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Les merdes d l'OTAn,des USA ,GB,Hollande au Moyen-Orient<2012
GUERIN


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Hollande qu’a t-il fait de son mandat au MOYEN-ORIENT ?
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14 Déc 2016


La France n’aurait jamais dû soutenir la rébellion syrienne, par l’archevêque d’Alep
Jean-Clément Jeanbart, né en 1943 (73 ans) à Alep (Syrie) est un prélat catholique syrien de l’Église grecque-catholique melkite. Il est archevêque de l’archéparchie d’Alep depuis 1995. Dès le début de la guerre civile syrienne en 2011, il est particulièrement actif dans la protection des fidèles, persécutés par les islamistes.

http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2016/10/jc-jeanbart.jpg

« En Syrie, les chrétiens ne voient pas d’alternative à Bachar el-Assad »

L’archevêque grec-catholique d’Alep, Jean-Clément Jeanbart, décrit la situation dramatique des chrétiens en Syrie et estime que le régime de Damas est pour l’instant leur plus sûr bouclier

L’archevêque grec catholique Jean-Clément Jeanbart montre des photos d’Alep, la capitale économique de la Syrie coupée en deux depuis l’offensive des rebelles en 2012. Les tirs de mortiers répondent aux barils d’explosifs largués par l’armée syrienne sur les quartiers tenus par les rebelles, à moins que cela soit l’inverse. Plus personne dans cette ville martyrisée ne sait exactement. L’archevêché a été durement touché par les bombes. Jean-Clément Jeanbart a dû déménager dans un couvent plus loin de la ligne de front, réfugié dans sa propre ville, comme beaucoup d’autres chrétiens. L’archevêque était à Genève à l’invitation du cercle international de la Fondation pour Genève.



Le Temps: Combien de chrétiens restent-ils à Alep?

Jean-Clément Jeanbart: Je n’ai pas de chiffres précis mais il doit en rester un peu moins que 100 000, soit deux fois moins qu’avant la guerre. Tous les chrétiens résident dans la partie de la ville contrôlée par le gouvernement. Beaucoup se sont réfugiés dans d’autres parties de la Syrie ou dans les pays voisins, au Liban ou en Jordanie. Le problème, ce sont ceux qui ont émigré en Europe ou outre-Atlantique.

Pourquoi est-ce un plus grand problème?

Parce qu’ils ne reviendront probablement pas. L’émigration saigne les communautés chrétiennes de Syrie, une présence deux fois millénaire. Les premiers chrétiens à avoir été baptisés après les apôtres étaient syriens. Ils étaient venus à Jérusalem pour le pèlerinage de la Pentecôte juive. À l’époque, on ne baptisait que des juifs, le peuple de Dieu. Il était plus dangereux de se convertir pour les habitants de Jérusalem que pour les pèlerins. On estime que 3000 d’entre eux venus d’Alep, de Damas, d’Homs, de Sidon, de Tyr, au Liban, et d’autres villes du Proche-Orient ont été baptisés. Plus tard, Saint-Paul a été le premier à baptiser des non-juifs. Il a été lui-même converti, baptisé et ordonné prêtre par l’Église de Syrie.

Comment reprocher aux gens de vouloir quitter un pays en guerre?

C’est vrai: les chrétiens avaient perdu espoir. Nos jeunes partaient, parce qu’ils étaient préoccupés pour leur avenir et ne voulaient pas être enrôlés dans l’armée. Parfois, ce sont leurs parents qui les incitaient à fuir. Il y a déjà eu tellement de morts. Je reproche à certains pays de favoriser l’émigration massive des Syriens. Je ne crois pas à la possibilité de tels mouvements de population vers l’Europe sans complicité. […]

Qui aurait intérêt à encourager l’exode des Syriens?

Avec le nombre de réfugiés qui arrivent en Europe, il devient plus facile de justifier des solutions radicales. Certains se demandent quelle pourrait être la suite. Une nouvelle intervention militaire en Syrie ou une zone d’exclusion aérienne. Pour l’instant, les Occidentaux s’y sont refusés mais cela pourrait changer.

Vous semblez particulièrement remonté contre la Turquie?

Alep faisait autrefois partie de l’Empire ottoman et le sultan considérait que c’était son bien le plus précieux. Sans cette ville, la Syrie serait amputée de son poumon économique. Avant la guerre, il y avait plus de 1400 usines qui employaient plus d’un million d’ouvriers. Tout a été détruit par les groupes armés à la solde des pays étrangers. À Pâques, un quartier chrétien et arménien a été bombardé par les rebelles. Il y a eu une quarantaine de morts. Ce n’était pas un hasard: le pape venait de reconnaître le génocide des Arméniens par les Turcs. Beaucoup d’Arméniens ont fui Alep, car ils craignaient de connaître le même sort que leurs ancêtres.

Ce sont maintenant les Russes qui bombardent en Syrie.

Ces frappes ont redonné espoir aux chrétiens. Voilà la réalité. J’ai parlé avec de nombreux collègues mais aussi des laïques. Tous voyaient désormais une lueur d’espoir pour que chacun se mette enfin autour d’une table pour mettre un terme à cette guerre folle et inhumaine. Avant le conflit, nous avions commencé à construire quelque 70 appartements à Alep pour des jeunes familles chrétiennes. Le chantier a dû être interrompu à cause des combats et certaines familles ont tenu à récupérer leur argent, même si la livre syrienne s’est effondrée. Juste après le début des frappes russes, une famille nous a suppliés de la reprendre à nouveau dans le projet. Ils croyaient à nouveau à la possibilité d’une solution position.

Mais, depuis le début des bombardements russes, l’État islamique s’est rapproché d’Alep. Ne craignez-vous pas une prise de la ville?

Cela ne veut rien dire. Comme Raqqa, le fief de l’État islamique, est visé, il est logique que les djihadistes se soient repliés aux abords d’Alep, où ils ont toujours été présents. L’armée syrienne semble avoir renforcé ses positions dans la ville.

Sur le terrain, ce sont surtout les rebelles anti-Assad qui combattent l’État islamique.

Peut-être mais ils les avaient auparavant invités en Syrie. Quand il est apparu que l’État islamique voulait en réalité les dominer et créer son propre califat, ils se sont alors mis à le combattre.

N’y a-t-il pas de rebelles syriens qui trouvent grâce à vos yeux?

Les rebelles modérés existent encore mais ils sont trop peu nombreux. La plupart ont fui le pays ou se sont réconciliés avec d’autres factions. La majorité des musulmans syriens sont modérés. Mais leur voix est étouffée par les cris des plus aguerris et des plus fanatiques. C’est une autre forme de dictature.

L’avenir de la Syrie peut-elle passer par le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad?

Pas nécessairement mais le problème est que 80% de ses opposants sont des fondamentalistes. Nous réclamons un régime démocratique, pluraliste et non-confessionnel, gardien de la liberté religieuse des nombreuses dénominations de Syrie. Si les djihadistes et les autres groupes étaient prêts à garantir que nos fidèles ne soient pas égorgés, exécutés ou obligés de renier leur foi pour trouver un emploi ou un logement, nous ne verrions pas d’inconvénient à ce qu’ils exercent le pouvoir. Mais ce n’est pas le cas. Nous ne voyons donc pour le moment pas d’alternative au régime de Bachar el-Assad.

Vous ne voyez vraiment personne à même de le remplacer, alors qu’il a tellement de sang sur les mains?

Vous savez, c’est un homme cultivé et ouvert. Il a d’ailleurs épousé une femme née et éduquée au Royaume-Uni. Cela montre une sympathie pour l’éducation à la démocratie et aux valeurs qu’elle a reçues. Ce n’est pas vraiment le profil d’un fanatique. Bachar el-Assad n’est pas aussi mauvais que vous le dites en Occident, où la vision de la situation est contaminée par l’argent versé par certains pays. Ils ont intérêt à affaiblir la Syrie mais, contre toute attente, elle résiste encore. Bachar el-Assad a-t-il plus de sang sur les mains que les autres? Franchement, je n’en sais rien. Au début du conflit, il a plutôt fait preuve de retenue. Ce n’est pas le pire président de la région et il est encore aimé en Syrie. Il ne demanderait sans doute pas mieux que de sortir de ce guêpier. Une fois la guerre terminée, je ne serais pas surpris qu’il ne se représente pas à de nouvelles élections. De toute façon, le camp loyaliste devra forcément être inclu dans le futur règlement de paix.

Rangez-vous tous les chrétiens dans le camp du président?

Non. Ils ne sont pas nécessairement tous loyalistes, mais ils trouvent que jusqu’à présent ils n’ont pas été maltraités par ce régime. Nous voulons surtout la fin de la guerre et son cortège d’atrocités et la réconciliation et la concorde entre tous les Syriens.

Source : Le Temps

28 janvier 2016


L’archevêque d’Alep en Syrie : l’incitation à l’immigration est “une déportation”

Publié le 28 janvier 2016 dans International


La 7ème Nuit des Témoins se tiendra ce vendredi soir à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Milices armées, Bachar Al-Assad, immigration : Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque d’Alep en Syrie, racontera la situation dans son pays. Il était notre Grand Témoin.
Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart la connaît bien. Et pour cause : il y a vu le jour en 1943 au sein d’une famille grecque-catholique melktite de douze enfants. ordonnée prêtre en 1968n cela fait maintenant plus de 20 ans qu’il est archevêque d’Alep. Une ville de Syrie qui, il y a deux ans encore, était inaccessible. « C’était très difficile de se déplacer et de maintenir des liens avec l’extérieur », raconte-t-il, « désormais, nous pouvons maintenant sortir, il y a une route latérale qui nous permet d’aller jusqu’au Liban pour prendre l’avion, les lignes téléphoniques fonctionnent de nouveau, l’internet reprend ». La vie quotidienne n’est pas pour autant meilleure : pas d’électricité, pas d’eau. « Notre eau vient de l’Euphrate, les canalisations ont été coupées par les rebelles », explique Mgr Jeanbart, « Alep est une ville de trois millions d’habitants, imaginez ce que c’est sans eau ! ». Autrefois, plus d’un million d’ouvriers travaillaient dans les usines, Alep étant la ville la plus industrialisée d’Orient. « Ces usines ont été rasées par les rebelles ».

« De très bonnes relations avec les musulmans »Umayyad Mosque in Aleppo
Pour autant, la moitié des chrétiens sont restés sur place. Du coup, explique l’archevêque d’Alep, « l’affluence est plus importante aux célébrations religieuses, les gens viennent plus qu’avant. Nous n’avons aucun problème à vivre notre vie religieuse là où il y a le gouvernement. Nous avons de très bonnes relations avec les musulmans. Ils représentent 80 % des habitants ». Mgr Jeanbart souligne également que les écoles sont toujours debout, accueillant à la fois des élèves chrétiens et des élèves musulmans.

L’immigration : une Syrie vidée de ses « forces vives »

Quelques chiffres qui en disent long : avant le début de la guerre, la Syrie comptait 22 millions d’habitants. Aujourd’hui, 12 millions de personnes ont perdu leur logement. 8 millions ont été déplacées à l’intérieur du pays et 4 millions sont parties à l’étranger. « Devant cette grande catastrophe qu’est l’exode des chrétiens, il ne faut pas baisser les bras, même si on se demande toujours si tout le monde ne va pas partir », lance Mgr Jeanbart qui n’hésite pas à parler de « déportation ». Et l’archevêque d’Alep d’expliquer :« Nous avons vu non seulement des gens partir, mais aussi des pays offrir le transport par avion gratuit, donner des visas à peine demandés… Tout à coup, on les emmène, on prend les quelques forces humaines restantes… C’est comme si c’était une déportation ». Un mot fort, que reprend à son compte le directeur général de l’AED en France, Marc Fromager : « Derrière ce mot, il y a l’action voulue et organisée de prélever de la Syrie les forces vives, on peut parler de rapt« , ajoute-t-il, « La plupart des migrants arrivés cet été en Europe sont des hommes jeunes, qui pourraient reconstruire le Moyen-Orient, notamment la Syrie, lorsque la guerre sera terminée. Si tout le monde est parti, qui va reconstruire ce pays ? Le mot ‘déportation’ est fort mais correspond à la réalité ».

Un complot occidental ?

Mgr Jeanbart, lui, va plus loin et s’interroge : « C’est la première fois de l’histoire que des centaine de milliers de personnes se déplacent comme ça, sous les yeux de la Turquie qui avait les moyens de les empêcher de passer. Cela justifiait auprès de l’opinion publique un silence et un laissez-faire face à d’éventuelles frappes », souligne l’archevêque d’Alep, « je suis de plus en plus persuadé qu’il y avait un complot pour justifier une intervention militaire musclée en Syrie. Un complot des Etats-Unis, de l’Europe, de l’OTAN. Mais la donne a changé avec l’intervention soudaine russe, ils ont été pris de court ». Mgr Jeanbart le répète, il ne s’agit là pas d’une information mais d’une opinion personnelle. Il rappelle également que le pape François a, dès le début du conflit, été très positif envers la Syrie en demandant qu’il n’y ait pas de frappes. « Il a toujours poussé à une solution politique ». Revenant sur la situation des migrants, il rappelle les deux points de vue. Le point de vue occidental d’abord : « Si des réfugiés arrivent, il faut les accueillir, on ne peut pas les laisser dans leur souffrance et leur désarroi ». Le point de vue syrien, ensuite : « De notre côté, partir fait du tort au pays et aux immigrants eux-mêmes, car ils rêvent d’un monde meilleur. Ce monde meilleur, s’il y a des réformes dans le pays, ils l’auront sur place, peut-être mieux qu’en Europe ».


Pourparlers : « un signe d’espoir et de sérieux dans la recherche d’une solution politique »

Évoquant les discussions politiques : « Je trouve que la solution politique serait que tout le monde mette un peu d’eau dans son vin, on ne peut pas parler de vin avec nos frères musulmans qui ne boivent pas, c’est une expression », explique dans un sourire Mgr Jeanbart, « il faut que l’on trouve un dénominateur commun qui puisse mettre à l’aise tout le monde ». Il explique : « Le gouvernement syrien refuse absolument que le dénominateur commun soit religieux, confessionnel. Il tient à un pays laïc, non dans le sens opposé à l’islam ou au christianisme, mais laissant le domaine religieux dans le privé, séparé de la politique ». L’opposition rebelle n’est évidemment pas d’accord. Pour l’Archevêque, le Président Bachar Al-Assad n’est donc pas le problème. Opinion partagée par Marc Fromager : « C’est aux Syriens de décider », dit-il, « vu la dangerosité de l’Etat Islamique qui commence à se retourner contre ses parrains originaux – locaux comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie ou occidentaux comme les Etats-Unis, la France et l’Allemagne – et avec l’intervention russe qui redistribue les cartes dans la région, on peut espérer qu’un jour tout le monde se mettra d’accord sur la nécessité de réduire sérieusement la capacité de nuisance des l’EI, mais pour le moment nous n’y sommes pas encore… Si l’on voulait vraiment mettre fin à cette guerre, la seule solution est pour le moment le scénario russe, défendre l’Etat syrien, d’attaquer l’ensemble des rebelles, y compris les pseudo-modérés qui n’existent pas..

Pire sans Bachar Al-Assad ?

Mgr Jeanbart défend, lui aussi, le maintien de la structure politique actuelle : « En maintenant le gouvernement, l’armée, l’Etat, on sauvegarde le pays d’une guerre civile. Si le régime coulait, le Président s’en allait, ce serait une infinité de guerres locales partout. Les gens s’entre-tueraient. Ce serait terrible.Bachar Al-Assad n’est pas seulement une personne, un symbole, il a toute une population derrière lui… Il faut donner la possibilité à la Syrie de continuer à vivre. Si la Syrie n’est plus gouvernable, les pays limitrophes pourront prendre une partie du pays et faire ce qu’ils veulent. Il faut éviter le chaos. Sans ça, vous n’aurez plus de chrétiens, de minorités, il y aura des atrocités ».

Le grand entretien. Mgr Jean-Clément Jeanbart : « La France n’aurait jamais dû soutenir la rébellion syrienne »

L’archevêque d’Alep était l’invité jeudi 21 avril 2016 de l’association SOS chrétiens d’Orient qui lui a remis un chèque de 150 000 euros destiné à la reconstruction de sa ville martyre.

Quelle est la situation à Alep ?
Mgr Jean-Clément Jeanbart : La trêve a été interrompue. De violents combats ont eu lieu autour de la ville qui vont causer de nouvelles violences et un nombre croissant de victimes. Certains États ne veulent pas la paix dans les circonstances actuelles et espèrent au contraire que la situation se renverse. Je pense à la Turquie en particulier mais aussi Israël et l’Arabie saoudite. Une solution diplomatique compromettrait leur objectif de voir la Syrie se désintégrer. Les djihadistes sont pris en étau tandis que l’armée est sur le point de les encercler. Les Alepins sentent qu’une grande offensive approche et sont profondément préoccupés. Approximativement un million de personnes sont encore dans la ville. Pour vous donner une idée, avant la guerre plus de trois millions d’habitants vivaient à Alep. Il est donc terrible de voir cette ville en pleine expansion ainsi démolie…

Malgré tout, peut-on croire en une issue prochaine du conflit ?
Je pense que oui dans le mesure où de nombreuses personnes de l’opposition ont réalisé qu’il était absurde de continuer de s’entretuer. D’un autre côté, l’opposition basée à Ryad (Arabie saoudite, ndlr), la plus réticente aux négociations, a finalement rejoint la table des négociations à Genève. Troisièmement, la conjoncture internationale a considérablement changé, autant pour l’Europe qui subit la menace du terrorisme que pour les États-Unis et la Russie qui s’accordent. On est arrivé à un point où exclure la Russie n’est plus possible, contrairement à ce qu’espérait au départ l’OTAN. Après son intervention et son succès.

Vladimir Poutine se place désormais en grand défenseur des chrétiens d’Orient, ressentez-vous les choses de la même manière ?
Il peut bien se présenter comme il veut ! Mais il faut reconnaître que nous avons été soulagés par l’intervention russe parce qu’elle a éloigné les terroristes les plus fondamentalistes, Daesh et al-Nosra qui sont ceux qui inquiètent le plus les chrétiens. Même les musulmans syriens ne sont pas épargnés par ces islamistes : la majorité des musulmans de Syrie sont modérés, considèrent que la religion est importante au même titre que leur citoyenneté. Dans ce pays, demander à quelqu’un sa religion est presque impoli. Ce qui compte c’est que l’on vive ensemble et que l’on partage une nationalité. Cela ne veut pas dire que la société était parfaite, il y avait beaucoup de réformes importantes, mais sur le plan de la laïcité du moins la situation convenait à tous.

Quelle est votre position vis-à-vis de Bachar el-Assad ?
Notre position est la suivante, vis-à-vis de qui que ce soit : notre avis sera positif dès l’instant où cette personne nous donnera le droit de vivre décemment dans notre pays. Celui qui vient et qui nous garantit ce droit et la liberté d’être nous-mêmes, d’avoir notre religion tout en étant un citoyen avec tous les droits et devoirs que cela comporte, celui-là est le bienvenu. Nous craignons que l’opposition ne soit pas capable de nous donner cet élément indispensable à notre vie dans ce pays qui est le nôtre finalement. Par la force des choses, nous refusons donc la rébellion telle qu’elle se présente. Nous ne refusons pas une opposition modérée, capable de vivre en harmonie avec toutes les différentes populations.

Vous refusez de personnaliser le conflit en quelque sorte ?
Oui car c’est en réalité un conflit entre différentes façons de concevoir la citoyenneté : une identité monolithique et confessionnaliste face à une identité laïque où le citoyen se sent fils de ce pays parce qu’il y est né, qu’il remplit son devoir pour celui-ci, qu’il le sert et veut le bâtir. En parallèle, qu’il soit musulman ou chrétien, l’important est qu’il soit libre. Nous sommes favorables à cette dernière conception des choses et soutiendrons la personne – ou le groupe ou gouvernement – qui nous donnera cela. […]

La politique de la France envers la Syrie vous a-t-elle déçu ces dernières années ?
Oui parce que nous aimons la France et que c’est un pays que nous considérions comme ami. Nous avons passé beaucoup d’années à étudier la langue, la culture, la littérature et l’Histoire de votre pays. Nous sommes d’une certaine manière des enfants de France. Vous comprenez alors que cela nous déconcerte de la voir nous délaisser comme cela parce que nous ne sommes pas assez riches à ses yeux, elle à qui nous avons donné notre cœur et pour laquelle nous avons tout tenté pour la faire aimer de nos concitoyens.

Qu’aurait dû faire le gouvernement français selon vous ?
Ne pas soutenir la rébellion armée. S’il n’y avait pas eu d’opposition armée, nous aurions fait partie de l’opposition ! Il fallait faire un effort pour améliorer ce qui existait et non pas soutenir ceux qui détruisent tout.

Les relations tendent à s’améliorer ?
Oui sans aucun doute, beaucoup de sénateurs, de députés ont visité dernièrement la Syrie et commencent maintenant à revenir sur leur position initiale. On sent qu’il y a davantage de discrétion dans les déclarations et moins d’agressivité.

Comment percevez-vous l’initiative du pape François de ramener des musulmans avec lui jusqu’au Vatican ?
C’est une très bonne chose ! C’est un signe envoyé aux musulmans que les chrétiens les aiment et c’est un fait, nous les aimons et ne leur voulons que du bien. Mais il faut qu’ils nous aiment aussi et qu’ils n’aient pas peur de nous. Il ne faut pas interpréter d’une mauvaise façon le geste du Pape et croire qu’il encourage les Syriens à quitter leur pays, je suis sûr que ce n’est pas ce qu’il souhaite. Cela me plaît que François sème un peu de doute sur son action, qu’il veuille n’être que Miséricorde et non pas un instrument politique. Tout comme lorsque le Saint-Père invite chaque paroisse à accueillir une famille. Il n’a pas dit que tous les Syriens devaient aller vivre en France mais seulement que ceux qui étaient déjà sur place, désemparés, puissent être accueillis. Il y a une grande différence entre « Accueillez-les tous » et « Soutenez une famille dans la détresse ». […]

Propos recueillis par Arthur Herlin


Les merdes d l'OTAn,des USA ,GB,Hollande au Moyen-Orient<2012
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