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INTERNET ne doit pas tuer les élections
GUERIN


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Le "père du web" veut un nouveau "contrat pour internet"
Par latribune.fr | 06/11/2018, 7:22 | 429 mots
Le Britannique Tim Berners-Lee, principal inventeur du World Wide Web au tournant des années 1990, a lancé lundi un "contrat pour le web", pour rendre internet "sûr et accessible" à tous, lors de la soirée d'ouverture à Lisbonne du Web Summit, la grand-messe du numérique.
Comme d'autres vétérans des technologies numériques, Tim Berners-Lee voyait dans internet le moyen de construire une plateforme ouverte à tous, pour partager des informations.

Au cours d'une conférence donnée jeudi 18 octobre, au matin, à Las Vegas (États-Unis), Tim Berners-Lee, l'un des principaux inventeurs du Web, a plaidé pour une décentralisation d'Internet. L'informaticien britannique est revenu sur son projet en open source réalisé avec le MIT. "Solid" veut permettre aux internautes de stocker leurs propres données dans une sorte de coffre-fort numérique dont ils seraient responsables.
Retour aux sources. Pour Tim Berners-Lee, le père fondateur du World Wide Web, Internet fait fausse route en l'état actuel. L'informaticien britannique, critique régulier de la puissance des Gafa (acronyme désignant Google, Apple, Facebook, Amazon), a appelé jeudi 18 octobre à une décentralisation d'Internet lors d'une keynote donnée à Las Vegas.
"Aujourd'hui, beaucoup de gens me posent souvent la même question : "la chose que tu as créée il a des années de ça, est-ce que tu penses toujours que c'est une bonne idée ?" Et bien, c'est très difficile d'y répondre", a-t-il lancé en guise de préambule. Et de poursuivre :
"Quand j'ai commencé à créer le WWW, l'esprit était très différent d'aujourd'hui : c'était utopique. (...) Quand le premier blog est arrivé, et que les gens ont réalisé qu'ils pouvaient juste allumer un ordinateur, se connecter à Internet, utiliser des logiciels... Alors tout le monde était très excité."
Pub ciblée, manipulation... Les fléaux de Facebook
Tim Berners-Lee regrette aujourd'hui la domination d'Internet par une poignée d'entreprises.
"Aujourd'hui, les gens sont sur Facebook. Ce qui font et ce qu'ils voient sur Internet est déterminé par l'algorithme de Facebook, qui en profite pour en extraire des données extrêmement précieuses pour savoir qui ils sont et ce qu'ils aiment. (Le réseau social) les utilise ensuite pour proposer de la publicité ciblée, et même, leur dire pour quel candidat ils devraient voter aux prochaines élections", a-t-il taclé.
Lire aussi : "La Blockchain va permettre un Internet décentralisé libéré des Gafa" (Cyril Paglino, Starchain Capital)
L'informaticien est revenu sur le scandale Cambridge Analytica, qui a éclaté en mars dernier. Ce cabinet d'analyse a mis la main sur les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs Facebook, sans leur consentement.
"La réaction des gens a été de s'inquiéter pour l'abus réalisé sur leurs propres données, ce n'était pas de s'inquiéter qu'une (élection présidentielle) a pu être manipulée avec de la data", a commenté Tim Berners-Lee.
Point de non retour
Pour le père fondateur d'Internet, un point de non retour a été atteint. Afin d'y remédier, les internautes doivent reprendre le contrôle sur leurs données, estime-t-il. Depuis 2016, il travaille en collaboration avec le prestigieux MIT (Massachusets Institute of Technology) autour d'un projet en open source, baptisé "Solid". Le but : créer un nouveau système de gestion de données personnelles afin de "redonner le pouvoir" aux internautes sur leurs données. Cette plateforme, encore à ses prémices, permettrait concrètement de séparer des services les données issues de l'utilisation de leurs applications. Ainsi, chaque internaute pourrait être propriétaire de ses données, en les stockant dans une sorte de coffre-fort numérique (des "capsules" sur le service cloud de son choix.). Il pourrait également décider quel genre de données il souhaite partager, et avec qui.
"Peut-être que les premiers utilisateurs monteront à bord du projet pour protéger davantage leurs données", a estimé ce jeudi matin Tim Berners-Lee. "Petit à petit, les gens disposeront sur Internet d'un espace autonome permettant de restaurer la confiance avec les applications qu'ils utilisent", sans craindre un usage détourné de leurs données.
Poussant sa logique jusqu'au bout, l'informaticien espère à terme qu'il "n'y aura plus de business model qui incluent d'abuser des données des utilisateurs, il n'y aura plus de streaming reposant uniquement sur la publicité... Du point de vue des développeurs, leur seule préoccupation sera de construire des services utiles pour les utilisateurs."
Convaincre les géants du web de partager les données
Actuellement, les données générées lors de l'utilisation d'un service sont collectées et conservées par le service lui-même. Dans une note de blog publiée fin septembre, Tim Berners-Lee regrettait :
"Le modèle actuel oblige les utilisateurs à donner leurs données aux géants du web en échange d'un service. Et comme nous l'avons tous découvert, cela n'a pas été dans notre meilleur intérêt."
Encore faudrait-il que les géants du numérique, comme Google, Facebook ou Amazon, acceptent de créer des compatibilités avec Solid. A cet égard, Tim Berners-Lee se montre optimiste.
"Les gens se demandent comment pousser les grandes compagnies à partager les données. Elles s'y mettent déjà", a-t-il assuré en évoquant le "data transfer project".
Cet accord a été signé cet été entre Google, Facebook, Microsoft et Twitter pour permettre la portabilité des données entre leurs différents services. Avec cette initiative, "ces entreprises admettent explicitement, que d'un point de vue éthique et philosophique, les utilisateurs ont le droit à leurs datas".

A Lisbonne, il a dressé un bilan du web aux antipodes de ces idéaux.
"Nous avons perdu le contrôle de nos données personnelles et ces données sont transformées en armes contre nous. Le pouvoir d'accéder aux informations du monde entier est manipulé par des acteurs malveillants", dénonce la fondation du World Wide Web, qu'il a fondée, dans un document expliquant sa démarche.
"Beaucoup de choses ont mal tourné... Nous avons des 'fake news', des problèmes de respect de la vie privée, des personnes qui sont manipulées", a déclaré aux milliers de participants le physicien qui avait imaginé en 1989 un "système de gestion décentralisée de l'information", devenu l'acte de naissance du "web".
Un "contrat complet" d'ici mai 2019
Tim Berners-Lee a appelé les gouvernements, les entreprises et les citoyens à soutenir son initiative et à négocier un "contrat complet" d'ici mai 2019, "date à laquelle 50% de la population mondiale sera connectée pour la première fois".
Le gouvernement français, Google et Facebook ont été parmi les premiers à afficher leur soutien aux principes du contrat, tels que l'accès au web pour tous, la neutralité du Net et le droit fondamental au respect de la vie privée.
"Ce ne sont pas les Nations Unies du monde numérique", a toutefois précisé Nnenna Nwakanma, directrice des politiques à la fondation. "Nous avons des petits et des grands acteurs. C'est un appel à s'engager pour ceux qui veulent participer à la solution, qu'ils fassent partie du problème ou pas."
La fondation déplore les difficultés d'accès à internet, notamment dans les pays pauvres et pour les femmes. Elle condamne aussi l'extrême centralisation qui s'est produite sur internet, où "des milliards de personnes accèdent au web via une poignée d'entreprises géantes".
Plusieurs initiatives similaires ont été lancées depuis les débuts d'internet, comme la "Déclaration d'Indépendance du Cyberespace", rédigée en 1996 par John Perry Barlow, fondateur de l'Electronic Frontier Foundation. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a reconnu en 2012 le droit à la liberté d'expression sur internet et, en 2013, son Assemblée générale a appelé les États à "respecter et protéger le droit à la vie privée, y compris dans le contexte de la communication numérique".
(avec l'AFP)

Directeur du World Wide Web Consortium (W3C) w3.org, l'endroit pour s'entendre sur les standards du web. Fondé webfoundation.org - laissez le web servir l'humanité

Sep 29-5 min lecture

Un petit pas pour le Web.....

J'ai toujours cru que le web est pour tout le monde. C'est pourquoi moi et d'autres luttons férocement pour la protéger. Les changements que nous avons réussi à apporter ont créé un monde meilleur et plus connecté. Mais malgré tout le bien que nous avons réalisé, le Web est devenu un moteur d'iniquité et de division ; influencé par des forces puissantes qui l'utilisent pour leurs propres objectifs.

Aujourd'hui, je crois que nous avons atteint un point de basculement critique, et qu'un changement puissant pour le mieux est possible - et nécessaire.

C'est pourquoi, ces dernières années, j'ai travaillé avec quelques personnes au MIT et ailleurs pour développer Solid, un projet open-source pour restaurer le pouvoir et l'agence des individus sur le web.

Solid change le modèle actuel où les utilisateurs doivent remettre des données personnelles à des géants du numérique en échange d'une valeur perçue. Comme nous l'avons tous découvert, ce n'était pas dans notre intérêt. Solide, c'est ainsi que nous faisons évoluer le web pour rétablir l'équilibre - en donnant à chacun d'entre nous un contrôle total sur les données, personnelles ou non, d'une manière révolutionnaire.

Solid est une plateforme, construite à partir du web existant. Il donne à chaque utilisateur le choix de l'endroit où les données sont stockées, des personnes et des groupes spécifiques qui peuvent accéder aux éléments sélectionnés, et des applications que vous utilisez. Il vous permet, à vous, à votre famille et à vos collègues, de relier et de partager des données avec n'importe qui. Il permet aux gens de regarder les mêmes données avec différentes applications en même temps.

Solid libère des opportunités incroyables pour la créativité, la résolution de problèmes et le commerce. Il permettra aux particuliers, aux développeurs et aux entreprises de concevoir, de construire et de trouver des applications et des services innovants, fiables et bénéfiques, et de trouver de toutes nouvelles façons de le faire. Je vois de multiples possibilités sur le marché, y compris les applications Solid et le stockage de données Solid.

Les données devraient vous permettre

Solid est guidé par le principe de "l'autonomisation personnelle par le biais des données" qui, à notre avis, est fondamental pour le succès de la prochaine ère du web. Nous croyons que les données devraient donner à chacun d'entre nous les moyens d'agir.

Imaginez si toutes vos applications actuelles se parlaient, collaboraient et concevaient des moyens d'enrichir et de simplifier votre vie personnelle et vos objectifs professionnels ? C'est le genre d'innovation, d'intelligence et de créativité que généreront les applications solides.

Avec Solid, vous aurez une agence beaucoup plus personnelle sur les données - vous décidez quelles applications peuvent y accéder.

Injecter de l'élan

En 2009, j'ai dit : "Le web tel que je l'envisageais, nous ne l'avons pas encore vu." C'était parce que les gens utilisaient le Web uniquement pour des documents, pas pour les données d'un gros ordinateur à l'échelle du Web. Depuis lors, nous avons vu une vague de données ouvertes, mais pas de données en lecture-écriture. Par exemple, une grande partie des données gouvernementales ouvertes sont produites par un pipeline unidirectionnel, de sorte que nous ne pouvons que les consulter. Avec Solid, il devient un web en lecture-écriture où les utilisateurs peuvent interagir et innover, collaborer et partager.

Entre-temps, cependant, il y a une vague d'inquiétude, et l'énergie qui s'y rattache, désespérément en quête de changement. Les gens veulent avoir une toile en laquelle ils peuvent avoir confiance. Les gens veulent des applications qui les aident à faire ce qu'ils veulent et doivent faire - sans les espionner. Des applications qui n'ont pas d'arrière-pensée de les distraire avec des propositions pour acheter ceci ou cela. Les gens paieront pour ce genre de qualité et d'assurance. Par exemple, aujourd'hui, les gens paient pour le stockage dans des endroits comme Dropbox. Il y a un besoin d'une approche solide et différente et bénéfique qu'elle fournira.

Il faudra beaucoup d'efforts pour construire la nouvelle plate-forme Solid et favoriser son adoption à grande échelle, mais je pense que nous avons assez d'énergie pour amener le monde à un nouveau point de basculement.

J'ai donc pris un congé sabbatique du MIT, j'ai réduit mon implication quotidienne avec le World Wide Web Consortium (W3C) et j'ai fondé une société appelée inrupt où je vais guider la prochaine étape du web de manière très directe. Inrupt sera l'infrastructure qui permettra à Solid de prospérer. Sa mission est de fournir de l'énergie commerciale et un écosystème pour aider à protéger l'intégrité et la qualité du nouveau web construit sur Solid.

Il existe de nombreux exemples d'efforts dans le domaine de l'open-source qui ont énormément bénéficié de la contribution d'une entreprise bien financée. Alors que la communauté open-source est source d'initiative et d'innovation, les internautes de tous les jours et les entreprises recherchent souvent des applications et des services auprès d'une entité commerciale qui fournit également un soutien technique et des services commerciaux auxiliaires essentiels.



Je crois que ce même modèle sera essentiel au succès de Solid. Le succès d'Inrupt est totalement aligné sur celui de Solid. Mon partenaire et cofondateur invétéré est John Bruce, un chef d'entreprise expérimenté qui possède les compétences nécessaires pour concrétiser ma vision pour Solid. Nous partageons la même passion pour la création d'un web meilleur et plus équilibré.

Ensemble, Solid et inrupt offriront de nouvelles expériences qui profiteront à tous les internautes - et qui sont impossibles sur le web aujourd'hui. Où les particuliers, les promoteurs et les entreprises créent et trouvent des applications et des services novateurs, enrichissants pour la vie et les affaires. Où nous trouvons tous des services de confiance pour stocker, sécuriser et gérer les données personnelles.

Je suis incroyablement optimiste pour cette nouvelle ère du web.

J'agirai toujours en tant que fondateur et directeur du W3C, de la Web Foundation et de l'Open Data Institute, car ce sont des éléments essentiels pour protéger ce qui a été - et ce qui va venir. Inrupt, membre du W3C, utilise de nombreuses normes existantes et fait partie de la communauté de normalisation. La Web Foundation défend les droits sur les données dans le cadre de sa mission de promouvoir un Web libre et ouvert qui profite à l'humanité. Et la volonté de l'Open Data Institute de rendre les données aussi ouvertes que possible tout en respectant la vie privée est très pertinente. Je porte plusieurs chapeaux et lorsque je travaille à chaque titre, j'essaie toujours d'agir en fonction des intérêts de l'organisation.

Nous vivons une époque très excitante. Je m'engagerai à orienter l'orientation de Solid et à développer sa future gouvernance. Inrupt fera beaucoup de choses : sa première priorité sera l'écosystème Solid. Avec les bonnes valeurs et une infrastructure d'entreprise fondamentale, nous construirons des systèmes bénéfiques qui fonctionneront pour tous.

L'avenir est encore bien plus grand que le passé.

Suivez notre travail ici à inrupt et Solid


Lire le billet du PDG d'inrupt sur le blog : "Un nouveau monde d'opportunités"
(NOTA:TRADUIT de L'ANGLAIS par mes soins)


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