Vie Politique et Philosophique Index du Forum
Vie Politique et Philosophique
Forum en vue de débattre de l'actualité politique…Échanger les idées et les opinions en toute sérénité, loin du tumulte ambiant.
Répondre au sujet
MACRON LE MENTEUR ne mérite pas votre voix le dimanche 7 mai 2017
GUERIN


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2016
Messages: 542
Localisation: LE MANS
Masculin Capricorne (22déc-19jan)
Point(s): 167
Moyenne de points: 0,31
Répondre en citant
PublicitéSupprimer les publicités ?
MACRON LE MENTEUR ne mérite pas votre voix le dimanche 7 mai 2017

Pas plus que le ps et l'ancien UMP/LR


Préambule :
MACRON un PRO-Américain et un programme inadapté à la situation Européenne
La mise au pas des politiques nationales par des experts non élus n'a aucun sens.
Maastricht, Stratégie de Lisbonne de 2000(1),qui ne sont que des carcans aux relents fascistes
La France a vécu avec le franc pendant des centaines d'année sans sombrer. Ne tomber dans un pessimisme émotionnel. Un retour à la monnaie nationale serait un retour sur terre. L'Euro est une monnaie politique et comme tout projet politique absurde, il se heurte à la réalité.
L'idée d'une monnaie commune n'est pas nouvelle mais elle offre des avantages non négligeables. Ce serait en sorte un SME enfin stable. Je crois pour ma part à une monnaie commune à parité fixe ajustable avec contrôle des changes léger. Il resterait à déterminer les mécanismes de modification de parité au sein de l'union.
Ce mécanisme, s'il est bien construit portera en lui un gros avantage et un gros inconvénient lié :
Avantage, ce système peut devenir universel à savoir que les pays hors zone euro souhaiteront y participé s'il est basé sur des mécanismes équitables. C'est donc la base à une monnaie d'échange mondiale à l'image de l'or. C'est un peu le bancor de Keynes qui revient.
Inconvénient : Il ferait de la concurrence au dollar qu'il rendrait obsolète. Je ne vois pas nos "amis" américains se faire chiper leur privilège exorbitant sans réagir méchamment.
C'est ainsi que cet article montre sans le vouloir que le principal problème économique actuel est la variabilité des changes par le "marché" et la liberté des circulation des capitaux qui sont intrinsèquement liés au roi dollar.
Le refus de l’Allemagne d’être solidaire de la Grèce va conduire ce pays à recourir au Fonds Monétaire International.

Ce faisant, Athènes sera obligé à très court terme de sortir de l’euro car il n’est pas possible pour un pays de redresser ses comptes sans rétablir sa compétitivité par la dévaluation.

Alors, c’est l’ensemble de la zone euro qui sera menacée de désintégration…

Aussi, l’heure est-elle venue de la grande explication franco-allemande, que nos gouvernements ont repoussée de manière irresponsable depuis 15 ans. L’Allemagne ne peut plus bénéficier des avantages de l’euro sans en assumer les responsabilités.

De deux choses l’une : soit Berlin tempère sa politique de cavalier seul en acceptant une autre gestion de la monnaie européenne et la relance de sa consommation pour absorber davantage de produits fabriqués par ses voisins, soit la France, l’Italie, l’Espagne,… devront restaurer elles-mêmes leur compétitivité, en sortant à leur tour de l’euro pour rétablir leur monnaie nationale.
Se souvient-on que l'Allemagne a été obligée d'accepter l'euro en avalant des couleuvres et qu'on lui fait encore payer les dettes de guerre conclues sur une durée de 100 ans (Traité de Versailles). N'oublions pas aussi le jeu britannique qui a fortement influencé les années 1930 en Allemagne. En revenant aux principes du Traité de Westphalie en 1648, on pourra faire une Europe fédérale où chacun conservera ses spécificités, sa culture, son art de vivre tout en pouvant faire affaire avec son voisinage. Proverbe paysan : "les bonnes clôtures font de bons voisins".
L'euro (et la mondialisation) ne nous a rien apporté sauf le renchérissement du coût de la vie, le chômage, la perte de nos industries et les délocalisations, l'abandon de notre pouvoir régalien, des frontières en passoire.
Comme dans toute tribu, l'homme a besoin de s'identifier, d'appartenir à une structure sur laquelle il pourra bâtir un projet de Vie.
Une Europe Culturelle et Politique : OUI. Une Europe du Fric : NON !
Dans le Préambule de la Constitution française (comme américaine) il est dit que l'État doit pourvoir au bonheur de son peuple.
Exit donc les traités de Maastricht, Lisbonne qui ne sont que des carcans aux relents fascistes. Mais où donc sont passées les idées des De Gaulle, Mendès France, Jaurès, etc... A cette époque il y avait un patron dans la boutique !

(1) Les stratégies de Lisbonne et de Göteborg


La stratégie de Lisbonne pour une économie de l'Union européenne compétitive

La stratégie de Lisbonne est un programme de réforme en réponse aux enjeux de la mondialisation, du vieillissement de la population, des changements climatiques et de l’élargissement de l’Union européenne. Son objectif est de faire de l’économie de l’Union européenne l’économie la plus compétitive du monde d’ici 2010. Elle a été impulsée par le Conseil européen en mars 2000.
Rappel des objectifs au Conseil européen de mars 2000

Lancée lors du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000, la stratégie dite « de Lisbonne » a pour but de faire de l'Union européenne « l'économie la plus compétitive au monde » et de parvenir au plein emploi avant 2010. Développée au cours de plusieurs Conseils européens postérieurs à celui de Lisbonne, cette stratégie repose sur trois piliers:
•Un pilier économique qui vise à transformer l'économie européenne en une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance. ;
•Un pilier social qui doit permettre de moderniser le modèle social européen grâce à l'investissement dans les ressources humaines et à la lutte contre l'exclusion sociale.;
•Un pilier environnemental, ajouté lors du Conseil européen de Göteborg en juin 2001, qui attire l'attention sur le fait que la croissance économique doit être dissociée de l'utilisation des ressources naturelles.

Pour atteindre les buts fixés en 2000, une liste d'objectifs chiffrés a été arrêtée.

Elle est constituée d'objectifs généraux (une croissance économique de 3% en moyenne, un taux d'emploi de 70% et une proportion de femmes actives de 60% d'ici 2010) et de nombreux objectifs spécifiques. Par exemple pour le chapitre emploi les objectifs doivent être atteints d'ici 2010 :
- rendre les structures de garde disponibles pour au moins 90% des enfants ayant de trois ans à l'âge de la scolarité obligatoire et pour au moins 33% des enfants de moins de trois ans-
- réduire de moitié, le nombre de personnes menacées par la pauvreté dans toute l'Union européenne en prenant le niveau de 1997 comme référence.


POURQUOI l’échec. ?des politiques uniformes !!
Plutôt que d'exiger que 3% du PIB soit consacré à l'innovation, il aurait fallu viser la création d'un vrai brevet européen." Ainsi, il aurait fallu accompagner ces objectifs chiffrés d'une "réflexion sur la politique industrielle dans laquelle devait s'inscrire cette R et D",renchérit Bruno van Pottelsberghe. Dernière critique: la stratégie de Lisbonne était trop uniforme. En effet,"elle n'a as pris en compte les spécificités de chaque pays, souligne le chercheur de Bruegel. "On ne peut pas demander à un pays comme la Finlande qui est déjà spécialisée dans les technologies de l'information et à l'Italie, qui est spécialisée dans les textiles, d'arriver au même objectif de 3% du PIB consacré à la R et D"..


1- Cette flexibilité devrait également être introduite dans la politique budgétaire. Les textes européens qui ont été adoptés par les gouvernements au cours des dernières années (Pacte de stabilité, six-pack, two-pack, semestre européen) ont autorisé une intrusion permanente des experts de Bruxelles dans la politique économique et sociale des gouvernements. Ceci explique la perte de crédibilité de nos dirigeants qui passent leur temps à expliquer des décisions qui sont prises par d'autres, à Bruxelles et à Francfort. Cette mise au pas des politiques nationales par des experts non élus n'a aucun sens. La mondialisation exige en effet que la politique économique soit en permanence adaptée à chaque Etat et que la prise de décision soit extrêmement rapide.

Le jour où nos concitoyens feront le lien entre un système monétaire inadapté et les difficultés qu'ils rencontrent dans leur vie quotidienne, les dirigeants européens seront dans l'obligation de le réformer. A moins qu'une crise financière grave ne vienne d'ici là mettre tout le monde d'accord. Greffer une monnaie sur des Etats souverains était une très grave erreur comme il était irréaliste de vouloir rétablir l'étalon-or au lendemain de la crise de 1929 alors que des déséquilibres vertigineux venaient d'apparaître. Lorsque le gouvernement britannique décida d'abandonner ce système monétaire en septembre 1931, cinq ans avant la France, Keynes laissa alors éclater sa joie. Il salua cette décision comme une libération: «Il y a peu d'Anglais qui ne se réjouissent que nos menottes en or aient été brisées»! La zone euro saura-t-elle briser ses menottes et mettre en place un système plus souple avant qu'une crise grave ne survienne? Cela exige beaucoup de courage et de volonté politique!

Figaro Vox (7 avril 2017) :

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2017/04/07/31007-20170407ARTFIG00271-euro-pour-un-passage-de-la-monnaie-unique-a-la-monnaie-commune.php 3


2-Pour Bruno Moschetto, avec la nationalisation de l'euro, la France pourrait reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire, élément fondamental de sa souveraineté, et redevenir ainsi Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York.
Pour Bruno Moschetto, "avec la nationalisation de l'euro, la France pourrait reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire, élément fondamental de sa souveraineté, et redevenir ainsi Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York."

Faut-il aller vers une Europe fédérale? Ou chaque État doit-il retrouver sa monnaie? Une autre solution est envisageable, celle d'un euro renationalisé. par Bruno Moschetto, Professeur de Sciences Economique à l'Université Paris I et HEC.




Tenter d'analyser l'avenir de l'euro ne peut se projeter sans un rappel rapide de son histoire, même si elle est courte. Les problèmes que cette monnaie unique pose avec acuité nous incitent à concevoir sa mutation qui s'ordonnerait autour de deux solutions.

Un déséquilibre entre le politique et le monétaire

La construction de l'Europe s'est élaborée en faisant appel à deux mouvements qui se voulaient parallèles: celui de l'approfondissement et celui de l'élargissement. Force est de constater qu'ils sont devenus plutôt divergents. En effet, le point d'orgue de l'approfondissement a été la volonté d'adopter il y a une quinzaine d'années une monnaie unique pour quinze états qui y étaient éligibles au sein d'une zone euro. Dans cet esprit , selon la formule de Jacques Rueff, l'Europe se ferait par la monnaie ou ne se ferait pas. A la réflexion, l'Europe politique n'a confirmé ni les réalisations économiques ni les réalisations monétaires alors qu'au même moment l'élargissement la conduisait à doubler le nombre de nations qui y ont adhéré et qui la composent.
Le déséquilibre entre le politique et le monétaire apparaît de plus en plus difficile à gérer puisque la zone euro s'est dotée d'une monnaie et celle-ci est orpheline d'un Etat. (1) Un tel phénomène ne peut résister à la dure réalité des faits.


« Les pays de l'Union monétaire européenne ont institué un pouvoir monétaire unifié, concentré entre les mains de banques centrales indépendantes, sans se doter d'un pouvoir politique de même échelle territoriale. Ce déséquilibre institutionnel est intenable à terme, car l'Union n'est pas véritablement dotée des atouts démocratiques nécessaires pour qu'on la reconnaisse souveraine, ne serait-ce que dans le domaine monétaire » (Dominique Plihon - La monnaie et ses mécanismes - Repères - La Découverte 2013 ).


Vers un État fédéral...

Aussi, face à ce vide, certains prônent une accélération de l'approfondissement (2), c'est-à-dire la marche à pas renforcés vers la création d'un État fédéral ce qui impliquerait pour celui-ci d'être doté d'un budget du même nom qui devrait se situer à plus de 15% du produit intérieur brut (PIB) de l'ensemble des pays constituant cette zone monétaire, ainsi que le préconise Jurgen Habermas. Mais avec un budget gravitant autour de 1% de ce produit intérieur brut, nous sommes bien loin du compte et pour y arriver cela demanderait non pas un quinquennat mais un quart de siècle. Le saut fédéral ne peut être qu'utopique.

... ou le retour à des monnaies nationales?

D'autres prônent l'abandon pur et simple de cette unité monétaire et le retour à des monnaies nationales pour chacun des pays membres de la zone. Une telle solution apparaîtrait comme un retour en arrière, traumatisante ex ante et nul doute le serait ex post. (3)
En toute hypothèse, l'adoption de l'euro par un nombre progressif d'États s'est traduite pour eux par une triple abdication : cambiaire d'abord - monétaire ensuite - budgétaire enfin, lesquelles se sont traduites par un triple fixisme au plan de la parité de change, de la politique monétaire et des limitations budgétaires uniques pour l'ensemble de pays membres. En réalité, une triple servitude pour des pays dont les économies deviennent de plus en plus divergentes. (4)

Des solutions réalistes

A l'évidence, en l'état actuel de la conjoncture globale de la France, de l'Europe et du monde, l'avenir de l'euro n'est pas brillant. A priori, le bateau européen coule, a déclaré tout récemment Christine Lagarde, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Il faut donc jeter du lest. Cela ne peut être qu'à partir de l'euro, ce virus de l'Europe, soit en l'abandonnant soit en le changeant.
Dans cette dernière hypothèse, deux formules peuvent être préconisées : l'une faisant appel à un nouveau système bi-monétaire, l'autre à la mise en place d'un système mono-monétaire.
Avec un système bi-monétaire, coexisteraient deux monnaies, l'une - internationale - réservée aux transactions externes. Il s'agirait de la monnaie commune à tous les pays membres de la zone. Cela devrait être l'euro. L'autre nationale , pour chacun des pays membres, réservée aux seules transactions internes. Il y aurait autant de monnaies nationales que de pays membres de la zone. Pour la France, cette unité monétaire serait le franc à une parité à déterminer.
Il appartiendrait à la banque centrale du système de gérer la parité de la monnaie internationale et les réserves de change de l'ensemble des pays de la zone. A priori, ce serait l'actuelle Banque centrale européenne (BCE). Ainsi, les pays membres de la zone ne récupéreraient pas leur souveraineté en matière de politique de change laquelle serait toujours du ressort de la même banque centrale européenne.
Naturellement, un tel bi-monétarisme implique pour chacun des pays d'organiser les rapports des monnaies nationales réservées aux transactions internes avec la monnaie internationale, par définition commune.

Quelle organisation?

Une telle organisation entre les deux monnaies pour chacun des pays pose le problème du choix entre un système de parité fixe ou un système de parité variable entre les monnaies internes et la monnaie internationale.
Le choix d'un système de parité variable entre chacune des monnaies nationales et la monnaie internationale entrainerait des appréciations ou des dépréciations possibles en fonction du cours des différentes monnaies nationales sur les marchés. Autrement dit, la monnaie nationale flotterait par rapport à la monnaie internationale et sa convertibilité externe serait ouverte aux résidents.
Il est à craindre que dans un système de monnaies librement convertibles en cas de difficulté propre à un pays, la monnaie nationale soit abusivement convertie en monnaie internationale. A cet égard, jouerait à plein le fameux triangle des incompatibilités de Mundell, en vertu duquel il est impossible de combiner les trois éléments suivants : la fixité des parités de change, la mobilité des capitaux et l'autonomie de la politique monétaire. En d'autres termes, la libéralisation des capitaux n'est possible que s'il y a abandon de la politique monétaire, à moins de renoncer à la fixité des parités de change. D'où la difficulté d'instaurer un tel système, susceptible de conduire à des mouvements erratiques de capitaux et à une grande instabilité des changes.

Le retour au contrôle des changes

En revanche, le choix d'un système de parité fixe entre les différentes monnaies nationales et la monnaie internationale impliquerait l'établissement d'un contrôle des changes vis-à-vis de tous les pays tiers y compris ceux de la zone afin de défendre cette parité fixe,
Chaque pays récupérerait sa souveraineté en matière de politique monétaire portant sur les taux d'intérêts et le volume de sa masse monétaire, En cas de tension sur une monnaie nationale la banque centrale du pays concerné se trouverait devant le choix d'élever les taux d'intérêt ou de procéder à un ajustement de la parité fixe par le recours à une dévaluation externe, alors que symétriquement d'autres pourraient faire l'objet de réévaluation.
Chaque pays récupérerait également sa souveraineté budgétaire qui résulterait de ses recettes libellées en monnaie nationale et serait approvisionnée par les prélèvements obligatoires opérés auprès des résidents garants de la solvabilité nationale. Ces prélèvements obligatoires permettraient de financer les dépenses budgétaires et en particulier le versement de prestations libératoires aux résidents.

Le risque d'un endettement accru à l'égard des non résidents

En cas de coexistence des monnaies nationales et de la monnaie internationale il ne serait pas porté atteinte à la structure de l'Union économique et monétaire avec notamment le maintien d'une banque centrale commune,
Autre avantage , les pays membres n'auraient plus à se préoccuper de l'équilibre de leurs finances publiques internes pour lesquelles ils seraient seuls responsables du taux de déficit et du montant de l'endettement .
L'inconvénient majeur résulte de l'augmentation de l'endettement vis-à-vis des non résidents, toujours exprimé en monnaie internationale. Cet endettement serait majoré en cas d'écart divergent négatif entre une monnaie nationale (interne) et la monnaie internationale (externe). Sans compter que tout système bi-monétaire conduit à ce que la mauvaise monnaie chasse la bonne, comme nous le savons depuis Gresham. D'ailleurs dans le système monétaire de son époque qui était celui du bi métallisme or et argent , la mauvaise monnaie - l'argent - a chassé la bonne - l'or -. En effet dans le langage courant lorsqu'on se réfère à la monnaie l'on parle d'argent et jamais d'or.
La complexité de ce système et ses difficultés de mise en pratique - et en particulier la mise en place d'un contrôle des changes - nous conduit à privilégier l'adoption d'un système mono monétaire.

Les avantages d'un système mono monétaire

Dans cette optique, esquissons les caractéristiques de cette solution et les risques et les avantages qu'elle comporte.
La solution reviendrait à partir du système existant. Avant que les marchés déclenchent une désintégration anarchique de l'euro, une gestion pragmatique de celui-ci par les pays membres de la zone euro pourrait s'imposer. (6)
En effet bien que l'actuelle banque centrale, sise à Francfort, soit européenne , les billets émis par chacune des banques centrales nationale (BCN) ne le sont pas. Cette affirmation résulte de notre Code monétaire et financier, lequel dans son article 1er du chapitre 1er intitulé l'unité monétaire nous rappelle « que la monnaie de la France est l'euro » et « que l'euro est divisé en cent centimes ». Autrement dit l'euro est notre monnaie et a vocation à le demeurer.

L'euro, la monnaie de chaque État membre

L'on peut en déduire par transposition que l'euro est la monnaie de chaque État membre de ladite zone. Cette donnée fondamentale est illustrée par le fait que les pièces de monnaies ont pour chaque État une face nationale et que les billets ont un code national qui précède le numéro de chacun d'entre eux : la lettre U pour la France, X pour l'Allemagne , Y pour la Grèce et ainsi de suite. Ce qui signifie que toutes les monnaies dont la nôtre - ont gardé leur ancrage national .
Autrement dit les émissions de billets pour l'ensemble des pays de la zone sont déjà segmentées en compartiments correspondant aux sous ensembles nationaux, aussi pour ce qui nous concerne rien n'interdirait de débaptiser notre unité monétaire - l'euro - en euro-franc. Et cela ne changerait en rien la nature et la valeur de notre unité monétaire.
Ainsi une banque commerciale française dont les déposants - résidents ou non - souhaiteraient convertir leurs avoirs en compte en billets, se verraient offrir des billets portant explicitement la mention « euro-franc » ajoutée au signe distinctif U, Autrement dit, un euro franc serait la stricte réplique d'un euro. (7)
Ces billets libellés en euro-francs cohabiteraient avec les autres euros nationaux et pourraient donner lieu à des dépréciations ou à des appréciations en fonction de leur cours sur les marchés des changes lesquelles tempéreraient le passage d'une euro monnaie à une autre et par là ne nécessiterait pas l'établissement d'un contrôle des changes.

Quels risques?

Quels sont les risques d'un tel passage pour les Etats qui adopteraient une telle réforme? La réponse procède de la définition de la monnaie : c'est pour ceux qui la détiennent - qu'ils soient résidents ou non - une créance sur l'appareil bancaire des pays concernés. En l'espèce des avoirs en compte ou la monnaie dite scripturale (de banque) puisqu'ils correspondent à des créances sur les banques commerciales, et des avoirs en poche - les billets ou la monnaie dite fiduciaire (manuelle) lesquels correspondent à des créances sur les banques centrales.
Ainsi le passage dans un pays donné, de l'euro-euro à l'euro national ne changerait en rien la nature et le montant des dettes des pays qui opteraient pour cette nouvelle dénomination. Par ailleurs, la masse monétaire de chacune de ces monnaies a pour contrepartie des crédits pour l'essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire tout se ramène aux territoires nationaux

Les non résidents grec verraient la valeur de leurs euros-drachmes se contracter

Pour prendre l'exemple le plus sensible : le système bancaire grec serait toujours redevable vis-à-vis de ses créanciers du même montant en euros dont la dénomination aurait simplement changée et serait devenue des euro-drachmes . (8)
En revanche les détenteurs d'euro drachmes pourraient voir la valeur de leur créance se contracter, mais seulement s'ils sont non résidents - et dans cette hypothèse - ils verraient la valeur de leurs créances se déprécier parallèlement à l'évolution de l'euro-drachme sur les marchés internationaux . Si d'aventure ils décidaient de les céder à ce moment là leur perte serait matérialisée; autrement dit, les perdants potentiels ne seraient pas les résidents mais les non résidents détenteurs de créances monétaires.
Ce qui est vrai pour les avoirs monétaires le serait aussi pour les avoirs obligataires - dont les dettes souveraines - lesquelles seraient au terme de leurs échéances respectives payées en euros nationaux c'est-à-dire en euro drachmes pour la Grèce et ce à leur valeur nominale c'est-à-dire à leur prix d'émission.
Naturellement ces créances ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire spontanée - des euro- euros - en euros nationaux, mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires.
Aussi pourrait-on très bien imaginer que face à une dépréciation significative des créances sur ces marchés, leurs détenteurs et exclusivement les banques et entreprises non résidentes - seraient conduites à constituer des provisions compensatoires.
Mais rien n'interdirait de penser que ces provisions pourraient être reprises en cas d'appréciation ultérieure de la valeur de leurs créances sur les marchés, due à une prospérité retrouvée, grâce à une politique économique indépendante susceptible d'entrainer un retour à la croissance et à une évacuation du chômage de masse. Cela pourrait tout particulièrement jouer pour la Grèce qui retrouverait ainsi la compétitivité de son industrie touristique


L' avantage du nominalisme monétaire

L'avantage considérable de cette formule résulte de l'application du nominalisme monétaire qui, en l'espèce, veut qu'un euro national quel qu'il soit, vaille toujours nominalement un euro-euro. Seuls les détenteurs non résidents d'euro nationaux pourraient voir éventuellement la valeur de leurs créances se déprécier sur les marchés tant qu'elles ne sont pas arrivées à leur échéance respective - moment auquel ils en récupéreraient - rappelons le - la totalité à leur valeur nominale.
L'euro zone redeviendrait une zone monétaire soutenable et durable ; l'Allemagne (9) n'aurait plus à effectuer des transferts financiers qui s'annoncent sans fond et la Grèce à supporter un appauvrissement qui s'annonce sans fin.
Dans ce nouvel univers monétaire, chacun retrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et services sans avoir à rendre compte à une quelconque troïka en cas de difficulté, laquelle aurait été par avance résolue et éliminée par l'adoption de changes multiples ou autonomes en lieu et place d'une monnaie unique. La France retrouverait ainsi sa souveraineté cambiaire tout en conservant l'euro.
Et enfin, ultime avantage de la formule : rien n'interdirait aux différents euros nationaux de se mettre en parité fixe les uns par rapport aux autres et ce à parité modifiée ou à parité retrouvée. Une telle hypothèse est tout-à-fait imaginable si l'on se réfère à celle de l'euro par rapport au dollar qui est passé d'abord de 120 cents, son cours d'introduction à 80 cents et ensuite de 160 cents à 120 cents et retrouver ainsi son cours d'introduction quinze ans après celle-ci .
De telles appréciations ou dépréciations sont préférables à des réévaluations ou des dévaluations, et surtout à des dévaluations dites internes, c'est-à-dire l'ajustement des salaires et des retraites à la baisse - prônées par notre partenaire allemand -qui frappe l'ensemble des revenus des agents économiques et pas seulement celui des exportateurs, D'ailleurs, la France jusqu'à présent n'a pas voulu s'engouffrer dans cette voie afin de préserver son modèle social, en fait exercer sa souveraineté sociale en toute plénitude, souveraineté à laquelle les citoyens sont plus qu'à tout attachés .

La France reprendrait son destin monétaire

Paradoxalement le maintien de l'euro devenu euro franc pour la France impliquerait sa sortie de l'Union économique et monétaire. Cela se traduirait par le rapatriement de notre quota de réserves publiques de changes de Francfort à Paris dans les caisses de la Banque de France. Ce mouvement serait accompagné par la cession des actions détenues par le Trésor français dans le capital de la Banque centrale européenne.
En définitive, par la nationalisation de l'euro, la France pourrait ainsi reprendre en mains la maîtrise de son destin monétaire , élément fondamental de sa souveraineté , et redevenir par là, Prince dans sa République, autrement dit Paris primerait Bruxelles, Francfort et New York. Pour la France , une nouvelle politique économique : c'est maintenant !
Celle-ci s'exercerait au sein de l'Union européenne dont la France ferait toujours partie . Elle n'a pas à quitter l'Europe qui est une réalité géographique, historique et économique. Son avenir ne peut se déterminer qu'à partir de cette économie monde, selon la formule de Fernand Braudel.


Bruno MOSCHETTO
Professeur de Sciences Economique à l'Université PARIS I et HEC
Auteur de « Tout savoir ou ;presque sur la face cachée de l'euro »
Editions Arnaud Franel

Articles référencés

(1) La zone euro orpheline de gouvernement économique-Jean Arthuis - Le Figaro - 2 Mars 2013
(2) L'euro entre intégration et éclatement - Nicolas Baverez - Revue Espoir - Décembre 2014
3) Zone euro : faut-il rester ou en sortir ? - Thierry Pouch - Paysans et Société - Janvier/Février 2014
(4) Le mythe de la convergence - Michel Honechsberg - Revue Banque - Juin 2012
(5 ) La BCE étudierait trois options pour son plan d'achat de dettes - Isabelle Couet - Les Echos - 7 Janvier 2015
(6) La voie la plus sage est de mettre fin à l'euro de façon bien planifiée - Luiz Carlos Bresser - Pereira - Le Monde 7 Août 2012
(7) L'euro est mort vive l'euro franc - Dominique Garabiol et Bruno Moschetto - Le Monde 30 Septembre 2011
(8 ) Une sortie pour la Grèce : l'euro drachme - Bruno Moschetto - Le Monde - 28 Mai 2012
(9) L'Allemagne « Triple A » : Pays pauvre - Thomas Schnee - Le Courrier - 27 Février 2012

B - Références bibliographiques
Bénassy-Quéré (A) Coeuré (B) - Economie de l'euro - Repères - La Découverte - 2014
Chevènement (JP) - La France est-elle finie ? - Fayard - 2011
Chevènemant (JP) et Alii - L'euro monnaie unique peut-il survivre - Fondation Res Publica - 2012
Dedieu (F) et Alii - Casser l'euro pour sauver l'Europe - Les liens qui libèrent (LLL) - 2014
Delaume (C) - Europe, les Etats désunis - Michalon Editeurs 2014
Jurgensen (P) - L'euro pour tous - Odile Jacob - 1998
Krugman (P) - Sortez-nous de cette crise maintenant - Champs - Flammarion - 2013
Maris (B) - Keynes ou l'économiste citoyen - Les Presses de Sciences Po - 2007
Moschetto (B) - Tout savoir ou presque sur la face cachée de l'euro - Préface de Jean-Pierrre Chevènement - Editions Arnaud Franel - 2011
Sapir (J) - Faut-il sortir de l'euro ? - Le Seuil – 2012

3-Le RENOUVEAU indispensable

L'euro-franc

Le titre de ce message est volontairement oxymorique et me permet d'introduire une idée concernant notre monnaie.

L'euro doit faire face à plusieurs exigences telles que d'être une monnaie à portée internationale capable de rivaliser avec le dollar, le yuan, ou le yen, ainsi que d'être une monnaie permettant aux pays l'ayant adoptée de compétiter à armes égales sur le marché intérieur de la zone euro.



Le premier point est quasiment acquis depuis quelques années, l'euro oscillant généralement entre 1.35 et 1.42 dollars, et étant ainsi conforme à la politique de la BundesBank de feu le Deutsche Mark fort, puis du Franc fort à partir des années 80. Cette politique possède des inconvénients, mais a également la vertu d'instaurer la confiance sur le long terme, condition sine qua non d'une politique à longue échéance, et non à courte vue comme aujourd'hui.



Un euro fort permet aussi de juguler plus aisément l'inflation ; la contre-partie est de rendre moins compétitifs les pays qui n'ont pas les fondamentaux suffisants pour supporter cet euro fort. C'est le cas des pays tels que l'Italie ou l'Espagne, voire dans une certaine mesure la France actuelle. C'était le deuxième point des exigences citées ci-dessus.



Comment donc faire le grand écart entre ces exigences contradictoires ? Je propose d'utiliser la notion de monnaies dérivées, i.e. de jouer sur la granularité économique. A un niveau macro, c'est-à-dire au niveau mondial, l'euro doit rester la monnaie d'échanges internationaux. Un pays de la zone euro achètera ou vendra en euro uniquement n'importe où dans le monde, que ce soit en dehors de la zone euo ou à l'intérieur de celle-ci.



En revanche, au niveau de chaque pays, la monnaie utilisée sera l'euro-XXX, avec XXX étant le nom de la monnaie locale. Par exemple, l'euro-franc, l'euro-mark, l'euro-lire, ...



Personne ne pourra acheter d'euro-francs en dehors de la France. Cette restriction évite ainsi que l'euro-franc soit soumis aux marchés, seul l'euro ayant ce "privilège", privilège qu'il peut assumer en tant que monnaie à statut international.



Quel est donc alors l'intérêt de cette monnaie ? Chaque gouvernement pourra dévaluer ou réévaluer sa monnaie par rapport à l'euro, et donc avoir la marge de manoeuvre qui lui manque aujourd'hui pour être compétitif. Chaque pays possède ses points forts et ses points faibles. Cette souplesse lui permettra d'ajuster son économie au marché mondial. Par exemple, l'Allemagne a comme point fort ses machines outils ; l'Italie avait également ce point fort jusqu'à il y a peu. Du temps de la Lire, un industriel pouvait donc être tenté d'acheter plutôt une machine outil italienne qu'une machine allemande en raison de la différence de prix substantielle entre les deux machines. Avec un marché unique, et une même monnaie, les coûts se nivellent et la machine outil italienne devient moins compétitive que son homologue allemande, sachant que la machine allemande est à l'heure actuelle de meilleure qualité que l'italienne. Pouvoir dévaluer l'Euro-lire permettra à l'Italie de redevenir compétitive.

De même, l'Espagne d'aujourd'hui exporte surtout des produits agricoles qui dégagent peu de marge de profit par rapport aux machines outils. Vendre en Allemagne avec un Euro-mark fort permettra de dégager sur la marché espagnol plus de marge.



J'entends déjà l'objection que cet ajustement des monnaies au sein de la zone euro va désorganiser le marché. Oui et non en fait. Aujourd'hui l'Allemagne peut être comparée au sein de notre euro-marché à la Chine au niveau mondial. La Chine vend au reste du monde avec un Yuan notoirement sous-évalué... ce qui est le cas de l'Allemagne aujourd'hui au sein de la zone euro. Si l'Allemagne sortait de l'euro, le DM serait mécaniquement réévalué... et rendrait moins compétitives ses machines outils... et cela sans bénéficier des avantages d'une zone euro "protégée" et captive.



Par ailleurs, les emprunts d'état seront effectués en euros (eurobonds par exemple) ; dévaluer ou réévaluer une monnaie aura donc des conséquences sur les remboursements des dettes... Les politiques économiques de chaque pays devront donc être vertueuses pour pouvoir utiliser avec pertinence le mécanisme de la dévaluation ou celui de la réévaluation.



Concrètement, comment mettre en oeuvre ces monnaies dérivées ? Par l'introduction d'une monnaie "virtuelle", c'est-à-dire d'une monnaie n'ayant pas de concrétisation physique : pas de pièces de monnaie, pas de billets... Le seul moyen de payer sera de le faire par le truchement de la carte bancaire, ou carte de type moneo. Les deux monnaies, Euro et Euro-franc, pourront avoir cours dans le pays ; on pourra payer ainsi une baguette 1 euro-franc, ou 0,87 euros par exemple. Le passage à la monnaie électronique aura pour conséquence de ne pas voir circuler deux monnaies différentes dans un même pays et permettra de substantielles économies au niveau de l'état.



Bien cordialement

4- L'euro : de la monnaie unique à la monnaie commune Par Nicolas Dupont-Aignan

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=iTyCY-McpO8

5-Euro / Notes / Politiques de développement / Théorie économique




Macron et le fantôme du fédéralisme en zone Euro

par Jacques Sapir · 13 septembre 2015




Notre Ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a fait, il y a quelques jours des déclarations importantes sur l’Euro dans un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung. Il y détaille ses propositions, établies en commun avec le Ministre allemand de l’économie, M. Sygmar Gabriel (SPD). Ceci a été largement repris dans l’hebdomadaire français Le Point[1]. Cette déclaration n’est pas nouvelle. Mais, venant après la crise qu’a connue la zone Euro avec la Grèce au début de l’été 2015, elle prend une signification particulière. En fait, elle revient à admettre la nature politique de l’Euro et à indiquer que ce dernier doit être désormais le cadre de la gouvernance économique.



Ce que Macron dit

Il faut donc étudier les déclarations d’Emmanuel Macron. Après avoir renouvelé un appel à de nouveaux transferts de souveraineté impliquant qu’une large part de la politique économique française soit transférée à Bruxelles par le biais d’un « gouvernement économique de la zone Euro », il ajoute que ce gouvernement pourrait «veiller aux transferts financiers nécessaires lorsqu’un pays est affecté par une crise» mais aussi «promouvoir les réformes souhaitables pour éviter les divergences entre nos économies[2]». Il s’agit en réalité de transférer le pouvoir décisionnel à un commissaire européen, en laissant aux gouvernements nationaux une simple capacité d’application.

Les compétences de ce commissaire économique à la zone Euro seraient ainsi définies «le gouvernement de l’euro serait conduit par un commissaire aux compétences étendues», qui pourrait «attribuer des moyens d’investissement ou parler de politique du marché du travail ».

Trois choses ici sont à noter. La première est qu’il est fait référence à des « transferts financiers » mais uniquement quand un pays « est affecté par une crise ». Or, l’expérience des Etats (qu’ils soient unitaires ou fédéraux) montre que ces transferts doivent (et sont) être permanents. La deuxième chose à noter est qu’il est fait référence dans les « compétences étendues » aux « moyens d’investissements ». Mais, rien n’est dit sur le nécessaire rééquilibrage entre le niveau d’investissement des pays ni sur le financement de ces derniers. Et pour cause : cela impliquerait de reconnaître la nature permanente (ou en tout cas de très long terme) des transferts financiers. Une troisième chose importante à noter est que Macron évoque à la fois qu’il convient de promouvoir « promouvoir les réformes souhaitables pour éviter les divergences entre nos économies » et, dans les compétences étendues conférées au futur commissaire européen que ce dernier serait habilité à « ou parler de politique du marché du travail ». Nul par il est fait mention d’une « Europe sociale » ou d’une harmonisation des législations sociales en Europe. La question est réduite au « marché du travail ».



Convergence et mythes

Le discours qui tend à l’instauration d’une structure fédérale au niveau de la zone Euro est en réalité ancien. Il ne se limite d’ailleurs pas aux déclarations des ministres. Michel Aglietta et Nicolas Leron reviennent sur cette idée de « fédéralisme » dans la zone Euro dans un article (en anglais) du 11 septembre 2015[3]. Ils insistent sur ce qu’ils appellent « l’incomplétude » de la zone Euro, dont ils soulignent qu’elle a été mise en évidence par la crise grecque de fin juin et début juillet. Rappelant que la monnaie peut aussi être analysée comme un bien public, ils ajoutent « Un bien public par excellence, une monnaie, ne peut fonctionner sans un lien organique avec le pouvoir politique. Elle requiert un souverain »[4]. Ils insistent plus loin en précisant que l’Euro est incomplet (et ne peut donc pas fonctionner, ce qui engendre des crises à répétitions) parce qu’il ne fait pas référence à une dette sociale commune.

Ce point n’est pas nouveau. L’idée que l’Euro implique la construction d’un Etat fédéral a déjà été avancée par Aglietta[5]. De même, la confusion faite entre la notion de « dette sociale » et l’usage social de la Dette est ancienne pour qui suit les travaux de cet auteur. On s’en est expliqué il y a quinze années de cela[6]. En fait, Aglietta ne cesse de répéter les mêmes choses depuis maintenant près de 10 ans en ce qui concerne l’Euro. Et les problèmes qu’il identifie dans le fonctionnement de l’Euro sont réels, avec des constats d’ailleurs largement partagés[7]. Certaines de ses remarques sont justes. Mais, leur répétition sur une aussi longue période devrait alerter un esprit ne serait-ce que (légèrement) critique. Si la remarque concernant la nécessaire « unification » politique pour faire fonctionner l’Euro ainsi que les remarques sur la tout aussi nécessaire union fiscale et sociale sont pertinentes, elles n’ont jamais été suivies d’effets. L’Euro est appelé à rester une monnaie incomplète non par manque d’imagination des politiques mais au contraire par desseins de ceux-ci, ou du moins de certains d’entre-eux. L’Euro est une monnaie au service d’un projet politique : la réalisation d’une grande régression sociale par rapport aux cadres sociaux et économiques construits de 1945 aux années 1980. Cette régression est nécessaire pour la consolidation du pouvoir des « 1% les plus riches » sur la large majorité de la population européenne. C’est pourquoi Emmanuel Macron, qui est un homme intelligent et lucide, ne parle que de transferts transitoires, et réduit la question sociale au simple « marché du travail ». Car, comme on le dit dans Hamlet, « il y a de la méthode dans cette folie ».



Les conditions du fédéralisme

L’existence d’institutions fédérales nécessite deux choses. Tout d’abord qu’il y ait un peuple, non au sens ethnique, religieux, ou même linguistique (que l’on pense à la Confédération Helvétique) mais au sens de la communauté politique. Autrement dit que des éléments de culture politique soient partagés, que des institutions, des règles implicites soient communes. Or, l’histoire des Nations européennes a été aussi, et peut-être même avant tout, l’histoire de la spécification de cultures politiques différentes. Cette inexistence d’un « peuple européen », en dehors de tous les délires racistes de certains, constitue le premier obstacle, largement irrémédiable, sur la route du fédéralisme européen. De fait, le discours de la mouvance dite « identitaire », parce qu’il reprend des thèmes racistes, se trouve en parfaite adéquation avec tant l’Euro que le fédéralisme d’une « grande patrie » européenne, peuplée de blonds dolichocéphales aux yeux bleus…

Mais il y a une autre chose qui, à court terme, gène considérablement tous ceux qui voudraient faire du « fédéralisme » européen. C’est le coût économique de ce fédéralisme. Si l’on veut faire un fédéralisme qui fonctionne réellement il faudra dégager des moyens économiques importants[8], ne serait-ce que pour équilibrer les avantages acquis de compétitivité. La compétitivité allemande n’est pas que le produit de gains de productivité et d’une faible inflation. C’est aussi un gain en qualité des produits, en capacité à « monter en gamme ». Ceci peut se mesurer par la comparaison des dépenses de Recherche et Développement (R&D) tant publiques que privée. Ici l’écart avec les pays du « sud » de la zone Euro est important, et régulier, sur longue période. En se limitant à quatre pays du « Sud », c’est-à-dire l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal, le total se monte à 257,71 milliards d’euros par an. Ce total n’est pas le total de tous les transferts (d’autres pays ont des besoins), et il n’inclut pas la contribution communautaire (qui est un coût net pour des pays comme l’Allemagne et la France), mais il couvre les besoins nécessaires pour que puisse survivre la zone Euro hors les besoins financiers immédiats, qui impliquent déjà une contribution non négligeable de l’Allemagne et de la France. Si l’on y ajoute les sommes nécessaires pour permettre à ces pays de se relever de l’austérité qui leur a été imposée, et de compenser les dommages causés à leurs sociétés, on approche des 300 à 320 milliards d’euros par an. Il s’agit ici bien entendu de transferts nets sur seulement 4 pays. Environ 90% de ces sommes devraient être financées par l’Allemagne, soit entre 270 et 288 milliards d’euros. On est clairement bien au-delà de ce qui est tolérable pour ce pays[9].



La stratégie allemande

Même en tenant compte d’un possible financement partiel par la Banque Centrale Européenne, il n’en reste pas moins que l’on est sur des niveaux qui sont impossibles à financer pour l’Allemagne, que celle-ci en ait ou non la volonté. Dès lors, on peut comprendre la stratégie de Mme Merkel qui cherche à obtenir un droit de contrôle sur les budgets des autres pays via des propositions de « fédéralisme » qui lui donnerait le contrôle politique sur les dépenses publiques, mais qui se refuse à envisager une « union de transferts » qui serait cependant la forme logique que prendrait une structure fédérale pour la zone Euro. C’est bien pour cela que l’Allemagne vient de refuser toute mesure qui permettrait en réalité à l’Union bancaire de fonctionner[10]. Il faut donc comprendre que, derrière le terme de « fédéralisme » se cachent deux réalités absolument opposées : pour l’Allemagne, l’idée d’un contrôle sur le budget des autres et pour la France et l’Italie, l’idée d’une évolution vers l’Union de transfert. Cette opposition est irréductible. Il ne pourra y avoir de « fédéralisme » qu’aux conditions de l’Allemagne, c’est à dire l’acceptation par les autres pays d’un droit de contrôle de cette dernière sur leurs budgets.

Il convient donc de tirer toutes les conséquences de ceci : le fédéralisme n’est pas aujourd’hui possible et il est sans objet de disserter sur le fait de savoir s’il serait une bonne ou une mauvaise solution. Il ne reste donc que deux possibilités : soit l’appauvrissement rapide des pays du « sud » de la zone Euro, avec les conséquences politiques extrêmement déplaisantes que l’on devine et qui pourraient bien aboutir à une remise en cause de l’Union Européenne elle-même, soit la dissolution de la zone Euro pour permettre les réajustements nécessaires sans recourir à des transferts massifs.

Il est donc important de regarder ici la réalité en face. L’idée d’un « autre Euro » ou d’un « Euro démocratique », que reprennent des personnalités politiques de gauche, soit sincèrement soit pour masquer leur connivence de fond avec la politique austéritaire, est une idée mort-née. Poursuivre dans l’Euro, c’est accepter la destruction de la totalité des acquis sociaux, et en particulier dans le domaine du travail, qui ont été accumulés depuis 1945. C’est accepter que les travailleurs ne soient plus que des « pauvres bêtes portant sur leur dos leurs peaux à tanner ». C’est pourquoi seule une dissolution de la zone Euro est aujourd’hui envisageable.



Notes

[1] Le plaidoyer de Macron pour un « gouvernement de la zone euro » in Le Point, le 31 août 2015, http://www.lepoint.fr/economie/le-plaidoyer-de-macron-pour-un-gouvernement-…

[2] Les citations sont tirées de Le Point, le 31 août 2015, http://www.lepoint.fr/economie/le-plaidoyer-de-macron-pour-un-gouvernement-…

[3] Aglietta M. et Leron Nicolas, The Eurozone: Looking For The Sovereign, not postée le 11 septembre 2015 sur le blog SocialEurope, http://www.socialeurope.eu/2015/09/eurozone-looking-sovereign/

[4] « A public good par excellence, a currency cannot function without an organic link to political power: it requires a sovereign »

[5] Aglietta M, Zone Euro : éclatement ou fédération, Michalon, Paris, 2012

[6] Voir Sapir J., Les trous noirs de la science économique – Essai sur l’impossibilité de penser le temps et l’argent, Albin Michel, Paris, 2000 et Idem, « Le troc et le paradoxe de la monnaie » in Journal des Anthropologues, n°90-91, décembre 2002, pp. 283-304. Sur les fondements de cette confusion, voir Sapir J., « Réponse à Deleplace et Orléan » in Multitudes, n°9, mai-juin, pp. 196-199.

[7] Sapir J., « La Crise de l’Euro : erreurs et impasses de l’Européisme » in Perspectives Républicaines, n°2, Juin 2006, pp. 69-84.

[8] Sapir J., “Le coût du fédéralisme dans la zone Euro”, billet publié sur le carnet Russeurope le 10/11/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/453

[9] Artus P., « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de l’Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La réponse est oui », NATIXIS, Flash-Économie, n°508, 17 juillet 2012.

[10] Godin R., Pourquoi l’Allemagne refuse le dernier pilier de l’Union bancaire, La Tribune, 11 septembre 2015, http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/pourquoi-l-allemagne-refu…

6-Le coût d’un maintien dans l’euro par Jacques Sapir · 28 mars 2017

https://russeurope.hypotheses.org/5853

ET…………………

7- Le coût du fédéralisme dans la zone Euro par Jacques Sapir

http://russeurope.hypotheses.org/453

end


MACRON LE MENTEUR ne mérite pas votre voix le dimanche 7 mai 2017
GUERIN


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2016
Messages: 542
Localisation: LE MANS
Masculin Capricorne (22déc-19jan)
Point(s): 167
Moyenne de points: 0,31
Répondre en citant
8-LES VRAIS VISAGES DE MACRON

QUI a voulu la monnaie unique ???à écouter avant de voter le 7 mai 2017

Partagez SVP pour que les imposteurs soient démasqués !
Une analyse quasi prophétique (en 1996) des événements actuels (2016) de la part de JP Chevènement et Marie France Garaud .Je vous laisse apprécier la validité des analyses du pseudo-économiste Attali au regard de la situation actuelle. Aujourd'hui aucun journaliste ne lui pose de questions, mais il est invité partout pour diffuser son message ,moi je dirais pour injecter son venin ! Il ne travaille ni pour les intérêts de la France ni des français(comme le programme MACRON/ATALI de mai 2017) .
Jacques Attali : "Lorsque le traité de Maastricht sera appliqué, il est EVIDENT qu'il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique". MOAHAHAH

Partagez SVP pour que les imposteurs soient démasqués !

https://youtu.be/iTyCY-McpO8

L'euro, de la monnaie unique à la monnaie commune

https://www.youtube.com/watch?v=7rurl4O62TQ

La distinction entre monnaie commune et monnaie unique


https://www.youtube.com/watch?v=7nfLbPTlc5U

L'arnaque de l'Union Européenne (Charles de Gaulle 1962)

https://youtu.be/UYooV1emdhY

L'Euro ,monnaie Allemande sur mesure

https://youtu.be/sLaa6f7Voxs

Attali Garaud Chevènement sur la rigueur et l'euro 1996

https://www.youtube.com/watch?v=sLaa6f7Voxs


https://youtu.be/0jksiASk5M4

Asselineau attali a tout dit sur macron sa créature…présenté à Hollande
Ajoutée le 29 avr. 2017


EMMANUEL MACRON C'EST LE VIDE TOTAL !
CE SONT LA LES PROPOS DE JACQUES ATTALI L'HOMME QUI A PRÉSENTÉ MACRON A HOLLANDE !
RAPPELONS QUE ATTALI A "CONSEILLÉ" TOUT LES PRÉSIDENT QUI SE SONT SUCCEDÉS A L’ÉLYSÉE !


https://www.youtube.com/watch?v=7nfLbPTlc5U

L'arnaque de l'Union Européenne (Charles de Gaulle 1962)

https://www.youtube.com/watch?v=6jIrpNCzA-s

L'histoire méconnue de la BANQUE DE FRANCE par l'historien Henri Guillemin (droit à l'essentiel)
Citation de Mauriac sur les banquiers


MACRON =RETOUR AUX MAGOUILLES UMPS=1er mensonge
GUERIN


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2016
Messages: 542
Localisation: LE MANS
Masculin Capricorne (22déc-19jan)
Point(s): 167
Moyenne de points: 0,31
Répondre en citant
MACRON =RETOUR AUX MAGOUILLES UMPS=1er mensonge

Et boum : le dernier rebondissement politique de la campagne est aussi le premier rétropédalage majeur d'Emmanuel Macron sur le renouvellement des élites

Après avoir déclaré hier à Albi qu’il voulait renouveler les élites politiques “jusqu’au bout”, notamment en annonçant qu’il n’investirait pas aux législatives des candidats issus d’autres partis, Emmanuel Macron s’est lancé dans un premier rétropédalage.

Emmanuel Macron n'est "pas sûr de faire la campagne électorale des législatives avec l’étiquette En Marche!"

A 48 heures du second tour, l'ancien ministre de l'Economie a expliqué vendredi soir qu'en cas de victoire, son gouvernement comptera des "figures de la droite et de la gauche parce qu'il faut savoir construire cet alliage du neuf et de l'ancien".

Au demeurant, le sondage Atlantico Harris Interactive du jour montre bien que l’opinion ne souhaite globalement pas accorder une majorité parlementaire à Macron. 57% des Français expriment clairement la volonté de le laisser minoritaire

http://www.atlantico.fr/pepites/emmanuel-macron-est-pas-faire-campagne-electorale-legislatives-avec-etiquette-en-marche-3039387.html#vqGZzE84G8Zccm6p.99

http://www.atlantico.fr/decryptage/et-boum-dernier-rebondissement-politique-campagne-est-aussi-premier-retropedalage-majeur-emmanuel-macron-renouvellement-elites-3040284.html#efJwPuiCroIQwIAM.99

end


MACRON LE MENTEUR ne mérite pas votre voix le dimanche 7 mai 2017
Contenu Sponsorisé


MACRON LE MENTEUR ne mérite pas votre voix le dimanche 7 mai 2017
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure  
Page 1 sur 1  

  
  
 Répondre au sujet