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Questions à poser aux politiques en 2017 ,avant de voter.
GUERIN


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PublicitéSupprimer les publicités ?
Une discrète ordonnance prise en catimini au cœur des vacances d’été, le 20 août.
En cas de crise bancaire, les épargnants seront en première ligne et ils subiront de lourdes pertes, le tout dans la plus parfaite légalité.


rétablir la transparence fiscale
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Conclusion :

Colbert énonçait quelques siècles auparavant que l’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. Certaines traditions françaises résistent visiblement à l’épreuve du temps. Il est temps de rompre avec cette vision cynique visiblement au cœur de la politique fiscale française pour renouer avec une plus grande transparence budgétaire.

Il en va après tout de la capacité des citoyens à évaluer leurs dirigeants et la compétitivité des politiques publiques.


DROITE ,CENTRE ou GAUCHE =Le 4 Août n'est pas pour demain
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À coup sûr, lors des prochaines élections législatives programmées vers juin 2017, la plupart des députés socialistes, c’est à-dire l’actuelle majorité à l’Assemblée nationale, perdront leur siège. À moins d’un miracle improbable, peu seront réélus, les autres seront balayés. Les électeurs les remplaceront par d’autres têtes, plus centristes, plus à droite.

Comme l’indiquent les sondages, le mouvement de balancier a commencé. Tel est le contexte idéal pour que, à l’image d’Hernan Cortez brûlant ses vaisseaux, ou des Helvètes qui, après la mort d’Orgétorix selon César[1], mirent le feu à leurs villes et villages pour s’interdire tout retour en arrière, la cohorte de députés socialistes sur le départ marque à jamais le Parlement où les électeurs les ont envoyés, sans doute pour faire une politique différente de celle conduite actuellement. Une occasion unique est en effet offerte à ces élus promis au reclassement professionnel de laisser une trace dans l’histoire, comme l’ont fait les Constituants de 1789.

Grâce aux médias, aucun Français n’ignore les privilèges que nos élus se sont octroyés depuis des décennies. Ces avantages catégoriels sont non seulement exorbitants au regard du droit commun mais, dans un pays obsédé par l’égalitarisme, sont sources de ressentiment et colère.

Démocratie du soupçon

Alimentant la « démocratie du soupçon », ce favoritisme corporatif produit un populisme vigoureux qui, désormais, débouche sur la dénonciation d’une caste qui s’est arrogée des privilèges indus. Pour les élus de la nation, le moment est venu de montrer qu’ils sont décidés à s’appliquer à eux-mêmes la morale qu’ils prêchent le dimanche sur les marchés et sur les plateaux de télévision, mais qu’un grand nombre rechigne à pratiquer. Il reste moins d’un an à tous les députés socialistes pour écrire et faire voter une batterie de lois où figureraient, notamment :
◾Exigence d’un casier judiciaire vierge pour tout élu,
◾Alignement des peines sur le régime commun en matière de fraude dans la déclaration de patrimoine de l’élu,
◾Alignement des régimes retraites des parlementaires sur le régime des salariés du privé,
◾Obligation de justificatifs sur l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM),
◾Suppression de la gratuité à vie à la SNCF ; suppression pour les anciens ministres, leurs conjoints et leurs enfants de la gratuité à vie des vols Air France,
◾Suppression du service spécial pour les fraudes impliquant un élu,
◾Obligation pour les mairies de se porter partie civile quand un élu de la commune est impliqué dans une affaire lésant les intérêts de la ville,
◾Limitation à 67 ans de la fonction d’élu parlementaire.

Cette liste, bien entendu, n’est pas exhaustive et nombreux sont ceux qui, ayant dénoncé ce qui est faisandé dans le milieu parlementaire français, pourraient vous seconder dans l’établissement des mesures visant à l’exemplarité de votre métier. Car parlementaire est malheureusement devenu un métier, vous qui, aux yeux de tous, gagneriez à n’être que des miliciens.

Différences entre Nord et Sud

Les quelques extravagances listées ci-dessus et dont jouissent nos élus prolifèrent surtout dans les pays latins. Plébiscitant les feuilletons télévisés nordiques, les Français ont eu l’occasion de noter que, sitôt qu’on monte vers le nord de l’Europe, voire qu’on se tourne vers la Suisse ou l’Allemagne, les abus et détournements de fonds publics sont sévèrement sanctionnés.

Voilà pourquoi le temps est venu pour les élus de publiquement voter la renonciation à leurs privilèges qui, personne n’en doute, discréditent les parlementaires. Profitez encore de l’aubaine pour voter la suppression de toutes les niches fiscales, insultes au principe républicain d’égalité devant l’impôt.

Parlementaires socialistes, élus du peuple français et premiers menacés par les élections qui viennent, le moment est venu de vous réveiller et d’agir ! Osez l’impopularité face à vos pairs. Assumez la précarité qui s’annonce et jouissez de la liberté de savoir que vous n’aurez plus l’occasion de croiser très longtemps encore vos adversaires parlementaires.

Ne craignez pas de perdre les bénéfices que vous confère votre charge : la majorité d’entre vous les perdra de toute façon, au lendemain de la présidentielle de 2017 et des législatives qui suivront.

Votant maintenant l’abolition de vos privilèges, vous aurez de surcroît le plaisir de savonner la planche pour tous les députés de l’opposition qui se réjouissent de vous survivre et qui, nous en sommes convaincus, ne songent aucunement à renoncer aux privilèges de leur statut, dont ils comptent bien profiter longtemps encore.

Votant ces abandons de privilèges, quel exemple ainsi vous donneriez ! Après des décennies de parlementarisme d’enregistrement des orientations fixées par l’exécutif, les représentants de la nation reprennent leur destin en mains ! Il ne s’agirait donc plus d’évoquer abstraitement la citoyenneté, mais de prouver en actes votre attachement à l’idéal républicain.

Le jour du vote de l’abolition de vos privilèges, le Parlement fera le plein et l’ambiance dans l’hémicycle sera indescriptible. Lors du dépouillement, vous entonnerez, en cœur, la Marseillaise. On verra bien qui, sur votre droite (et parmi vous), reste assis, muet, opposé à ces mesures de bon sens voire, considérant l’état éruptif du pays, de salut public. Et l’on célèbrera longtemps ceux qui, parmi vous, seront les nouveaux vicomte de Noailles, Le Guen de Kérangal et autre évêque de La Fare !

On sera pareillement attentifs aux arguments qui vous seront opposés pour rejeter ces lois fondées sur l’éthique, la morale de la raison, le souci d’égalité entre les citoyens.

On sourira à voir les opposants ramer à contre-courant, ceux-là même qui, par leurs comportements souvent indignes, ont alimenté la vague de populisme qu’il est seyant de dénoncer sur les plateaux de télévision. N’en doutez-pas, vos débats seront largement suivis.

Députés de la majorité, osez donc votre Nuit du 4 août ! Vous rentrerez dans l’Histoire de la France.

CONTREPOINTS


Quand l'ETAT ressemble aux mafieux
GUERIN


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Nous allons essayer de faire le tour de la question afin d’étudier quelles sont les motivations pouvant justifier une suppression des billets de banque et quelle serait l’incidence de cette suppression dans la vie courante.

Nous avons tous remarqué que les banques et l’administration étatique font des efforts considérables pour nous dissuader d’utiliser d’autres moyens de paiement que la fameuse carte bancaire (bleue ou pas) présentée comme l’outil idéal de paiement ; même pour de petites sommes (mais surtout pas le chèque dont le traitement est jugé trop coûteux par les banques !).

Le cash et l’expérience de Monéo

Nous nous rappelons tous l’expérience de Monéo… qui n’a pas abouti… Et maintenant nous avons droit aux cartes permettant le paiement sans contact et je suis sûr d’ailleurs que nombre d’entre vous utilisent de manière quasi systématique leur carte bleue pour le moindre de leurs achats sans y voir autre chose qu’une simple commodité !

Dans certains pays (Japon), il est même possible de payer avec son smart phone et Visa (l’organisation qui gère la carte bleue) vient de mettre sur le marché une bague permettant le paiement sans contact.

La monnaie électronique semble donc avoir le vent en poupe, alors pourquoi s’embarrasser avec des billets de banque !

Par ailleurs, on nous dit que l’utilisation des billets de banque (principalement de 500 € pour l’instant) est essentiellement le fait des fraudeurs, des trafiquants ou pire des terroristes et qu’au nom de la sécurité que l’État doit assurer à chacun d’entre nous il faut supprimer ces billets maudits… Tout en oubliant au passage que seuls les billets de banque et les pièces émises sous contrôle de la BCE ont cours légal ; tous les autres procédés de paiement n’étant que des moyens de paiement !

Comme 98% de la population ne fraude pas ou ne trafique pas et souhaite bénéficier de la sécurité publique, soit personne ne se sent concerné, soit tout un chacun donne son assentiment au moins tacite à de telles mesures !

Limiter le cash contre le terrorisme ?

C’est ainsi, qu’à la suite des attentats de janvier 2015, les règlements en espèces ont été ramenés de 3.000 à 1.000 €, ce qui, on en conviendra, est une mesure tout à fait efficace pour dissuader les trafiquants de drogue et autres marchands d’armes de continuer leur petit business !

Il y a donc lieu de se demander si les arguments et justifications avancées sont bien réelles ou si elles ne relèvent pas plutôt d’une certaine idéologie voire d’un enfumage ?

Examinons ensemble les avantages du sans cash :
◾La carte bancaire évite de se promener avec des quantités importantes d’espèces et limite donc les risques de perte et de vol.
◾La carte bancaire est un moyen sûr et garanti.
◾Les frais sont peu élevés ou même gratuits pour l’utilisateur.
◾Elle permet des règlements internationaux et c’est vrai qu’on peut faire le tour du monde avec seulement son passeport et sa carte bancaire.

La vérité oblige à dire qu’en fait les banques détestent l’utilisation des billets de banque, quels qu’ils soient, car cela les oblige à utiliser des distributeurs bancaires, à les entretenir, à faire appel à des sociétés spécialisées pour remplir ces appareils, et à conserver du personnel pour effectuer la comptabilité et trier les billets ; tous services qui pourraient être économisés avec la suppression des billets de banque ; cette vieille relique !

De plus, le mythe de la gratuité ne résiste pas à l’examen des faits car si les commissions sont bien mises à la charge exclusive des commerçants (location d’un TPE – terminal de lecture sur lequel vous tapez votre code, commissions de transactions, frais de transmissions), il est évident que ces frais sont répercutés sur le prix final de ce qui vous est vendu et donc, finalement, c’est quand même vous qui les payez à un moment ou un autre !

Par ailleurs, sauf quelques banques en ligne, chacun paie pour disposer d’une carte bancaire et cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros par an pour certaines cartes dites privilégiées (gold, platinum…) ; sans compter les frais de tenue de compte dont on se demande bien à quoi ils correspondent…

Examinons maintenant les inconvénients de la carte bancaire ; inconvénients que tout le monde connaît plus ou moins :
◾Toutes vos opérations deviennent traçables c’est-à-dire que tout ce que vous achetez avec la CB apparaît sur un listing informatique, or il peut y avoir des achats que vous ne souhaitez pas faire apparaître (sans qu’il s’agisse d’armes ou de drogue).
◾Il existe, quoiqu’en disent les banques, des risques de fraudes non négligeables mais évidemment tant qu’on n’a pas rencontré le problème, on accepte d’autant plus facilement le discours officiel. Pourtant, un banquier m’a dit un jour : « La carte bancaire : c’est une bombe dans votre poche. »
◾Certaines personnes ont quelques difficultés à appréhender le montant réel de leurs dépenses avec une CB et ne savent pas se contrôler (tout le monde connait l’expression « faire chauffer la carte bleue ») alors qu’avec le cash « quand y’en a plus, y’en a plus ! ».
◾Les opérations de paiement sans contact présentées comme sécurisées ne le sont pas vraiment puisque j’ai demandé à titre personnel à ce que ma carte bleue soit désactivée sur ce point ; ce qui a été fait. Et, bizarrement, ma banque, la Caisse d’Épargne, s’est mise à distribuer peu de temps après des coques blindées destinées à empêcher la captation frauduleuse, au moyen d’un simple smart phone, de votre code d’émission… qui était sécurisé… mais pas tant que ça !

Mais, il y a d’autres inconvénients qu’on ne vous dit pas !
◾Régulièrement on découvre des fraudes massives liées à la collecte de données confidentielles des cartes bancaires (mais pas toujours…) mais là-dessus les banques, pour des raisons de crédibilité faciles à imaginer, restent évidemment très discrètes !
◾Si le cash est supprimé, vous n’avez plus aucun autre moyen pour vos économies que de faire aveuglément confiance aux banques qui, entre nous et spécialement en France, ne sont que la courroie de transmission plus ou moins contrainte du fisc ! La France n’est pas la Suisse et le secret bancaire n’y existe pas !
◾Si votre banque fait faillite, la formule du bail-in a été formalisée dans les textes au début de cette année ; ce qui veut dire qu’elle peut se servir sur vos dépôts pour boucher les trous de sa mauvaise gestion. Vous n’êtes plus propriétaire de votre argent mais juste un créancier de votre banque… Et il suffit de consulter la loi sur les faillites pour savoir quel est le sort réservé aux créanciers surtout lorsqu’ils ne bénéficient d’aucun privilège (garanties) !
◾Bien sûr on vous dira : pas d’inquiétude les dépôts sont garantis jusqu’à 100.000 € ! En oubliant de vous donner un petit détail non négligeable : c’est que le fonds de garantie s’élève à 5 milliards d’€ et que le total des dépôts des Français dans les banques s’élève à 10.000 milliards d’€, autrement dit, le fonds de garantie ne garantit rien du tout ou pas grand-chose !
◾Évidemment, à partir du moment où toutes vos transactions sont connues, le fisc peut suivre les moindres de vos dépenses, et comme les services de Bercy nous considèrent tous comme des fraudeurs, c’est la porte ouverte à toutes les dérives sans échappatoire possible ; notamment si vous êtes en conflit avec l’administration fiscale pour des raisons tout à fait autres !
◾Si le cash est supprimé, finis les petits billets glissés aux petits enfants par les grands parents, finis les dons manuels, finis les petits arrangements hors TVA ou hors charges sociales pour des petits travaux, pour la baby sitter, la tonte de la pelouse, la femme de ménage…
◾À l’époque du franc, les politiques avaient trouvé un moyen simple de lessiver des dettes trop encombrantes : l’inflation et la dévaluation mais aujourd’hui, avec l’euro, cela n’est plus possible puisque cette monnaie n’est pas contrôlée par un État. Néanmoins, si le cash est supprimé, rien n’interdit, comme on en prend actuellement le chemin du fait des pratiques récentes des banques centrales, de vous appliquer des taux d’intérêts négatifs sur vos avoirs bancaires ; intérêts négatifs qui ne seront alors qu’une inflation déguisée permettant de lessiver à bon compte et sur votre dos les dettes faramineuses d’un État français qui se limite à gérer une dette qui ne fait qu’enfler… Alors que si vous avez la possibilité de retirer du cash, les banques ne peuvent pas vous appliquer cet intérêt négatif sous peine de voir les dépôts bancaires disparaître (notamment vers les banques ne pratiquant pas le taux d’intérêt négatif ou au moyen de retraits massifs en espèces) et avec le risque de provoquer l’effondrement du système bancaire !
◾Le but d’une telle pratique des taux négatifs peut d’ailleurs être aussi tout simplement d’orienter votre comportement et de vous contraindre à dépenser vos économies plutôt que de les stocker à ne rien faire sur un compte (car avoir des économies ne sert à rien, c’est bien connu !) ; toute consommation entraînant d’une part une certaine forme d’activité économique mais aussi et surtout la possibilité de vous appliquer une taxe à la consommation (une TVA à 20% par exemple et dans ce cas 100 € dépensés en rapportent 16.67 € à l’État !).
◾La suppression du cash vous retirera toute liberté de choisir un mode de thésaurisation de votre épargne (si cela vous plait de mettre des billets sous votre matelas parce que vous n’avez pas confiance dans votre banque ou dans l’État pour des raisons qui ne regardent que vous), vous n’avez plus le choix ; vos avoirs sont bloqués en banque à la merci d’un évènement malheureux comme celui qui est arrivé à Chypre !
◾Car, si le cash est supprimé, rien n’interdit à un État impécunieux de faire une petite razzia appropriée sur les comptes bancaires (le programme informatique existe déjà à Bercy : il n’y a plus qu’à appuyer sur la touche RETURN !) : ce que dans un jargon imagé on appelle la répression financière et certains journalistes « l’extrême ponction », surtout que… on n’est jamais à l’abri d’un accident de parcours à la suite d’un évènement international imprévu ou d’une vilaine crise financière internationale mettant brutalement fin au système de l’argent à taux zéro (comme par exemple la sortie de l’Allemagne de la zone euro car c’est bien le seul pays qui pourrait en sortir sans dommage… ce qui mettrait fin immédiatement à la crédibilité de l’euro) ! Car alors, il est tout à faire naturel pour la caste qui dirige la France que sa mauvaise gestion des deniers publics ait pour conséquence d’aller piocher dans vos économies !

Évidemment, il y aurait bien quelques petits effets pervers à une telle suppression car il existe toute une petite économie fonctionnant à partir du cash (petits travaux…) et qui n’aurait pas lieu s’il fallait y ajouter des charges sociales, dont tout le monde connaît le montant beaucoup trop élevé ; sans compter que cet argent qui circule le fait en général assez vite c’est-à-dire qu’il n’est pas conservé par leurs bénéficiaires mais est immédiatement réutilisé pour financer autre chose !

Le cash, manque à gagner du fisc

Le problème réel de cette volonté de supprimer les billets de banque est que le fisc y voit surtout, dans sa logique bien à lui, un « manque à gagner » qui n’est rien d’autre qu’un manque à taxer et une économie souterraine qu’il voit énorme et susceptible de lui rapporter un maximum de nouvelles recettes fiscales ; sans se rendre compte que du jour où il n’y aura plus de cash, il n’y aura plus cette économie souterraine et que tout le monde y perdra, ou alors mutera vers une forme différente (troc) ; car on ne peut pas lutter contre une adaptation ou un contournement de règles administratives à la fois trop contraignantes et inutiles !

À cela s’ajoute un fantasme récurrent de l’administration fiscale : des milliards sont planqués dans les lessiveuses, fantasme déjà exprimé en 2002 lors du passage à l’euro et à l’occasion duquel les autorités voyaient déjà un déferlement de monnaie à convertir (les gens allaient faire des queues énormes aux guichets avec des valises pleines à craquer de billets).

Ce déferlement n’a curieusement pas eu lieu… on se demande encore bien pourquoi !

Il ne faut pas non plus oublier que le montant des billets de banque en circulation est bien moins important que le total des dépôts (entre 5 et 10%) ce qui veut dire que déjà 90% des dépôts sont constitués par de la monnaie scripturale et ne sont déjà plus qu’une ligne informatique dans les réseaux bancaires !

C’est aussi un fantasme du fisc que de vouloir contrôler tout le monde pour être bien certain que personne ne fraude ; d’autant plus que, selon la doxa officielle de Bercy, la fraude fiscale s’élèverait à 80 milliards d’euros par an, et que, sans fraude, le déficit budgétaire se trouverait ipso facto comblé. Formidable raisonnement qui permet d’affirmer, sans sourciller, aux termes d’une affirmation sophistique que c’est à cause des fraudeurs que l’État français se trouve en déficit et non à cause de la mauvaise gestion des deniers publics à propos de laquelle personne n’est jamais responsable et aucun politique ne veut rien changer !

On peut rappeler les pouvoirs de TRACFIN en la matière !

Or, la vérité oblige à dire que l’État n’est rien d’autre qu’un prédateur fiscal qui veut en savoir le plus possible sur vous pour pouvoir vous tondre au maximum et la mise en place du prélèvement à la source entre dans cette démarche.

On comprend vite que l’argument prétendument sécuritaire (dont on a pu mesurer toute l’efficacité : environ 250 morts et 800 blessés), des bandits, trafiquants, terroristes et autres utilisateurs du cash n’est que le faux nez des méthodes inquisitoriales du fisc !

D’ailleurs, on retrouve curieusement ce même argument à propos des nouvelles monnaies numériques (Bitcoin et autres) qui sont elles aussi « aux mains des trafiquants » parce qu’elles ont surtout le gros défaut de ne pas être contrôlées et contrôlables par les États !

En fait, la suppression des billets de banque n’est rien d’autre qu’un empiètement supplémentaire sur votre liberté, une forme de totalitarisme rampant destiné à accroître le contrôle de l’État et de ses fonctionnaires sur les populations alors que chacun devrait pouvoir être libre de pouvoir disposer comme il l’entend de son argent, la plupart du temps fruit de son travail ou résultat d’une vie d’économies !

Avec un système sans cash vous devenez l’usufruitier contraint de votre propre argent dont l’État veut même pouvoir en contrôler l’usage !

On retrouve les mêmes dérives à propos des différents projets de lois et lois votées concernant le secret des communications et la cryptographie avec la volonté d’imposer aux éditeurs de logiciels des « back doors » en français « portes dérobées » permettant aux administrations étatiques, à partir de critères variables et fumeux, de violer impunément le secret des communications !

Les présidents de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et du Conseil national du numérique (CNNum) ont d’ailleurs publié dans le quotidien Le Monde une tribune selon laquelle « le chiffrement – et les libertés fondamentales dont il permet l’exercice – constitue un rempart contre l’arbitraire des États. Il nous protège aussi contre le contrôle croissant des acteurs économiques sur nos vies ». Sic !

La société sans cash, société surveillée

Il ne faut pas se faire d’illusion, nous vivons dans une société où le contrôle de l’État est de plus en plus pesant et intrusif, la liberté qui nous reste n’est que celle qui nous est autorisée par ce même État !

Alors, que nous reste-t-il si on ne veut pas que tous ses avoirs n’existent plus seulement que sous forme de monnaie scripturale ?

Bien entendu, à notre niveau, nous n’avons aucun moyen d’action sur les agissements de la caste qui dirige le pays… Nous ne pouvons que réagir et nous organiser pour prendre des mesures préventives telles que l’achat de biens tangibles (immeubles, mais taxés de plus en plus surtout si c’est pour un projet de location), les matières premières (comme l’or mais très taxé en France, l’argent métal ne vaut plus rien), vous lancer dans l’achat d’actifs financiers (obligations d’État à taux 0 donc qui ne rapportent rien ; actions, ce qui est très risqué à ce jour ; assurance-vie, mais les taux sont à la baisse aussi puisque l’assurance vie est investie en obligations d’État qui désormais tangentent avec le taux 0 et le projet de loi Sapin 2 en cours d’étude contient des dispositions inquiétantes visant à bloquer les taux et les remboursements, sans oublier que les 1.600 milliards d’euros d’encours de l’assurance vie sont à la merci d’une petite prédation fiscale) ou encore dépenser comme acheter une voiture neuve (les Grecs l’on fait en masse en 2015 lorsqu’ils ont pensé que leur pays allait sortir de la zone euro et qu’ils allaient se retrouver avec une nouvelle drachme ne valant pas plus qu’un billet de Monopoly) ou autres mesures telles que l’ouverture d’un compte à l’étranger (révélé à l’administration fiscale bien entendu) dans un pays qui ne prétend pas abolir le cash ou enfin utiliser les cryptomonnaies telles que le Bitcoin mais très spéculatives, et à la sécurité pas toujours assurée !

Notre seule chance pour l’instant est de faire partie de la zone euro au sein de laquelle plusieurs pays sont ouvertement opposés à la suppression des billets de banque qui sont chez eux beaucoup plus utilisés qu’en France !

De ce fait, le risque immédiat apparaît pour l’instant limité. Mais rien n’interdit par contre à un État (comme la Grèce par exemple) de faire facturer par les banques une taxe sur l’usage du cash, notamment lors du retrait au guichet bancaire !

Nous savons bien, de toutes les façons, que l’imagination de la caste au pouvoir est sans limites sur ce plan-là…
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http://podcast.bfmbusiness.com/channel11/20161207_interview_1.mp3

Vous trouverez l’enregistrement audio de cet échange ici.

Après avoir évoqué le métier de la banque et les difficultés que posent les taux bas, Nicolas Doze, qui parle en se mettant dans la peau d’un dirigeant de banque, indique (à 2 minutes et 9 secondes de cet enregistrement) :

« Ce que je ne trouve plus dans mon métier, je le prends dans les poches de mes clients […]

Et mon rêve, mon rêve serait de facturer les dépôts. Vous déposez 100 et je vous crédite de 98,50. Génial ! Le problème c’est qu’alors à ce moment-là les gens ne vont plus aller à la banque mettre leur argent.

Donc si on veut facturer les dépôts, avant, il faut discrètement supprimer l’argent liquide. Et ça va être compliqué. »

Là vous entendez quelques ricanements condescendants…

« Mais c’est ça le fil de l’histoire ! », proteste Nicolas Doze

À cet instant, Soumier se met à réfléchir tout haut…

« Pour ne pas aller à la banque, on met l’argent sous le matelas. Pour qu’il n’y ait plus d’argent sous le matelas, il ne faut plus qu’il y ait d’argent… »

Ce que je vous raconte depuis des années pénètre maintenant dans les studios d’une radio de grande écoute.

Oui, la suppression du cash est organisée

La suppression du cash est organisée, voulue et n’a rien à voir avec la traque de méchants terroristes ou de vilains trafiquants qui ne veulent payer aucun impôt.

Elle est indispensable pour tenter de sauver le « système », ce système selon lequel les banques créent de l’argent qui ne leur coûte rien (ce qu’explique Jean-Marc Daniel dans la suite).

Cet argent finance la Parasitocratie (politiciens soutenant l’accumulation de déficits mais ne levant pas par lâcheté les impôts correspondants, grosses entreprises parapubliques, multinationales ayant une bonne note de crédit, industries subventionnées par nos impôts…). Ce système qui punit notre épargne et alourdit nos impôts.

Pour tenter de vous opposer à ce complot à ciel ouvert, c’est simple, signez la pétition.

Cette ponction des dépôts et ce vol légalisé deviendront indispensables au fur et à mesure que les taux bas s’éternisent.

Une dette insoutenable ? Pas de problème : il y a des épargnants !

La Banque centrale européenne va communiquer sur sa politique monétaire.

La diminution des rachats obligataires au rythme de 80 milliards d’euros par mois ferait monter les taux d’intérêt à long terme des dettes émises par les pays de la Zone euro. Les finances publiques de ces pays ne peuvent les supporter.

Prolonger le système implique de continuer à forcer les taux à la baisse… ce qui asphyxie les banques, rend indispensable l’instauration de taux négatifs sur les dépôts, et nécessite la disparition du cash…

Que va faire la Banque centrale européenne ?

« Higher political uncertainty may lead to more domestically focused, growth-hindering policy agendas[…] This, in turn, could delay much needed fiscal and structural reforms and could in a worst-case scenario reignite pressures on more vulnerable sovereigns […] concerns about debt sustainability might re-emerge despite relatively benign financial market conditions »

En substance : les doutes sur la soutenabilité de la dette vont recommencer à émerger.

Pour rendre une dette « soutenable » selon nos chères autorités monétaires, il faut tout simplement que les intérêts de cette dette soient nuls…

À ce moment pas de problème, la dette peut tendre vers l’infini car 0% d’intérêt sur l’infini… Ah tiens, non, en mathématiques 0 x ∞ est une forme indéterminée. On ne sait pas ce que ça donne. Et dans notre cas, je dirai que ça donne une crise financière et monétaire comme on n’en a jamais vu.

Simone Wapler
Le site de l'auteur
Simone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l'éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd'hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers. Elle a publié "Pourquoi la France va faire faillite" (2012), "Comment l'État va faire main basse sur votre argent" (2013), "Pouvez-vous faire confiance à votre banque ?" (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles

NOTEZ : avant de voter en 2017

La Commission européenne a annoncé jeudi dernier qu'elle allait poursuivre, devant la Cour européenne de justice, six pays européens qui n'ont pas encore transposé dans leur droit national la "Directive sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances" (BRRD pour Bank Recovery and Resolution Directive). Rappelons que cette directive "BRRD", permet, lorsqu’une banque fait faillite, de solliciter les actionnaires (rien de plus normal), ensuite les détenteurs d’obligations émises par la banque (normal également) et, si cela ne suffit pas - voici l’innovation déterminante de cette directive - de ponctionner les comptes des clients, ce qui n’est rien d’autre qu’un vol légal, une remise en cause du droit de propriété, un véritable scandale. Normalement seuls les comptes de plus de 100.000 euros peuvent servir au renflouement, mais cette garantie s’avère illusoire et tous les épargnants seront évidemment touché.

Ces six pays sont la République tchèque, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie et la Suède. Tiens, il n’y a pas la France ! Effectivement, nous l’avions laissé passer, cette transposition a déjà eu lieu, mais pas devant l’Assemblée nationale et le Sénat, ce qui lui aurait assurée une publicité bienvenue pour le citoyen-épargnant, et aussi très gênante pour le lobby bancaire et le pouvoir. Non, cela s’est simplement passé via une discrète ordonnance prise en catimini au cœur des vacances d’été, le 20 août.

Chacun doit désormais le savoir, si votre banque fait faillite, elle aura légalement le droit de se renflouer en puisant dans vos comptes, que ce soit en France ou très bientôt dans la totalité des pays européens.

On ne peut d’ailleurs manquer de s’interroger sur l’empressement de la Commission européenne à faire adopter cette directive et à pourchasser les derniers retardataires, "il est extrêmement important que ces règles soient en place dans tous les États membres" explique-t-elle dans un communiqué. Les poursuites devant la Cour européenne de justice ne sont tout de même pas si fréquentes, et bien d’autres directives accumulent des retards dans tel ou tel pays.

Des personnes bien informées, à Bruxelles, craindraient-elles une prochaine crise financière et bancaire ?


L'UE des copaine et des coquins
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https://docs.google.com/gview?url=http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20131212IPR30702/pdf&embedded=true


http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl3939.asp


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GUERIN a écrit:
Une discrète ordonnance prise en catimini au cœur des vacances d’été, le 20 août.
En cas de crise bancaire, les épargnants seront en première ligne et ils subiront de lourdes pertes, le tout dans la plus parfaite légalité.



https://docs.google.com/gview?url=http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/content/20131212IPR30702/pdf&embedded=true


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Les socialistes et la religion!
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Les proches ne seront plus consultés mais seulement informés du prélèvement et ne devraient pas être en mesure de le refuser. Selon Jean-Louis Touraine, cela évitera aux familles de se poser un cas de conscience dans un moment difficile de deuil. Bien entendu, encore une fois c’est pour notre bien.

Que le prélèvement d’organes sauve des vies est un fait incontestable, mais peut-on le rendre obligatoire sous ce seul prétexte, et ne plus laisser aux proches ou au défunt le « bénéfice » du doute ou de la réticence ?

Don d'organe - René Le Honzec -Contrepoints333En bons socialistes, les députés pensent que si l’on ne protège pas sa propriété privée, c’est à ses risques et périls. Et c’est bien cela qui est odieux : alors que l’État devrait être le garant de la propriété privée, de la sécurité de l’individu, au contraire il considère que notre corps lui appartient par défaut. C’est à l’individu de faire la démarche de se protéger, même (et surtout) de l’État.

Quand on sait le peu de crédit accordé aux lettres d’adieu des suicidés qu’on ranime de force sans tenir compte de leurs volontés écrites, on peut se demander si même en les mettant sur un registre les vœux du défunt seront respectés.

Les Monty Python en avaient fait un épisode du Sens de la Vie (The Transplantation), où des médecins venaient prélever de force le foie d’un homme qui s’en « servait encore » mais qui, parce qu’il avait une carte de donneur, n’avait plus de droit sur son organe. Drôle et surréaliste.
Mais cette fois c’est la réalité. Votre propre corps ne vous appartient plus. La politique constructiviste de ce gouvernement ne se cache même plus.
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Une économie n’est pas une baignoire géante
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Prétendre qu’il faut toujours que l’État intervienne dans la politique monétaire est absurde et une invention intéressée des banquiers centraux et des économistes keynésiens.




Les étatistes keynésiens de la Fed pensent que les crises financières dévastatrices que nous avons connues depuis 1987 sont dues à trop d’exubérance de la part des investisseurs, trop de dérégulation, une frénésie immobilière, sans compter l’avidité et la corruption de Wall Street.

Parmi les raisons les plus tirées par les cheveux récemment avancées pour expliquer les deux plus importantes crises financières de ce siècle, la première est le conte à dormir debout raconté par Alan Greenspan et Ben Bernanke : les travailleurs chinois – qui gagnent moins de un dollar l’heure – épargnaient trop d’argent, entraînant par là-même des taux d’emprunt au niveau mondial trop bas et une bulle immobilière aux États-Unis !

Il va sans dire que toutes ces raisons sont complètement fausses, tout comme l’est la logique qui sous-tend la planification centrale monétaire keynésienne.

Prétendre que le capitalisme libéral est instable de manière chronique et destructrice et que le cycle économique nécessite une gestion et un stimulus constants de la part de l’État et son bras armé, la banque centrale – tout ceci est démenti par les faits historiques.

Chaque échec économique des temps modernes, y compris les événements fondateurs de la crise de 1929, ont pour origine l’État. Le catalyseur était soit un financement de guerre inflationniste, soit une expansion du crédit alimentée par la banque centrale – et non les déficiences ou l’instabilité inhérente du capitalisme de marché.

Le modèle de la Fed vole les millions de travailleurs, d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’épargnants qui forment le socle de l’économie ; elle fausse les milliards de transactions relatives au travail et au capital, à travers lesquels ils interagissent et finalement génèrent de la production, des revenus et de la richesse. A la place, la Fed se concentre sur les agrégats macroéconomiques pour répondre à un prétendu double mandat de stabilité des prix et de plein emploi.



Au fond, pour ces gens-là, les États-Unis sont une économie fermée ressemblant à une baignoire géante. A la poursuite du « plein emploi », le job de la banque centrale est de la garder pleine à ras bord de « demande agrégée ». Mais les agrégats macroéconomiques sur l’emploi et l’inflation d’un pays ne peuvent être mesurés de façon précise et pertinente.

Certes, il semble que ces outils keynésiens de gestion de la demande agrégée ont fonctionné pendant plusieurs décennies avant l’arrivée du pic de la dette. Mais ce n’était qu’une entourloupe monétaire. Les ménages et les autres acteurs économiques ont été à plusieurs reprises encouragés à s’endetter via des cycles périodiques de stimulus par l’argent bon marché.

Cela a un peu boosté la « demande agrégée » — mais uniquement de manière temporaire et artificielle. C’est-à-dire que la dette des ménages, en constante augmentation, n’a fait que prendre sur l’activité économique du futur ; les dépenses n’ont pas généré de richesse nouvelle et durable. Et à présent, le stimulus monétaire ne fonctionne plus parce les ménages sont surendettés.

La « demande agrégée » est contraire à la loi de Say

Toutefois, cette réalité est complètement ignorée par les banquiers centraux. Pourquoi ? Parce qu’ils sont esclaves de l’idée primitive émise par J.M. Keynes lui-même : le cycle économique capitaliste finit toujours par manquer d’une composante économique fondamentale qu’on appelle « demande agrégée ».

Cette dernière est une quantité indépendante de « dépenses » des ménages et des entreprises qui seraient générées avec l’utilisation totale des capacités de travail et de commerce du pays. Il convient d’insister sur le terme « indépendant »…

Selon la loi de l’économiste Say, l’offre crée sa propre demande. La production vient d’abord. La demande agrégée n’est pas indépendante ; elle est dérivée de la production et du revenu. C’est ce que les ménages et les entreprises choisissent de dépenser, plutôt que d’épargner.

Avant que des confusions ne soient introduites par John Maynard Keynes, la plupart des économistes comprenaient la proposition de bon sens selon laquelle la production est première. Dans une économie honnête et stable, c’est encore le cas. En conséquence de quoi, la véritable « demande agrégée » n’a jamais besoin d’aucune aide de l’État, ni de la banque centrale.

La véritable source d’augmentation de la demande agrégée est l’augmentation des heures de travail et l’amélioration de la productivité, l’augmentation de l’effort entrepreneurial, une hausse de l’épargne et des investissements, et une augmentation des innovations et des inventions technologiques.

A l’inverse, les banquiers centraux actuels, qui tendent vers les théories keynésiennes, sont des étatistes. Ils affirment savoir que le niveau réel de la « demande agrégée », issue de la production et de l’épargne courants, est incorrect et chroniquement déficient.

Par conséquent, le boulot de l’État — les autorités budgétaires dans l’incarnation initiale keynésienne des années 1960, et la banque centrale essentiellement depuis Greenspan — est d’offrir cette « demande agrégée » chroniquement manquante.

La loi de Say de l’offre est donc remplacée par la prétendue plus grande sagesse des banquiers centraux. Ayant deviné le niveau correct de « demande agrégée », la banque centrale est ensuite chargée de compenser ce qui manque.

On parvient à cette augmentation des dépenses en réduisant les taux d’intérêt ou en monétisant la dette publique afin d’encourager l’emprunt, augmentant par là les dépenses dérivées de la production courante avec les produits additionnels des crédits majorés.

A la fin, selon les textes keynésiens, la baignoire économique du pays est bien remplie à ras bord avec juste le montant adéquat de « demande agrégée ». En conséquence, on a le plein emploi, l’industrie fonctionne à 100% de sa capacité, les coffres de l’État sont remplis et les licornes gambadent gaiement dans la prairie.

Le modèle de la baignoire de « PIB potentiel » et le « plein emploi » qui y est associé sont de pures idioties : un ensemble d’indicateurs montés de toutes pièces, totalement dénués de sens dans l’économie actuelle mondialisée, fluide et technologiquement dynamique.

Une dangereuse illusion qui ignore le revenu réel

Cela signifie également que la « demande agrégée » théorique, qui est l’objectif de la politique de la Fed, est une illusion, contrairement à la véritable demande agrégée dérivée de la production et du revenu actuel réel.

En fait, ces références de « PIB potentiel » et de « plein emploi » ne sont en aucune façon déterminées de façon scientifique ; elles sortent juste des gribouillages économétriques des théoriciens keynésiens. Les résultats sont tellement stupides, primitifs, si logiquement superficiels qu’ils soulèvent une question simple : si la financiarisation massive et l’argent bon marché n’étaient pas si commodes pour Wall Street et pour Washington, des personnes véritablement adultes prendraient-elles au sérieux nos banquiers centraux keynésiens ?

Je ne le pense pas. Les liquidités pour Wall Street, de même que la monétisation de la dette publique pour Washington, sont le voile de complaisance qui permet à nos planificateurs monétaires centraux d’opérer sans pratiquement aucune restriction.

Trois exemples concrets : simulateur de vol, Uber, Airbnb

Voyons cela de plus près. Tout le monde sait que nous sommes dans une économie de services. Comment alors peut-on mesurer la production potentielle d’un simulateur de vol et si ses instructeurs, ses équipements et ses infrastructures sont employés à 100% ? Ce calcul devrait-il être fait sur cinq ou sept jours par semaine ? Et sur une, deux ou huit heures d’enseignement par jour ? Ou autre chose ?

Et quelles sont les unités de production : sessions en solo, en duo, en groupe d’une heure ou plus ou moins ?

Qu’en est-il des flottes de limousines et de leurs chauffeurs ? A présent qu’Uber est arrivé dans tant de villes avec des services numériques à la demande, les flottes de véhicules ne passent plus la moitié du temps à attendre le client. Une énorme capacité de flotte latente a ainsi été libérée par la technologie. Autre exemple, quelle est la capacité hôtelière dans un monde avec Airbnb ?

C’est toujours les obstacles du côté de l’offre qui provoquent la baisse de la croissance

Tout cela pour dire que « l’utilisation de la capacité » est une notion fluide et changeante dans une économie moderne mondialisée, technologiquement dynamique et centrée sur les services. L’idée même de mesurer la production potentielle est un retour stupide aux années 1950, lorsque des élèves fraîchement diplômés des théories keynésiennes cherchaient une excuse pour mettre en pratique leurs compétences mathématiques.

L’affirmation des échecs des cycles économiques et du besoin d’interventions constantes de la politique monétaire sur les marchés financiers conçue pour les lisser et les optimiser est une invention intéressée des banquiers centraux et des économistes keynésiens.

C’est le mythe fondateur duquel dépendent leur pouvoir, leur gagne-pain et leur suffisance.

La vérité est que si la croissance de la production et du revenu est lente ou même inexistante, cette condition est partout et toujours provoquée par les obstacles du côté de l’offre, pas par le soi-disant manque de « demande agrégée ».

Par conséquent, l’histoire de l’échec du cycle économique est complètement stupide. Elle revient à donner tous les pouvoirs à une poignée de bureaucrates monétaires non-élus et qui n’ont à rendre compte de leurs actes à personne.


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Les bonnes idées des partis de gouvernement et des experts!
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Les propriétaires de leur domicile principal, devront désormais payer l'équivalent d'un loyer à l'Etat, une fois le crédit immobilier remboursé. La loi prévoyant cette disposition vient d'être approuvée par le parlement et entrera en vigueur en janvier 2017.

Une commission parlementaire avait mis au jour une perte sèche pour l'Etat d'environ 32 milliards d'euros par an, dûe aux propriétaires ayant totalement remboursé leur crédit immobilier. Le nombre de propriétaires fonciers s'élève à 57 pour cent en france, et ce chiffre est en constante augmentation. Ce nouvel impôt suivra ce mode de calcul: une fois le crédit immobilier remboursé, en supposant que la valeur locative du logement s'élève à 1000 euros, les propriétaires devront verser chaque mois 600 euros à l'Etat. La grille d'évaluation de la valeur locative des biens immobiliers sera publiée courant 2016, a annoncé le gouvernement.

Devenir propriétaire restera-t-il intéressant?
"Oui, dans la mesure où la taxe indexée sur la valeur locative, est inférieure à la somme que devrait verser un locataire." affirme Louis Morin-Drouy, expert en immobilier. Cependant, il faudra s'attendre à une baisse des ventes de biens immobilier. Etant donné que l'investissement est fait en prévision de la retraite, de façon à prévoir la baisse de revenu, cette taxe est un frein à l'achat. Verser 600 euros de taxe à l'Etat chaque mois par exemple, est un budget considérable pour des retraités.


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GUERIN a écrit:
Les propriétaires de leur domicile principal, devront désormais payer l'équivalent d'un loyer à l'Etat, une fois le crédit immobilier remboursé. La loi prévoyant cette disposition vient d'être approuvée par le parlement et entrera en vigueur en janvier 2017.

Une commission parlementaire avait mis au jour une perte sèche pour l'Etat d'environ 32 milliards d'euros par an, dûe aux propriétaires ayant totalement remboursé leur crédit immobilier. Le nombre de propriétaires fonciers s'élève à 57 pour cent en france, et ce chiffre est en constante augmentation. Ce nouvel impôt suivra ce mode de calcul: une fois le crédit immobilier remboursé, en supposant que la valeur locative du logement s'élève à 1000 euros, les propriétaires devront verser chaque mois 600 euros à l'Etat. La grille d'évaluation de la valeur locative des biens immobiliers sera publiée courant 2016, a annoncé le gouvernement.

Devenir propriétaire restera-t-il intéressant?
"Oui, dans la mesure où la taxe indexée sur la valeur locative, est inférieure à la somme que devrait verser un locataire." affirme Louis Morin-Drouy, expert en immobilier. Cependant, il faudra s'attendre à une baisse des ventes de biens immobilier. Etant donné que l'investissement est fait en prévision de la retraite, de façon à prévoir la baisse de revenu, cette taxe est un frein à l'achat. Verser 600 euros de taxe à l'Etat chaque mois par exemple, est un budget considérable pour des retraités.




info ou bien intox?

D’où vient cette taxe ?



La taxation des loyers fictifs ne sort pas de nulle part. A l’origine, cette idée figurait dans un rapport remis au gouvernement en 2013 par des économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), un organe rattaché à Matignon mais ne représentant pas sa parole officielle.



Intitulé “Fiscalité des revenus du capital”, il définit le “loyer implicite” d’un propriétaire est défini comme “le montant qu’il devrait acquitter s’il était locataire, ou bien celui qu’il percevrait s’il louait le logement à un autre ménage”. Ces loyers implicites “représentent plus de 120 milliards d’euros, soit 75 % des revenus fonciers totaux”, peut-on lire dans le rapport du CAE, qui préconise de taxer les propriétaires sur ce revenu.


HOLLANDE ..le Bush .de l'UE ...seul et isolé.
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Notre président-renonçant a soudain troqué son costume de ville pour un treillis symbolique et s’en est allé de nouveau en Iraq, près du front de Mossoul, seul dirigeant occidental à avoir jamais fait ce voyage, pour y enfiler des perles martiales : « Nous ferons en sorte qu’ils (les jihadistes français) soient mis hors d’état de nuire ; s’ils sont pris par les Irakiens, ils seront condamnés par la justice irakienne, et par la justice française s’ils reviennent. Il faut regarder maintenant au-delà de Mossoul. Ce sera une lutte longue pour détruire l’État islamique, mais elle sera victorieuse. »

Rompez les rangs !

Présentée il y a deux mois comme une guerre éclair, l’offensive de la coalition kurdo-chiito-gouvernementale ne s’est pas singularisée par sa grande efficacité jusqu’à aujourd’hui. La raison principale en est, contrairement à ce qu’une propagande officielle veut faire accroire, qu’une large partie de la population de Mossoul et alentours soutient l’État islamique sans qu’il ait besoin de la terroriser. L’islam radical a de nombreux supporters chez les musulmans là-bas comme en France ; les bobos devraient se faire à cette idée dérangeante.

En attendant, voilà Hollande scrutant l’ennemi à la jumelle depuis un poste avancé des Peshmergas – à quinze kilomètres de distance tout de même – tel un Giscard d’Estaing observant jadis Israël depuis la Jordanie. C’est sa manière à lui de terroriser les terroristes.

L’engagement français est-il d’ailleurs aussi impressionnant que des médias complaisants le disent et les postures présidentielles le suggèrent ? L’opération « Chammal », nom de code de notre offensive en Irak et en Syrie, mobilise aujourd’hui 1200 militaires. Mais les frappes françaises ne représentent qu’une part minime (autour de 3 %) des actions de la coalition, menées pour l’essentiel par les États-Unis. On est surtout dans le domaine du symbole.

Rétorsions islamistes

En revanche, les rétorsions islamistes sont bien réelles. Les meurtres de Charlie Hebdo, en janvier 2015, avaient suivi de peu la première visite de François Hollande en Irak, en septembre 2014. Soyons honnêtes, il s’agit essentiellement d’une coïncidence, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly étant davantage mus par des haines domestiques contre les caricaturistes, les Juifs et la police. Un d’eux, Chérif, était tout de même passé par la Syrie.

Beaucoup plus troublant est l’enchaînement qui avait conduit aux massacres de novembre 2015. Comme je l’avais souligné dans les colonnes d’Atlantico, l’élément déclencheur évident et immédiat fut le bombement de torse de Hollande contre Daech en Syrie, notamment les quelques bombardements qu’il ordonna à l’aviation française à partir du 27 septembre 2015.

Selon les termes mêmes du communiqué de presse de l’Élysée publié alors : « La France a frappé en Syrie. Nous l’avons fait sur la base de renseignements collectés au cours des opérations aériennes engagées depuis plus de deux semaines, dans le respect de notre autonomie d’action, en coordination avec nos partenaires de la coalition. » Ces attaques suivaient en effet l’annonce de vols de reconnaissance début septembre 2015.

Présence française symbolique

Or, les frappes du 27 septembre 2015 et les quatre qui avaient suivi n’étaient dirigées que contre deux centres d’entraînement et des sites pétroliers. Elles étaient déjà anecdotiques par rapport à ce que faisaient les Américains qui les effectuaient par dizaines.

Si l’on veut bien résumer froidement la situation, peu de temps avant le 13 novembre 2015, notre aviation avait effectué des raids symboliques sans disposer des informations nécessaires pour porter des coups réels à l’ennemi. Juste ce qu’il faut pour l’exciter mais rien pour vraiment l’affaiblir alors même que nous sommes beaucoup plus près de rétorsions que la lointaine Amérique.

Au Bataclan, les tueurs ont expressément d’ailleurs fait référence à la Syrie en présentant leur action comme une rétorsion.

La situation a-t-elle changé depuis ? Non. Et ce ne sont pas les maigres résultats de la lutte anti-terroriste en France qui peuvent nous rassurer.

Une question se pose alors. Pourquoi diable François Hollande va-t-il de nouveau, seul dirigeant occidental, fanfaronner en Irak ? Qu’avons-nous à gagner à ces mouvements de menton ? Comme le disait jadis le président américain Théodore Roosevelt, en matière militaire et diplomatique, «il faut parler doucement et porter un gros bâton». François Hollande parle fort et ne dispose que d’une petite baguette.

Faire oublier son bilan calamiteux

Que cherche-t-il ? Laisser son nom dans l’Histoire ? Il faudrait pour cela qu’il soit assuré d’un succès qu’on lui attribue personnellement ce qui fait deux conditions plutôt hasardeuses à satisfaire. Faire oublier le bilan calamiteux de sa politique en Syrie ? Il est vrai que, lâché par Obama en 2013, il s’est vu évincé du jeu diplomatique au point que le récent accord de cessez-le-feu nous est totalement étranger.

Cette explication est déjà un peu plus convaincante, surtout si l’on veut bien considérer les phrases bravaches et revanchardes prononcées par Hollande contre Poutine et aussi contre Trump lors de ses vœux du nouvel an.

Mais ce n’est pas tout. Nous avons, horresco referens, déjà posé la question d’un calcul pervers et d’obscures pensées sur le sursaut de popularité que les attentats lui ont assuré après Charlie et le Bataclan. Certes, le massacre de Nice en juillet dernier a montré que, même en ce scabreux domaine, on observe des rendements sondagiers décroissants.

Cela étant, de nouveaux et graves crimes pourraient rebattre les cartes et rendre encore plus vaines, si c’est possible, les risibles primaires de la «Belle alliance populaire». L’espace politique s’ouvrirait alors pour une initiative surprise de Hollande. Au vu de l’attitude générale de ce chef en partance, par exemple de la grâce soudaine accordée à Jacqueline Sauvage, cette hypothèse ne peut être hélas exclue.

Qu’est-il allé faire dans cette galère mésopotamienne ? Espérons que les semaines qui viennent ne nous fassent pas nous poser de nouveau de douloureuses questions.

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Quand la gauche tue la liberté au nom de l'idéologie e de la dette!!!
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La gauche, c’est l’école. Depuis les nationalisations de Jules Ferry et les instrumentalisations politiques de Ferdinand Buisson, la gauche entretient une passion scolaire. Le corps de l’Éducation nationale le lui rend bien puisqu’il vote massivement à gauche et qu’il a plébiscité François Hollande en 2012. Dans son discours d’Orléans du 9 février 2012, entièrement consacré à l’école et placé sous les auspices de Jean Zay, le candidat Hollande avait dévoilé son projet scolaire.

Plus d’égalité bien sûr, plus de dépenses, plus d’embauches (60 000 personnels recrutés) et plus de valeurs de la République. De l’aveuglement d’une part (plus de moyens égalent de meilleurs résultats) et plus d’idéologie d’autre part (valeurs de la République et laïcité pour structurer le tout).

D’un président socialiste, on attendait beaucoup sur l’école et on ne fut pas déçu. Trois ministres, dont deux sont candidats aux primaires de la gauche, deux réformes majeures, celle des rythmes scolaires à l’école et celle du collège, beaucoup d’idéologie et un navire qui continue de couler. Voilà le bilan scolaire de François Hollande.

Des promesses d’embauches impossibles à honorer


Le candidat Hollande avait promis d’embaucher 60 000 personnels pour l’Éducation nationale, et il s’agit bien ici de personnels et non pas uniquement d’enseignants. Pour un État en faillite et en dépression budgétaire, accroître un tel nombre était une gageure.

Cela répond à un dogme solidement établi à gauche, et pas seulement à gauche : plus on met d’argent dans l’école et plus les résultats s’améliorent. C’est ainsi que les dépenses intérieures d’éducation sont passées de 129.9 milliards d’euros en 2000 à 146 Mds€ en 2014. C’est ainsi qu’un lycéen coûtait 7 700€ en 1990 et 11 190€ en 2014.

Des dépenses en hausse pour des résultats scolaires qui ne cessent de se dégrader. Le quinquennat Hollande n’a rien changé à l’affaire, au fil des classements Pisa et des tests des journées de citoyenneté la réalité est cruelle : le niveau scolaire ne cesse de baisser. Mme Belkacem jure que c’est à cause du quinquennat précédent, mais on a du mal à la suivre quand elle veut exonérer son propre gouvernement.

Recruter 60 000 personnes en plus était donc inutile et coûteux. D’autant que, comme l’ont montré de nombreuses études, dont celle de l’Ifrap, l’école libre coûte presque deux fois moins cher que l’école d’État, avec de meilleurs résultats.


Mais il y a un point que François Hollande n’avait pas prévu, c’est que l’on n’arriverait pas à recruter ces 60 000 personnes. En dépit d’un fort taux de chômage et d’un attrait quasi pathologique pour la fonction publique, les jeunes Français ont refusé de travailler dans l’Éducation nationale.

Cette promesse n’a pas pu être tenue, non pas à cause d’un manque de moyens, mais à cause du refus de travailler pour l’Éducation nationale. Cette désaffection touche toute l’école : chaque année, aux concours de recrutement, il y a moins de candidats que de postes à pourvoir et de plus en plus de professeurs quittent le navire. Par manque de personnel, l’Éducation nationale aura disparu dans dix ans.

Des réformes coûteuses et désastreuses

Que ce soit la réforme des rythmes scolaires ou celle du collège, nous avons touché le fond de l’idéologie.

La première est très coûteuse, car il a fallu embaucher du personnel pour occuper les enfants entre 15h et 17h avec des activités qui devaient être ludiques et attrayantes. Mais les promesses de poterie, d’expression artistique et de langues étrangères se sont vite envolées : face au coût et aux difficultés d’embauche, les mairies ont très souvent organisé des heures d’étude. Résultats : les enfants passent plus de temps à l’école et ils sont plus fatigués. C’est l’inverse que ce qui était recherché.

La réforme du collège est elle aussi une catastrophe. La mise en place des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) est un vaste fourre-tout qui n’a aucun intérêt pédagogique et qui ne sert qu’à masquer le manque d’enseignants. Grâce à eux, les professeurs d’EPS (pléthoriques) vont pouvoir donner des cours de mathématiques ou de physiques, disciplines où l’on manque cruellement de personnels.

Les professeurs sont révulsés par ces deux réformes et par le fait qu’ils ne sont jamais écoutés. Ne pouvant s’y opposer frontalement ils manifestent par passivité : soit ils quittent l’Éducation nationale, soit ils se détournent du PS, beaucoup rejoignant les rangs de l’autre parti de gauche qu’est le FN. À force de taper sur un électorat acquis, le gouvernement a fini par le perdre.

Le gouvernement voulait aussi réformer le lycée, mais il a manqué de temps. Il est vrai que la dernière réforme datait de 2011, il y avait donc probablement urgence à en faire une nouvelle.

Un gouvernement idéologique

Là où la marque scolaire de François Hollande s’est le plus manifestée, c’est sur le volet de l’idéologie. Jamais nous n’avions eu un gouvernement aussi sectaire et borné, préoccupé uniquement par la volonté de diffuser son idéologie égalitaire et constructiviste.


Vincent Peillon avait pourtant prévenu : il s’agit de transformer la jeunesse pour changer la société. Nous fûmes servis. Dans l’esprit des pédagogues de la rue de Grenelle, l’enfant n’appartient pas à ses parents, mais à l’État (ce qu’affirmait déjà Danton). C’est donc à l’État de modeler la jeunesse et de lutter contre tous les déterminismes, c’est-à-dire les parents et la famille qui voudraient inculquer une autre vision de l’homme.

L’idéologie du genre s’est infiltrée dans un grand nombre de disciplines. Celle-ci n’est jamais diffusée au grand jour, ce qui permet à Mme Belkacem de dire qu’elle n’existe pas, mais elle est omniprésente. Les attentats ont servi de prétexte pour renforcer la police de la pensée et lutter contre toutes les opinions déviantes.

À coup de charte de la laïcité placardée dans les écoles (devant lesquelles les terroristes doivent frémir), à coup de colloques et de conférences de presse exaltant les valeurs de la République (qui ne sont jamais définies), le cabinet ministériel est devenu un cabinet de combat idéologique, uniquement préoccupé par la diffusion de ces idées.

Le combat pour les valeurs de la République était affirmé dans le discours d’Orléans et fut une constante de l’action du gouvernement. Dès le mois de juillet 2015, le ministre annonçait un grand plan visant à les défendre. Les attentats du mois de novembre 2015 ont concrétisé et accéléré la défense de ces valeurs. Le 22 janvier 2016, le ministre prévoyait un grand plan de mobilisation de l’École pour les Valeurs de la République. Ce plan était présenté comme une réponse aux attentats.

En réalité, compte tenu de son importance, il n’a pas été possible de le préparer en si peu de temps. Celui-ci était déjà en gestation et les attentats ont été un prétexte légitimant une cause. À la fin du quinquennat, le gouvernement s’en est pris à la liberté scolaire. C’est qu’à force de mal former et d’être violente, de plus en plus de parents sont rebutés par l’école et ont décidé de scolariser ailleurs leurs enfants.

Une conséquence inattendue : la liberté scolaire

C’est l’heureuse surprise du quinquennat Hollande : de nombreuses écoles indépendantes sont nées pour permettre aux enfants d’échapper à la destruction intellectuelle. Le mouvement était enclenché avant 2012, mais il s’est accéléré depuis. La Fondation pour l’école recense des dizaines d’écoles qui se créent chaque année, avec des chiffres en augmentation constante : 37 en 2013, 67 en 2015, 93 à la rentrée 2016.

Certes, elles scolarisent peu d’enfants, mais elles démontrent qu’il est possible de se passer de l’État pour instruire et que les initiatives privées sont possibles. Surtout, le mouvement est ascendant et commence à inquiéter le gouvernement. À cela s’ajoute l’accroissement de l’école à la maison, qui a augmenté de 54.6% entre 2012 et 2015.

Le gouvernement tente alors de lutter contre la liberté scolaire, d’une part en restreignant les possibilités d’ouverture d’écoles indépendantes, d’autre part en cherchant à obliger ces écoles à respecter les programmes de l’enseignement d’État. Pour cela, il sort l’argument des valeurs républicaines : il s’agit de limiter la liberté scolaire pour empêcher la fondation d’écoles islamistes. Les attentats servent de prétexte à la restriction de la liberté. Hélas, beaucoup de personnes tombent dans ce piège.

Qu’en conclure ?

Sur le court terme, ce quinquennat aura été désastreux pour l’école. Sur le long terme, il pourrait être bénéfique. Le mouvement de création d’écoles indépendantes est puissant et bien soutenu par des associations structurées et motivées. De plus en plus de Français sont attachés à la liberté scolaire.

Dans un récent sondage de l’Ifop (octobre 2016) on apprenait que 78% des Français sont favorables à ce que les chefs d’établissement puissent recruter librement leurs professeurs. Si cette mesure est mise en place, c’est la fin de l’Éducation nationale. Plus surprenant, 58% des gens de gauche y sont favorables. En décembre 2016, France Stratégie, qui agit pour le compte du Premier ministre, publiait un rapport soutenant la nécessité de l’autonomie des établissements scolaires.

Enfin, François Fillon a inscrit cette question de l’autonomie et du libre choix des parents dans l’école de leurs enfants à son programme. C’est la première fois qu’un candidat qui peut gagner l’élection présidentielle porte un tel projet de liberté scolaire. Sa victoire très nette face à un Alain Juppé qui, en matière scolaire, en était resté aux vieilles lunes du plus de moyens et du plus d’État est aussi le signe que les choses sont en train de changer dans le bon sens.

contrepoints


GAUCHE ou FN ou FN ou droite? .....législatives le régulateur
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Le président de l’IFO évoque la sortie de l’Italie de la zone euro

L’IFO c’est le plus gros institut de prévision économique allemand. Les analyses de l’IFO, c’est un peu le « la « européen de l’économie. C’est donc, pour ceux qui ne le connaissaient pas, une « institution » particulièrement écoutée.

Voici ce que nous relate un article du Figaro :

« Un Brexit à l’italienne ? C’est le scénario craint par Clemens Fuest, dans une interview accordée au quotidien Tagesspiegel. «Le niveau de vie, en Italie, est le même qu’en 2000, explique le président de l’institut économique allemand Ifo. «Si cela ne change pas, les Italiens finiront par dire : “Nous ne voulons plus de la zone euro”».

La dette publique ne cesse de croître. Elle a atteint 133 % du Produit intérieur brut en 2016, contre 129 % trois ans auparavant. L’Institut national des statistiques (Istat) a récemment revu les prévisions de croissance du pays pour 2016 et 2017. Il table désormais sur 0,8 % cette année (contre 1,1 % auparavant) et 0,9 % en 2017.

Pour éviter que l’Italie ne sombre un peu plus, l’Union européenne pourrait éventuellement octroyer des aides. Un scénario auquel Clemens Fuest ne semble pas vraiment favorable. «Avec l’approbation d’un plan de sauvetage pour l’Italie, le Bundestag ferait peser un risque sur les contribuables allemands, dont il ne connaît pas le montant et qu’il ne peut pas contrôler», assène-t-il, estimant que les députés allemands devaient se refuser à signer un tel plan. À titre indicatif, la Banque centrale européenne (BCE) a demandé un plan de sauvetage de 8,8 milliards d’euros afin de secourir la banque Monte dei Paschi di Siena, la semaine passée. »

L’Italie est le vrai problème de la zone euro ! … Avec la France

Si la Grèce a fait vaciller la zone euro, ce n’est pas tant pour des raisons économiques que pour des raisons purement politiques.

En gros, le PIB de la Grèce ce n’est pas grand-chose : on parle de moins de 200 milliards d’euros ! Ce n’est même pas le budget de l’État français. C’est moins de 10 % de notre PIB à nous et comparé au PIB européen, c’est insignifiant.

Le problème grec, c’était d’abord un problème bancaire (quelles banques détenaient de la dette grecque) potentiel mais surtout une question centrale politique. Comment sauver un pays vacillant de la zone euro sans remettre en cause les traités, les règles, et sans conduire les Allemands à payer pour le reste de l’Europe ?

Cette question a été très mal traitée par nos dirigeants, coincés entre leur volonté d’Europe et leur refus de payer pour les autres, écartelés entre plus de solidarité et une fuite éperdue dans le chacun pour soi. Du coup, cela fut générateur de fortes craintes. C’est encore le cas, mais comme vous pouvez le constater, les peurs sont nettement moins exacerbées.

L’Italie c’est évidemment un tout autre morceau. Troisième économie européenne derrière l’Allemagne et la France, on parle d’un stock de dettes de 2 500 milliards de dollars, d’un PIB de presque 2 200 millions de dollars, et si j’exprime cela en dollars et non en euros c’est pour vous montrer à quel point cela est significatif même à l’échelle mondiale.

D’ailleurs, à propos du dollar, avez-vous vu à quel point, après avoir été à un plus haut de 1,60 dollar pour 1 euro, nous nous rapprochons de la parité de 1 euro… pour 1 dollar !

À votre avis, que vous indique cette chute importante de notre monnaie face au dollar que pourtant tout le monde donnait pour « mort » ? Non seulement le dollar n’est pas mort, mais l’euro a toutes les chances d’exploser avant lui ! C’est aussi ce risque que le mouvement sur les parités euro-dollar sanctionne.

L’Italie c’est « too big to save » !

L’Italie c’est un pays tout simplement trop gros pour être sauvé !

Pour la France, c’est la même chose.

Alors effectivement, le Portugal semble plus fragile que la France, et la Grèce encore plus que le Portugal, mais finalement, tous ces pays, même si c’est compliqué, politiquement risqué, sont « sauvables » par une action de la BCE et par des « bricolages » économiques qui peuvent faire illusion comme ces dix dernières années de crise ont su nous le montrer.

Mais l’Italie ou la France ne sont pas « sauvables ». Ce sont donc les pays maillons-faibles, les pays qui feront vaciller la zone euro, et l’Italie est largement devant nous en termes de dettes publiques hors de contrôle.

Ce constat, le président de l’IFO vient de le partager publiquement, en expliquant de surcroît qu’il était hors de question pour l’Italie de faire appel aux contribuables allemands.

Vous avez donc aimé la crise de 2007 ?

Vous allez adorer celle de 2017 !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT


La Gauche a perdu ses lunettes!
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Source : Bruno Guigue, 27-12-2016


A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu’on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c’est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s’est d’abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l’attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d’une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d’abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l’a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s’interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d’une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d’analyse politique. La gauche française n’a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n’était pas celui qu’elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d’une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d’humilité devant le réel, l’extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu’elle avait envie de voir.



Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n’était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l’imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s’est pas aperçu de l’énormité de cette confusion. Il n’a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d’un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu’aux frontières de l’absurde, le NPA, au lendemain de la libération d’Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais s’il faut analyser la situation syrienne, un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu’un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l’extrême-gauche française est victime du théâtre d’ombres qu’elle a elle-même dressé. Faute d’entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n’existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d’admettre en 2016 qu’on s’est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l’ont parfaitement analysée, mais la gauche française l’a ignorée. Elle a fait comme si elle n’existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l’admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l’action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d’une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d’un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l’aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l’opposition, tandis qu’une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s’est laissée enrôler par les gouvernements d’un Occident à l’impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l’agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l’a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l’Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L’histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l’OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d’un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n’exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l’aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu’on puisse dire est qu’il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables.
Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

Bruno Guigue | 27 décembre 2016

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

*Parmi les organisateurs de ce rassemblement il y avait Amnesty International, le NPA, SOS racisme, l’Unef, Solidaires Etudiants, et plusieurs associations.

Source : Bruno Guigue, 27-12-2016


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