Vie Politique et Philosophique Index du Forum
Vie Politique et Philosophique
Forum en vue de débattre de l'actualité politique…Échanger les idées et les opinions en toute sérénité, loin du tumulte ambiant.
Répondre au sujet
Le PROJET MACRON et en même temps une bande d’arrivistes
GUERIN


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2016
Messages: 587
Localisation: LE MANS
Masculin Capricorne (22déc-19jan)
Point(s): 178
Moyenne de points: 0,30
Répondre en citant
PublicitéSupprimer les publicités ?
Le PROJET MACRON et en même temps une bande d’arrivistes

Si on coupe le social de la liberté alors le social devient du charitable. Y compris dans l’idée de « république sociale » : si, pour faire court, on oublie le terme démocratique, tout change de face d’où la question suivante, celle de la liberté
Dans la fable de Monsieur Seguin, la chèvre est prise entre la soumission à son maître qui la soigne bien, et l’appel à la liberté qui lui coûte la vie au prix tout de même de la découverte du monde ! La droite sociale et la droite libérale s’épaulent à merveille, le loup servant d’épouvantail pour le maître, et le maître d’épouvantail pour le loup.
« La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce » ! Nous y sommes.
Car dans la rue, ce n’est pas vive l’empereur qu’on entend à la criée, pas « vive Macron » que scandent les milliers de cheminots, d’étudiants, de fonctionnaires, d’employés de Carrefour, et autres travailleurs, salariés, ouvriers, jeunes ou retraités…
Le pouvoir repose d’abord sur une poignée de décideurs, la garde rapprochée du président qui fixe la feuille de route en relation avec l’union européenne. Ce sont eux qui ont nourri la « jeune pousse » pour lui permettre d’accéder au pouvoir. Les Jouyet, les Attali, les amis de la banque, les relations entretenues dans les cabinets ministériels comme dans les bureaux d’affaire, de Hollande à Rothschild…

Le pouvoir repose ensuite sur cette catégorie de « traitres » issus des deux bords qui offrent leur expérience à un régime qui assure leur survie. Un régime qui peut donc tout attendre d’eux, sans état d’âme. La liste est longue et en dresser un inventaire exhaustif serait peine perdue. Il y a les Collomb, les Le Drian, les Ferrand, les Castaner, les Caresche, les Delanoë, ou encore les Valls et les autres, tous ces anciens caciques du PS qui ont fait Macron tout en détruisant le parti socialiste. Il y a aussi les Hue, les De Rugy, les Pompili, ou encore les Cohn-Bendit… Et en écho les rescapés de la débâcle Fillon qui hier n’avaient de mots assez durs pour leur patron d’aujourd’hui, les Edouard Philippe, les Darmanin, ou autres Le Maire… Autant de traitres serviles par nature, par définition…

Le pouvoir repose enfin sur cette bande d’arrivistes issue du monde des affaires, jeunes chefs d’entreprise, jeunes DRH, jeunes aux dents longues dont la qualité première réside dans la capacité à applaudir à tout rompre la parole de leurs mentors. Ils donnent le spectacle exact de ce qu’ils représentent dans les travées de l’assemblée nationale, ne comprenant d’ailleurs rien aux écarts involontaires de tel ou tel ministre qu’ils acclament toujours sans état d’âme, sans réflexion, sans recul. Ainsi lorsque Christophe Castaner indique que « certains sans abris » sont à la rue car « ils refusent d’être logés », bref parce qu’ils le veulent bien. Ou lorsqu’un autre évoque « 50 SDF en ile-de-France », ni plus ni moins… Spectacle étonnant de voir comme un seul automate la troupe macronienne nourrir de salves d’applaudissement l’ignorance qui confine à la stupidité…

La mobilisation sociale est cruelle. Lorsque les nouveaux venus de la Macronie tentent de justifier la politique gouvernementale, ils se succèdent sur les plateaux de télévision complaisants, pour livrer des éléments de langage identiques, opérant par dénégation de façon plus grotesque les uns que les autres. Leurs propos « Nous ne voulons pas privatiser », « nous ne fermerons pas de lignes », « nous ne pensons qu’aux usagers », « nous voulons la qualité », etc… sonnent comme des aveux de culpabilité.


En fait, le pouvoir de Macron repose sur un entourage qui rappelle bien la société du 10 décembre de Louis Napoléon Bonaparte, que le peintre caricaturiste Honoré Daumier avait immortalisé avec son personnage « Ratapoil », militaire nostalgique de Napoléon 1er et militant forcené pour l’avènement de son neveu Louis-Napoléon Bonaparte à la dignité impériale. Un des Dessins les plus célèbres représente la « Prestation de serment d’un nouveau membre de la société philanthropique du dix décembre. »



Par Jean-Paul Damaggio • Histoire • Jeudi 14/01/2010
Jacques Cotta Le 7 avril 2018


Le PROJET MACRON et en même temps la société du 10 décembre
GUERIN


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2016
Messages: 587
Localisation: LE MANS
Masculin Capricorne (22déc-19jan)
Point(s): 178
Moyenne de points: 0,30
Répondre en citant


Le PROJET MACRON et en même temps la société du 10 décembre

Le 3 octobre 1968 les habitants de Lima découvrirent des chars dans la rue de la vieille ville. Le Général Velasco Alvarado venait de prendre le pouvoir en douceur afin de nationaliser une entreprise pétrolière nord-américaine. En 1962, il était en mission à Paris où il a pu étudier de près les faits et gestes de son idole : De Gaulle. La grandeur du Pérou, comme celle de la France, c’était de pouvoir dire merde au pouvoir des USA. Dix ans après, en 1972, un jeune officier vénézuélien était en mission à Lima où il a pu étudier les faits et gestes de son idole : Velasco Alavarado. Il en est parti en se disant qui lui n’attendrait pas d’être général, pour accéder au pouvoir ! En 1992 il tenta un coup d’Etat qui échoua mais qui lui valut l’oreille de la droite soucieuse d’en finir avec la social-démocratie. Il utilisa ce soutien pour arriver légalement au pouvoir et pour y conduire SA politique et non celle de ses soutiens. Vous l’avez reconnu, il s’agit d’Hugo Chavez, admirateur de Bolivar mais aussi de de Gaulle.


…… : « Pour Louis Napoléon comme pour de Gaulle, le peuple est le juge suprême et, plus encore, la source de tout pouvoir. C’est une idée que les deux hommes expriment avec les mêmes mots. » Philippe Séguin sait cependant que les mots n’ont de sens qu’en lien avec le contexte, et il cite Marx et son époustouflant 18 Brumaire qui dit du Napoléon de la Seconde République : « Pressé par les exigences contradictoires de la situation, se trouvant comme un escamoteur dans la nécessité de tenir fixés sur lui par une surprise continuelle les yeux des spectateurs pour leur faire croire qu’il était bien le remplaçant de Napoléon, obligé par conséquent, de faire tous les jours un coup d’Etat « en miniature », Bonaparte met toute l’économie de la société bourgeoise sens dessus dessous, touche à tout ce qui avait semblé intangible à la révolution de 1848. Grâce à cela, il rend les uns résignés à une révolution, les autres désireux d’en faire une et crée l’anarchie au nom même de l’ordre… »


Le nationalisme confondu avec la défense de la nation se change alors en créations économiques et sociales dont on ne finira jamais de répéter que, si le pouvoir fort attire les capitaux, le peuple n’en découvre que les miettes. A l’actif de Napoléon III on ne va plus cesser de répéter ses réalisations économiques et sociales. N’a-t-il pas autorisé les syndicats ? Développé les voies ferrées ? etc. Après Napoléon III on répètera la même chose pour Mussolini et ses grands travaux, Hitler et sa fin du chômage ou dernièrement Pinochet mettant le Chili sur les rails de la modernité économique. J’en conviens, Philippe Séguin crierait au scandale à lire de telles comparaisons anachroniques, or les courants politiques traversent les décennies. Aujourd’hui en Italie, même s’ils sont dans le même gouvernement, Fini et Berlusconi-Bossi s’opposent sur cette question. Fini s’est trouvé d’accord avec le ministre de l’économie qui a déclaré en 2009 que le travail précaire était nuisible à la vie familiale et qu’il fallait donc privilégier à nouveau les contrats à durée indéterminée. Berlusconi-Bossi ont crié au scandale car pour eux les pauvres ne seront jamais assez pauvres, les droits acquis seront toujours de trop, et les fonctionnaires qui sont le type même des contrats à durée illimitée sont la plaie économique majeure. Fini comme de Gaulle s’inscrivent dans cette droite sociale liée au catholicisme social.
Cette presse au ordres, j’en ai découvert une version moderne dans la Tunisie de Ben Ali ! Oui Louis Napoléon a rétabli le suffrage universel masculin dont la droite républicaine avait exclu 10% des plus pauvres, mais dans quelles conditions ? Après une répression qui frappa 100 000 personnes, il a supprimé le droit de réunion, d’association et la liberté de la presse ! Tout ce qui permit la « nationalisation » de la politique entre 1848 et 1851, et qui contribua à faire de la révolte de 1851, une révolte populaire dans les villages (les villes étant sous contrôle.
La Seconde République, puis pour une bonne part la Troisième, ont reposé sur la dite « petite bourgeoisie » qui pouvait ouvrir sa gueule devant la grande car elle avait les moyens économiques de résister.

Je suis un lecteur attentif et souvent admiratif de Jacques Rancière, philosophe de l’égalité, mais parfois je me demande où il place exactement la liberté. Il est totalement erroné de croire que la liberté authentique est issu mécaniquement de l’égalité. Nous retrouvons là tout le problème du système soviétique dont la mort n’a pas tué son idéologie : il fallait d’abord le développement économique puis viendrait ensuite la liberté (il fallait le développement économique puis viendraient ensuite les droits des femmes), alors que dans le capitalisme, la dite liberté était réduite à du « formel » à cause des inégalités sociales. Au bout d’un moment, lassé d’attendre, le peuple (et non les élites qui elles ont toujours la liberté et savent se recaser) ont fait leur révolution si bien qu’un Hongrois disait dernièrement à son cousin en France : « en dix ans de capitalisme on a perdu sept ans d’espérance de vie, mais c’était le prix inévitable pour accéder à la liberté. » Il y a le cas du Franquisme qui a, dit-on, provoqué le développement économique du pays. Depuis, on entend que grâce à l’Europe, l’Espagne a pu entrer dans le monde moderne. C’est sous-estimer le facteur économique que représente l’accès à la liberté. Dire en 1960, à un démocrate espagnols, que les libertés françaises étaient « formelles », c’était se moquer de lui qui savait que le PSOE comme PCE avaient leur base en France.



Et Sarkozy

En France mais aussi très souvent à l’étranger, Sarkozy est vêtu des habits de Napoléon III et les écrits de Victor Hugo au sujet de Napoléon III nous arrivent souvent en boucle par internet. En Italie son livre a été préface par Fini mais il est aussi l’ami de Berlusconi. Tente-t-il de jongler entre les deux ? Sa politique est claire : il pousse à la disparition du social. A Montauban en 2001 un adjoint à la nouvelle maire sarkozyste a déclaré qu’il serait idiot de privatiser la régie de l’eau. Il était un enfant de la droite sociale. En 2007, l’âge aidant il a laissé sa place, et depuis la mairie a décidé de privatiser l’eau et de faire disparaître, petit à petit, le secteur social en l’éclatant entre les autres services. L’entrée de la France dans l’OTAN, que Sarkozy rappelle peu en terme de bilan, l’écarte également du gaullisme comme son opposition à tout référendum. Mais connaissant bien la France, il se doit cependant de se couvrir sur l’autre côté d’où son amitié avec Lula (qui risque d’être ternie s’il est floué sur le marché des Rafales).
Par Jean-Paul Damaggio • Histoire • Jeudi 14/01/2010



Ne pourrait-on en effet, par bien des aspects, évoquer par exemple Macron pour Louis Napoléon Bonaparte, le neveu par lequel Marx termine sa liste? N’est-ce pas dans cette lignée que le pouvoir actuel avance inlassablement, reproduisant sous la forme d’une farce -farce elle-même tragique par bien des aspects- des mesures politiques et un mode de domination qui rappellent le bonapartisme?

Emmanuel Macron, son gouvernement, sa majorité rejouent sans sans fard ni retenue l’autoritarisme, le mépris, la violence qu’ont toujours fait peser sur la collectivité les pouvoirs installés à la tête de la 5ème république, pouvoirs bonapartistes cherchant perpétuellement les mêmes recettes à travers les temps.

Le régime actuel, sous couvert de modernisme alimenté comme un mantra satanique par la presse main stream unanime, ne fait en réalité que répéter à sa manière les tares du passé.

La farce?

« La réforme institutionnelle de 2018 pour la constitution de 1958 », pourrait-on ajouter à la liste dressée par Marx.

Les mesures annoncées ne chambouleront rien de la 5ème république. La réduction du nombre de députés et sénateurs, mesure populaire à la mesure du rejet que suscite le monde politique et qui est perceptible dans le taux d’abstention qui marque chaque élection, ne changera strictement rien au pouvoir, sinon en concentrant un peu plus celui dont bénéficie le petit Bonaparte Macron à la tête de l’état. La dose de 15% d’élus désignés à la proportionnelle pourra sans doute satisfaire les prétendants au strapontin électoral, mais ne modifiera strictement rien non plus à la logique du scrutin majoritaire. Comme la limite du cumul des mandats dans le temps à trois, là encore mesure populaire dans l’opinion, ne changera rien à l’exercice du pouvoir.

Le pouvoir risque de devoir politiquement passer par voie référendaire pour tenter de trouver une légitimation de toute sa politique qui ne cesse aujourd’hui de créer remous sur remous. C’est donc dans ce but que le leurre institutionnel est mis en avant, pour tenter d’amadouer une opinion publique qui sur le fond rejette une politique de casse généralisée, de l’emploi, des SP, des salaires, etc…

La farce?

C’est sans doute dans l’exercice du pouvoir même que l’analogie est la plus criante. Macron pour Louis Napoléon Bonaparte, son entourage pour la société du 10 décembre. Car sur quoi repose donc la majorité actuelle. L’exercice du pouvoir le démontre chaque jour, et l’apparition des jeunes macronistes dans les médias à l’occasion de la grève des cheminots a quelque chose de pathétique.

Le pouvoir repose d’abord sur une poignée de décideurs, la garde rapprochée du président qui fixe la feuille de route en relation avec l’union européenne. Ce sont eux qui ont nourri la « jeune pousse » pour lui permettre d’accéder au pouvoir. Les Jouyet, les Attali, les amis de la banque, les relations entretenues dans les cabinets ministériels comme dans les bureaux d’affaire, de Hollande à Rothschild…

Le pouvoir repose ensuite sur cette catégorie de « traitres » issus des deux bords qui offrent leur expérience à un régime qui assure leur survie. Un régime qui peut donc tout attendre d’eux, sans état d’âme. La liste est longue et en dresser un inventaire exhaustif serait peine perdue. Il y a les Collomb, les Le Drian, les Ferrand, les Castaner, les Caresche, les Delanoë, ou encore les Valls et les autres, tous ces anciens caciques du PS qui ont fait Macron tout en détruisant le parti socialiste. Il y a aussi les Hue, les De Rugy, les Pompili, ou encore les Cohn-Bendit… Et en écho les rescapés de la débâcle Fillon qui hier n’avaient de mots assez durs pour leur patron d’aujourd’hui, les Edouard Philippe, les Darmanin, ou autres Le Maire… Autant de traitres serviles par nature, par définition…

Le pouvoir repose enfin sur cette bande d’arrivistes issue du monde des affaires, jeunes chefs d’entreprise, jeunes DRH, jeunes aux dents longues dont la qualité première réside dans la capacité à applaudir à tout rompre la parole de leurs mentors. Ils donnent le spectacle exact de ce qu’ils représentent dans les travées de l’assemblée nationale, ne comprenant d’ailleurs rien aux écarts involontaires de tel ou tel ministre qu’ils acclament toujours sans état d’âme, sans réflexion, sans recul. Ainsi lorsque Christophe Castaner indique que « certains sans abris » sont à la rue car « ils refusent d’être logés », bref parce qu’ils le veulent bien. Ou lorsqu’un autre évoque « 50 SDF en ile-de-France », ni plus ni moins… Spectacle étonnant de voir comme un seul automate la troupe macronienne nourrir de salves d’applaudissement l’ignorance qui confine à la stupidité…

La mobilisation sociale est cruelle. Lorsque les nouveaux venus de la Macronie tentent de justifier la politique gouvernementale, ils se succèdent sur les plateaux de télévision complaisants, pour livrer des éléments de langage identiques, opérant par dénégation de façon plus grotesque les uns que les autres. Leurs propos « Nous ne voulons pas privatiser », « nous ne fermerons pas de lignes », « nous ne pensons qu’aux usagers », « nous voulons la qualité », etc… sonnent comme des aveux de culpabilité.


En fait, le pouvoir de Macron repose sur un entourage qui rappelle bien la société du 10 décembre de Louis Napoléon Bonaparte, que le peintre caricaturiste Honoré Daumier avait immortalisé avec son personnage « Ratapoil », militaire nostalgique de Napoléon 1er et militant forcené pour l’avènement de son neveu Louis-Napoléon Bonaparte à la dignité impériale. Un des Dessins les plus célèbres représente la « Prestation de serment d’un nouveau membre de la société philanthropique du dix décembre. »


Ratapoil, au centre du trio, pointant son gourdin vers le bas, tandis qu’à gauche, un militant à casquette hurle au nouveau membre la formule de son serment : « Je jure d’assommer tous les Parisiens qui ne crieront pas avec moi : vive l’empereur ! ». Les trois vont ensuite lever leur verre en répétant la formule.


« La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce » ! Nous y sommes.
Car dans la rue, ce n’est pas vive l’empereur qu’on entend à la criée, pas « vive Macron » que scandent les milliers de cheminots, d’étudiants, de fonctionnaires, d’employés de Carrefour, et autres travailleurs, salariés, ouvriers, jeunes ou retraités…

Jacques Cotta Le 7 avril 2018


Le PROJET MACRON et en même temps une bande d’arrivistes
Contenu Sponsorisé


Le PROJET MACRON et en même temps une bande d’arrivistes
Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures  
Page 1 sur 1  

  
  
 Répondre au sujet