuis cette montagne suisse où se réunissent jusqu’à la fin de la semaine près de 3 000 représentants des élites globalisées, l’horizon est très sombre. L’Europe, dont la crise de l’euro a été tant débattue les années précédentes, est aujourd’hui confrontée au double défi du terrorisme et d’une crise migratoire sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.

Ralentissement de la croissance en Chine

Au Moyen-Orient, le chaos qui a succédé, cinq ans après, au « printemps arabe », déstabilise la région et les nouvelles tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite ont presque éclipsé la bonne nouvelle de l’accord sur le nucléaire iranien et de son corollaire, la levée des sanctions.

En Chine, le ralentissement de la croissance et les faux pas de pilotage économique de l’équipe au pouvoir sèment le doute sur les marchés mondiaux. Les économies émergentes ne dopent plus la croissance mondiale, la Russie et le Brésil sont en récession.

Lire aussi La croissance chinoise à son plus bas depuis 25 ans

La composition des tables rondes et les thèmes de débats choisis reflètent donc ces inquiétudes. Les organisateurs du Forum avaient eu la bonne idée d’inviter une délégation nord-coréenne : début janvier, ils l’ont désinvitée après l’annonce d’un essai nucléaire par Pyongyang.

Si la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président Hollande ont préféré rester chez eux, les Etats-Unis envoient, eux, le vice-président, Joe Biden, et le secrétaire d’Etat, John Kerry. Mais la présence de ces deux poids lourds de la politique américaine ne rend que plus incongrue, par contraste, la course en tête menée pour l’investiture républicaine à la Maison Blanche par le milliardaire Donald Trump, désormais soutenu par Sarah Palin, l’ex-égérie du Tea Party. « Une telle combinaison, à l’échelle mondiale, de nativisme populiste et de terrorisme franchisé est tout sauf réjouissante », commentait mardi soir en marge du Forum l’Américaine Anne-Marie Slaughter, experte de politique étrangère.



Même l’acteur Leonardo Di Caprio s’y est mis. Recevant, mardi soir, un prix pour son engagement en faveur de l’environnement, il a dénoncé, devant un parterre d’hommes et de femmes d’affaires, « l’avidité commerciale » des compagnies de gaz, de pétrole et de charbon. Et il a été applaudi.

Lire aussi A Davos, le nouveau président argentin veut replacer son pays sur la scène internationale

@SylvieKauffmann

kauffmann@lemonde.fr

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/20/a-davos-les-sombres-perspectives-de-l-economie-mondiale_4850140_3234.html#YZmvFqm80bsdlvAG.99


Abandonnons les excès du capitalisme pour plus d'engagement social



Depuis quelques mois, la critique du capitalisme s'amplifie. Les mouvements de protestation tels que Occupy Wall Street sont scandalisés par les excès des banquiers qui, de l'avis des manifestants, sont responsables de la crise économique mais ne sont pas mis face à leurs responsabilités. En même temps, de nombreux groupes sociaux civils se solidarisent avec les actions anticapitalistes et reflètent la frustration mondiale des citoyens.

Ces protestations contre le capitalisme sont sans aucun doute dans l'air du temps. Toutefois, il ne suffit pas de condamner le capitalisme pour ses indéniables débordements. Une analyse plus approfondie est nécessaire pour comprendre pourquoi le système capitaliste sous sa forme actuelle ne convient plus.

Dès le début de la crise, en janvier 2009, j'ai déclaré dans mon discours d'ouverture de Davos : "Aujourd'hui, partout dans le monde, les hommes et les femmes se demandent comment des décisions fondées sur la cupidité et l'incompétence ont pu être prises en faisant fi de tous les mécanismes de contrôle. Des décisions dont les conséquences terribles ont touché non seulement l'économie mondiale mais aussi le citoyen moyen qui a perdu sa retraite, son logement et son emploi. Les personnes concernées sont atterrées, désemparées, angoissées et en colère."

On s'attendait à cette époque à ce que la crise suscite un changement fondamental de comportement des dirigeants de l'économie et ce, surtout dans le domaine financier. Presque trois ans se sont écoulés depuis et nous n'avons pas encore tiré les leçons de ces erreurs. Le système qui nous a conduits à la crise est depuis longtemps dépassé et nous ne pourrons pas non plus surmonter cette morosité à long terme si nous continuons à nier la nécessité d'un changement. Le capitalisme a besoin d'être réformé pour trois raisons :

1. Le capitalisme s'est déséquilibré. La mise en oeuvre spéculative de capital virtuel en comparaison à une utilisation du capital dans l'économie réelle a pulvérisé les limites de la raison et échappe à tout contrôle. Pour équilibrer les risques, il faut des opérations financières et pas des transactions qui spéculent avec la spéculation elle-même.

2. Dans le système capitaliste d'origine, nous faisions une nette différence entre, d'une part, l'entrepreneur qui assume le risque de ses investissements et qui est rémunéré en conséquence par du profit et, d'autre part, le manager dont l'objectif professionnel est d'assurer l'avenir à long terme de l'entreprise dans l'intérêt de tous les actionnaires. Le manager a été associé aux intérêts des détenteurs de capitaux par un système de bonus exagéré, ce qui a perverti le système. C'est là que réside la racine du mal, car elle entraîne des rémunérations excessives et mine l'éthique professionnelle du manager.

"Talentiste"

3. Le capital n'est plus le facteur de production décisif dans le système économique mondialisé. Nous vivons de plus en plus dans un monde où les avantages concurrentiels ne sont pas générés à partir de capital mais sur la base de prestations la plupart du temps intellectuelles, donc immatérielles. A cela s'ajoute le fait que, au fur et à mesure que le bien-être augmente, il se produit un glissement des valeurs de la quantité vers la qualité. La performance économique de demain ne sera donc plus déterminée par le capital mais en premier lieu par le facteur de production qu'est le "talent". Nous nous dirigeons par conséquent dans une certaine mesure du capitalisme vers le "talentisme".

Les protestations sur toute la planète sont dangereuses si elles se transforment en lutte des classes. Nous avons besoin d'impulsions qui amènent la société à réfléchir et à agir pour procéder aux corrections nécessaires. Il faut en venir avant tout à une reprofessionnalisation du métier de manager. C'est justement parce que le talent est un facteur crucial de réussite qu'il est trop souvent devenu la justification de salaires et de bonus exorbitants. Les talents ne sont toutefois pas décisifs uniquement dans la vie économique mais aussi dans toute vie professionnelle. Pourquoi un excellent professeur devrait-il gagner moins qu'un manager moyen ? Pourquoi un chirurgien de renommée mondiale devrait-il gagner moins que le patron d'une entreprise mondialisée ?

Il est certain que chacun devrait être rémunéré en fonction de ses responsabilités et de ses performances mais, dans le fond, c'est l'objectif professionnel et pas seulement l'appât du gain qui devrait être déterminant pour chacun. La dissociation du manager et du porteur de risques mettra également un frein aux activités financières où le profit est monopolisé individuellement, alors que le risque est collectivisé et finit par incomber au contribuable. Bref, nous devons abandonner les excès du capitalisme pour revenir à une économie de marché dans laquelle la responsabilité individuelle et l'engagement social ne sont pas simplement de vains mots.


Klaus Schwab, économiste et fondateur du Forum de Davos

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/14/abandonnons-les-exces-du-capitalisme-pour-plus-d-engagement-social_1603449_3232.html#EygFhK7OYrdcEBmW.99


http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/20/qu-est-ce-que-le-for…


http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/20/a-davos-les-sombres-perspectives-de-l-economie-mondiale_4850140_3234.html


http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/14/abandonnons-les-exces-du-capitalisme-pour-plus-d-engagement-social_1603449_3232.html


THE END (2 fois.....mes origines Belges?)


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