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En direct de la tête d'un psychorigide
ZeM


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Espérant que mes insomnies seront utiles si l'on a des psychorigides dans son entourage ou que l'on s'intéresse au sujet; ici l'explication détaillée pour en expliquer le fonctionnement et comment être serein face à ce trait de caractère.
En direct de la tête d'un psychorigide, l'expérience et le témoignage plutôt que les théories et clichés bidons.

Comme j'en ai marre des conneries et autres inexactitudes répétées ad nauseam, même par ces cons de psys (supposés professionnels) sur la psychorigidité, je vais faire ma tâche de donner des éclaircissements et éclairages sur ce qu'est vraiment la psychorigidité et la démystifier.
J'espère que de cette façon, chacun comprendra un peu mieux ce caractère particulier et que ça aidera à être plus serein(e) face à un psychorigide, qui n'est pas celui qu'on dépeint habituellement. Il y a juste à comprendre son fonctionnement assez simple, d'où ce texte (long parce que détaillé mais que j'espère instructif).

Tout d'abord, pourquoi je me permet d'en parler ? Parce que je le suis. Un psychorigide véritable et surement aux degrés les plus élevés. J'en ai conscience et le vis très bien. Donc déjà, la psychorigidité n'est pas une tare si on sait la contrôler, elle peut même devenir un point positif (sauf pour ceux qui préfèrent les œillères, mais le choix de la cécité et de l'illusion n'enlève ni ne modifie rien à la réalité).

Je vais donc préciser comment fonctionne la pensée d'un psychorigide, très différent de la démarche des psys qui prétendent "dire ce que pensent les psychorigides".

Alors déjà; on va bien préciser que la psychorigidité n'est aucunement une pathologie ni une maladie, seulement un trait de caractère assez particulier.
Comme son nom l'indique, c'est avoir l'esprit (psyché) qui n'a pas ou peu de souplesse (rigide). Doit-on rappeler que rigueur est un synonyme de rigidité ? Et qu'un des corollaires de la rigueur est la précision (et la logique) ?
Alors à quel moment se permet-on de considérer la psychorigidité comme un défaut ? Avoir un esprit droit, c'est plutôt enviable, non ? Ok, les psychorigides ne font jamais les clowns et ne se donnent jamais en spectacle, puisqu'ils manquent de légèreté et d'inconséquence par définition -ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas le sens de l'humour même si ça peut être pince-sans-rire (ceux qui me connaissent le savent), juste qu'ils ne sont comportent jamais comme les starlettes de la soirée, une honte et une disgrâce qu'ils ne pourront jamais subir eu égard à leur caractère.

Autre cliché qu'on entend souvent sur ce trait de caractère, c'est que la psychorigidité est un mécanisme qu'on se fait pour contrôler ses craintes et ses peurs. Ce qui est une généralité, donc en tant que telle c'est faux et d'autant plus dommageable que même ces cons de psys le prétendent alors qu'ils devraient avoir constamment en tête que le caractère est différent selon les personnes, leurs vécus et leurs expériences. Ce qui est vrai pour chaque individu; il en est de même pour la psychorigidité.

Certes, on ne naît pas psychorigide, on le devient et l'expérience et la vie feront qu'elle sera à des degrés divers et ses "points de gravité" - dans le sens gravitationnel mais je reviendrai là-dessus - seront différents. Pour certains, ce sera pour lutter contre la crainte ou la peur, donc une façon de se prémunir de la vie par la routine (la version des psys). Pour d'autres, comme dans mon cas, la psychorigidité peut se fonder sur la rage et la colère (et donc pas la crainte ou la peur, bien au contraire).
Pour résumer, je passe ma vie à lutter contre ma colère, ma psychorigidité est une digue, une protection contre cette rage qui peut survenir lorsque les choses ou les personnes qui me tiennent à cœur ne tournent pas rond ou se comportent comme des cons.
Bon, je rassure tout le monde, je suis quelqu'un d'apaisé en général, grâce à ce trait de caractère justement.

Le principe est donc celui-ci; la psychorigidité est composée de l'émotion principale contre laquelle le psychorigide voudrait, mais ne peut se séparer, la crainte pour certains, la colère pour d'autres, etc. Donc pour s'en prémunir d'abord lui-même (et les autres pour des raisons évoquées plus loin, néanmoins logiques); le psychorigide va se créer comme des digues par des principes, ses propres valeurs morales auxquelles il ne dérogera pas, ni pour lui-même ni pour les autres (à moins qu'on lui casse ses digues -hein les psys et juges qui veulent "soigner" la psychorigidité).

Ce qui rejoint un autre cliché sur ce trait de caractère dixit les psys et "pros" de la psyché humaine; que le psychorigide s'en tient à la loi. Non !
Le psychorigide, comme dit plus haut, possède ses propres points de gravité, qui sont plus ou moins importants, selon son expérience et sa vie passée. Même si ça y ressemble, ce n'est donc pas les lois qui dictent la psychorigidité. Ce sont ces points de gravitation (valeurs morales) qui vont faire les contours de la psychorigidité; une limite que l'individu ne pourra pas dépasser sous peine de ne plus avoir de repères ou de freins générés par ses principes et ses valeurs morales.

J'explicite ce point par mon exemple (parler de ce que je connais, c'est plus crédible que de faire des généralités foireuses comme le font les psys) :
Mon point de gravité le plus important, mon point cardinal, est la Liberté. Principe auquel j'accorde une importance sans limite. Précision; liberté ne veut pas dire "autorisation de tout faire" mais prendre des décisions, en porter la responsabilité sans que ça n'empiète (ou le moins possible) sur les libertés de qui que que ce soit à moins que ce ne soit justifié.
Par exemple, mentir est une obstruction à la Liberté car ça tord les perceptions et peut influer les décisions, ce qui défait le principe même de liberté - et c'est sans compter l'image déplorable, baltringue, non fiable et pas digne de confiance de la personne qui ment, ce qui est moche quand c'est une personne qu'on apprécie. Mais le psychorigide ne se voile pas la face, il en est incapable.

Ainsi, quand on commet sciemment une chose qui va à l'encontre de mes principes, ça hausse le niveau de colère (le socle de l'émotion que je cherche à contraindre par la psychorigidité) car ça crée à l’intérieur du périmètre de la psychorigidité un ou plusieurs points de gravité supplémentaires et néfastes qui n'ont rien à faire là, au milieu d'un ensemble de principes équilibrés.
En faisant un parallèle imagé avec l'astrophysique; un peu comme des effets de marées qui vont se mettre en branle (d'où l'expression utilisée "points gravitationnels").
Comme si quelqu'un jouait au billard (les boules qui s'entrechoquent de façon véloce) avec vos principes, le cœur même de votre pensée.. D'autant plus ravageur si c'est une personne que vous appréciez qui cause ce bordel monstrueux.

Donc, toutes mes décisions, toutes mes réflexions, toutes mes opinions passent en effet en premier par le prisme de la liberté.
Puis vient l’honnêteté, qui découle directement de l'application stricte de la Liberté -celle d'autrui autant que la notre et respecter les autres de la même façon qu'on veut être respecté. De là, on peut voir qu'à aucun moment je ne parle de lois, mais ce qui découle de mes principes, tel que ne pas voler, ne pas faire de mal volontairement et gratuitement est aussi inscrit dans la loi, mais c'est la culture judéo-chrétienne, donc logique qu'un psychorigide occidental, de cette culture possède des principes peu ou prou similaires. Mais pourtant, ce n'est pas la loi qui dicte mes principes, elle n'est que très secondaire à mes yeux (pour ça d'ailleurs que je m'entends aussi mal avec l'administration qui elle ne fonctionne que par le légal et moi que par les principes et la logique).

À ce point, j'espère qu'il y a le début de compréhension que la psychorigidité n'est pas ce qu'on en dit.
Mais je vais plus loin.

Cliché encore, les psychorigides aimeraient l'ordre, chaque objet à sa place au millimètre près. Oui pour la première partie de la phrase, non pour le seconde partie.
Un psychorigide, par définition, a les idées et les façons de penser qui suivent des logiques, il ne peut appréhender le monde et la vie que comme ça; par le détail et les logiques. Donc ses pensées sont carrées, l'ordre est présent dans sa tête à un point que lui-même ne peut s'en éloigner.
En revanche, ce n'est pas vrai pour le rangement des objets. Cette explication (chaque objet à sa place au millimètre) tient de l'obsession, et tout comme le reste des humains, tous les psychorigides ne sont pas obsessionnels (sauf dans leur tête puisque c'est le siège de la psychorigidité -autrement dit, quand un psychorigide bloque sur un problème, il ne l'oubliera pas tant que ce n'est pas résolu).

En revanche, comme on peut l'entrevoir à ce point, certaines choses dites sur les psychorigides sont surement vérifiables puisque ce sont des suites logiques d'un esprit rigide.
Ils seraient dénués de fantaisie… Vrai. Comme dit plus haut, un psychorigide ne se prendra jamais pour la reine du bal, ne se donnera pas une importance qu'il sait ne pas avoir. Donc oui, même intoxiqué, il ne chante pas dans les rues à tue-tête déjà pour cette raison évoquée ici, mais en plus parce que dans mon cas, ça empiéterait sur les libertés d'autrui (vous voyez, un psychorigide s'applique d'abord à lui-même ce qu'il exige des autres -si tout le monde faisait comme ça, ça irait beaucoup mieux non ?).

Autre détail qui tient sans doute de la psychorigidité; ne pouvant s'encombrer de fantaisie et de légèreté, il y a fort à parier que tous les appartements de psychorigides vivant seuls soient dépourvus de décoration, photos ou autres objets qui ne servent à rien.

Ce point du manque de fantaisie et de légèreté, est évidemment aussi et surtout applicable, et appliqué, dans son esprit. La pensée et la réflexion d'un psychorigide en sont aussi dépourvues. D'où l'impression d'un caractère très brut, froid et distant de prime abord, d'une façon de dire les choses de façon plutôt abrupte.
Mais dans les faits, vous préférez qu'on vous dise les choses comme elles sont ou vous préférez qu'on vous dise les choses avec des pincettes, en édulcorant et enjolivant la situation. La majorité répond en général la 1ere bien que préférant dans les faits la seconde réponse.
Or, un psychorigide ne se voile pas la face, il ne se raconte pas d'histoire pour se rassurer, pas plus pour rassurer les autres. "S'il y a un monstre dans le placard, il ne se cache pas sous les couvertures pour tenter de penser que ça suffit à le faire disparaître", autrement dit, le psychorigide ne fait aucune concession à la réalité, ni envers lui-même ni envers ses proches. L'illusion et l'utopie ne sont pas dans ses habitudes.

Si un proche lui ment par exemple, il en sera affecté (pour un psychorigide, il n'y a que le mensonge: petit ou grand mensonge ça n'existe pas); ça se traduira par le socle de sa psychorigidité qui émerge (la rage et la colère pour moi) et il a de grandes chances de boucler là-dessus, dû à sa façon de penser (expliqué ci-après).
N'attendez jamais qu'un psychorigide vous dise ce que vous voulez entendre, il ne le fera pas (même s'il a compris que vous préférez les flatteries), il ne vous dira que ce qui est la réalité… de son point de vue évidemment.

Ainsi, on peut donner un petit truc, petite astuce vite fait. Un psychorigide est froid et distant par définition, s'il vous laisse l'approcher, c'est qu'il se sent proche de vous et qu'il vous apprécie d'une façon ou d'une autre, même s'il ne le dit pas, car exprimer les sentiments est une chose qu'un psychorigide a peu de chance de savoir/pouvoir faire, logique vu son esprit strictement rationnel.
Sachez aussi, même si ça doit se révéler en creux (et logiquement) au fil des descriptions que j'ai donné jusqu'à présent; si un psychorigide vous apprécie ou vous aime, c'est toujours sincère puisqu'il ne peut, ne sait pas, faire semblant.

Maintenant que le trait est dégrossi, voyons comment fonctionne la pensée d'un psychorigide. Simple : tout est logique et la pensée psychorigide ne fonctionne que sur les détails. Quand vous lui parlez, il vous écoute et vous voit. Il entend et voit chaque détail, le geste que vous faites en même temps que la phrase que vous êtes en train de dire, le moindre mot utilisé au même moment appliqués au contexte auquel vous faîtes allusion. Il voit, il entend et il conserve (mémorise car le cerveau d'un psychorigide fonctionne aussi bien que n'importe lequel) d'autant plus s'il vous apprécie. L'objectif n'est pas de piéger (ce qui serait illogique) mais de vous comprendre au mieux, dans un but de précision.

C'est pour cette raison qu'il est très difficile de mentir à un psychorigide; le moindre détail qui n'est pas logique va créer comme un bug dans la chaîne de pensée. Un point illogique est une incohérence qui, si elle n'est pas résolue ou tirée au clair, peut finir par être perçue comme une volonté de ne pas dire ou de travestir la réalité.
Ainsi, pour mentir à un psychorigide sans qu'il s'en aperçoive, il faut tenir sur chaque détail, sur la cohérence globale du récit et sur la durée (si vous reparlez de la même histoire plusieurs mois après par exemple).
Alors si en plus les bobards sont grotesques, genre roman ou scénario de cinoche; c'est carrément perçu comme une insulte à l'intelligence (l'intelligence qui est d'ailleurs un de mes points de gravité -ce qui augmente encore la rage dans mon cas, ou la crainte pour ceux dont c'est le socle psychorigide).

Pour schématiser le fonctionnement de la pensée psychorigide, imaginons un ensemble de figures géométriques en 3D (des parallélépipèdes quoi) de tailles, formes et nuances de couleurs différentes, qui sont en fait les mots, les contextes et le sens d'une phrase, d'une pensée qu'on exprime.
Pour les gens normaux, la pensée est globale, ils ne prêtent que peu d'attention sur le sens de ce qu'ils disent car ils semblent percevoir plus le sens global des figures une fois assemblées, et c'est ça qu'ils comprendront.
Pour un psychorigide, il ne perçoit le global, de façon imagée, que comme le résultat d'une équation où chaque figure utilisée est une variable. Et comme toute variable, elle est précise et influe sur le résultat final. Changez une variable dans ce que vous dites, même de façon minime ou "peu importante" pour vous; le résultat sera changé. C'est comme ça que perçoit le psychorigide.

Ainsi, un psychorigide ne conçoit pas, ne peut l'appréhender (comme une division par zéro en quelque sorte) qu'il y ait des éléments qui n'ont pas de points communs avec des éléments directement mitoyens. Par exemple; des éléments cubiques et cyan qui feraient une suite logique avec un autre élément bleu, cubique et pourtant de même taille.
Cet exemple fonctionne dans la vision globale des gens normaux. Après tout, le bleu et le cyan sont proches et les formes peuvent être similaires (cubiques et rectangles) et de tailles à peu-près similaire.
Pour un psychorigide, on ne peut pas passer d'un cube à un parallélépipède rectangle en seulement deux figures, sans suite logique. Et le bleu n'est pas du cyan, même si ça y ressemble.

Je ne sais pas si je suis clair, mais c'est ce qu'on voit le plus souvent avec les gens normaux quand ils parlent et qu'ils ne prêtent guère d'attention au sens de ce qu'ils disent qui devient du coup différent de ce qu'ils veulent exprimer. Et quand on demande des explications ou des précisions pour pallier les manques de logique qu'on perçoit, on nous sort la fameuse phrase "- Ouais mais je me suis compris !"
Mais bien joué Pèpère ou Mèmère ! Quand on parle, c'est pour que ce soit l'interlocuteur qui nous comprenne. Pour se comprendre soi-même, pas besoin de parler hein !

Illustration plus concrète qui va me servir en plus de transition vers des points particuliers de la psychorigidité : l'émotion et les sentiments dont ce trait de caractère serait dépourvus.
L'humain "normal" a pour habitude, surement par paresse intellectuelle, à confondre émotion et sentiment. quand il parle des personnes qu'il affectionne, le plus souvent c'est décrit par l'émotion; ce qui est un non-sens et complètement illogique. Sinon c'est tout au plus un coup de cœur, une passion, donc à l'opposé d'une personne qu'on affectionne.
Idem dans l'autre sens, prendre la colère, le rire ou la gaieté comme des sentiments alors qu'ils ne sont que des émotions.
Ce genre d'imprécision (de conneries) est très récurrent chez les gens "normaux" qui me diront certainement d'un ton vexé "- Ouais mais c'est pareil euh".

Pour un psychorigide, il s'agit bien de deux choses très différentes. Ce qui explique d'ailleurs leur caractère froid et distant. Voyons la logique si on reprend les éléments expliqués ci-dessus.
- Un psychorigide est un esprit qui ne peut fonctionner que par le rationnel et la logique. Sentiments et émotions sont par définition irrationnels.
- Le socle de la psychorigidité est une émotion qu'il ne peut contenir (rage/colère/crainte) qu'en ayant des points de gravitation, des valeurs morales le plus souvent, qui vont dessiner le contour de la psychorigidité de l'individu.

En temps normal, les points de gravité sont en équilibre et tout se passe bien, c'est apaisé. Mais injecter un élément contraire à la psychorigidité, par exemple quelque chose qui n'est pas rationnel (émotion) ou contraire à ses principes (mensonge par exemple surtout par une personne qui a l'affection du psychorigide) créé des effets de marée extrêmement brutaux (imaginez la partie de billard avec les planètes si une étoile ou quelque chose d'aussi massif entrait dans le système solaire, pourtant à l'équilibre maintenant). Ce qui cause des inconforts à tout le moins car ça permet à l'émotion socle que la psychorigidité sert à contrôler, de refaire surface.

Comme dans mon cas l'émotion socle est la colère et la rage, (mon caractère est plus emprunté à l'ours qu'au lapin de garenne), on peut dire de façon imagée, comme je l'ai déjà fait; que j'ai la compagnie quotidienne d'un ours complètement irascible (colère/rage) mais que j'arrive à maîtriser et apaiser par la psychorigidité justement.
En ce moment, pour une raison précise, ma psychorigidité est mise à mal et l'ours est en train de sortir de sa tanière (d'où ce long texte pour tenter de me concentrer sur autre chose et peut-être trouver un élément logique pour l'apaiser à nouveau, l'épuisement physique d'hier (30 km de marche sur le halage) n'ayant rien donné. Sinon il restera l'intoxication.

On pourrait expliquer le présent état d'esprit comme un tiraillement extrêmement brutal entre l'ours (colère = irrationnel) d'un coté et de l'autre, le principe de psychorigidité (rationnel) qui me font suivre mes principes (ce que je ne ferai plus si c'est la colère qui l'emporte).
Donc, voilà pour l'émotion d'un point de vue psychorigide. Toute émotion n'a pas sa place et est écartée systématiquement. D'où l'aspect froid, distant et sans fantaisie.

Ce qui amène à l'autre pendant, les sentiments. Comme l'émotion, les psychorigides ne sont pas dépourvus de sentiments. Ils possèdent les mêmes que tout le monde et, ô révélation, peuvent même faire preuve d'empathie.
Les sentiments (très différents de l'émotion je le rappelle) sont aussi irrationnels. Mais les psychorigides ne les rejettent pas comme l'émotion. Mais ce coté irrationnel les empêche bien souvent de savoir les exprimer et les gérer. Pour illustrer afin de mieux comprendre, essayez d'imaginer quelqu'un qui vous dit qu'il vous aime en formule mathématique (la rationalité toujours).
Ou expliqué autrement par du vécu récemment, alors que j'essayais de lui dire que je l'aime depuis des années et que je tiens à elle; qu'elle me demande pourquoi je l'engueule. Un psychorigide ne sait clairement pas dire ses sentiments; mais il les ressent et souvent les prend comme des engagements.

Un psychorigide, qu'il vous déteste, vous apprécie ou vous aime, saurait toujours vous expliquer pourquoi, en vous disant ce qui lui plait et ce qui lui plait moins. Pour une déclaration d'amour, les normaux trouvent ça assez peu romantique puisqu'ils préfèrent qu'on leur dise uniquement ce qu'ils veulent entendre plutôt que la réalité.
Ce fait a pour résultat insoupçonné que quand un psychorigide fait savoir (tente de faire savoir du moins) à quelqu'un qu'il l'aime, il y a la certitude que ce n'est pas des cracks ni une expression utilisée à l'arrache comme les normaux peuvent le faire; comme par exemple ces flagorneries de beaufs qui espèrent un coup d'un soir auxquelles sont prêtes à croire la moitié des femmes qui se sentent "un peu seules".
Des paroles telles que "Mais oui je t'aime, mais oui t'es belle" suffisent pour l'ouverture des cui… d'esprit des gens normaux; qui sont des personnes bien… à entendre ce qu'ils prétendent.
Pas chez les psychorigides qui ne disent pas ce que vous voulez entendre, mais ce qu'ils pensent réellement (ce qui est autrement plus direct, sans ambiguïté et infiniment plus respectable vis à vis des uns comme pour des autres).

Autre exemple personnel encore pour expliquer comment peut se traduire la psychorigidité au quotidien. Je déteste qu'on me colle, qu'on soit trop près de moi; d'où mon calvaire et le stress/énervement à faire la queue. J'ai besoin d'un espace vital autour de moi (de la taille d'un bras dans le pire des cas, sinon bras et avant-bras). Ça se traduit ainsi par exemple, quand je suis dans un café et qu'on s'approche pour me parler, je recule d'un pas. Si la personne avec qui je discute aime coller pour parler à 40 cm. de ma face, ça devient presque une danse si ce n'était aussi chiant.

Inutile donc de préciser que je déteste qu'on me touche. Les gens tactiles (qui touchent et se laissent toucher) par des inconnus sont hors de ma compréhension (et l'envie de les baffer est assez forte tant ils me répugnent).
Pourtant, si une personne peut remarquer qu'elle peut s'approcher dans mon espace vital, que je la laisse me taper sur l'épaule ou faire un geste pour figurer une secousse dans une discussion en cours. Elle peut être sûre que je l'affectionne++ et que, de fait, elle peut être dans mon espace vital.
Je fais référence évidemment à la proximité physique au quotidien, dans les lieux publics ou autre, au fait qu'on puisse "me coller", ou me toucher l'épaule pour discuter avec moi.
Qu'on ne s'y trompe pas, il ne doit y avoir aujourd'hui (ce jour) que deux personnes qui pourraient le faire (dont une que j'ai, hélas, perdue de vue).

Donc, après cette explication détaillée, on peut voir que le psychorigide n'est pas dénué de sentiments, c'est même tout le contraire. Juste qu'à ses sentiments est accordée une vraie valeur et qu'il ne les donnent pas facilement; c'est pourquoi ça m'étonnerait qu'on voit des psychorigides avec des centaines d'amis sur les réseaux sociaux.
L'amitié et le respect, comme l'amour, sont des sentiments. Un sentiment est une valeur rare. Avoir plusieurs dizaines d'amis, c'est par définition et selon toute logique être quelqu'un de facile (dans le sens péjoratif -homme ou femme facile) puisque dans la vie, personne ne peut avoir plusieurs dizaines, voire des centaines d'amis -sauf dans les contes de fées évidemment.
Ce point est là encore un indice de la psychorigidité; une relation non factice ni illusoire au réel; ce dont manquent les normaux qui affichent et ne jurent que par le nombre "d'amis" qui doit être élevé. Et ça ne date pas que des réseaux sociaux; mais c'est toujours aussi moche et parlant sur ce qu'est la sincérité des gens normaux qui pensent que s'élever socialement, c'est vivre en essaim.

Autre chose, les psychorigides sont, puisque pas vraiment extravagants ou excentriques (euphémisme ou litote ?), souvent considérés comme des demeurés. D’ailleurs le terme psychorigide est souvent utilisé péjorativement et même, c'est du vécu, suivi d'une obligation de soins par des tribunaux (imaginez casser la psychorigidité, donc les digues qui retiennent la colère ou, pour ceux qui ont la crainte ou la phobie comme socle, de briser ce qui permet de contrôler cette phobie, bravo les juges et les psys).
On prend clairement les psychorigides pour des aliénés ou des malades; le terme pathologie est même souvent utilisé alors qu'il ne s'agit que d'un trait de caractère, un peu particulier certes, mais rien d'autre qu'un trait de caractère de personnes qui ont pu créer leurs propres contrôles… alors que ce sont les mêmes qui ne jurent que par les psys qui prennent les psychorigides pour des demeurés.

L'intelligence chez un psychorigide n'est pas amoindrie, de par son coté rationnel et logique, un psychorigide n'est pas perdu dans le monde des sciences, il sait parfaitement raisonner. Pour continuer à asseoir ses logiques, pour naturellement les confirmer ou les contredire; il doit continuer à apprendre encore et toujours.
Je serai d'ailleurs curieux de voir une étude des corps de métiers où il y a plus ou moins de psychorigides; je ne serai pas surpris qu'ils soient essentiellement dans les sciences ou les domaines strictement techniques (dirigeant d'entreprise, comptabilité, ingénierie) et beaucoup moins dans les métiers créatifs et artistiques.

Alors ne prenez pas les psychorigides de haut, ils construisent leur pensée différemment du commun des normaux, mais ce n'en est pas dénué de sens pour autant, bien au contraire puisque leur pensée à eux est fondée sur le rationnel, sans fantaisie et uniquement par des suites logiques.

On entendra aussi, et c'est vrai puisque ça fait partie du trait de caractère, qu'un psychorigide est obstiné et têtu à l'extrême. En y réfléchissant rien qu'une demie-seconde, vaut-il mieux quelqu'un qui ne baisse pas les bras devant l'adversité pour défendre ses valeurs ou quelqu'un qui abandonne et prend la fuite la queue entre les jambes à la première difficulté ?
Sur le thème qu'il serait impossible ou très difficile de faire changer d'avis un psychorigide ? Non si on prend en compte ce que j'ai expliqué ci-dessus; c'est même surement très facile à partir du moment où on a une logique meilleure, qui démontre que les siennes sont erronées ou imprécises -ce qui peut conduire à l'erreur. Il faut évidemment savoir les exposer, donc exit les "- Ouais mais j'me suis compris…".
Un psychorigide est exigeant envers lui-même d'abord, autant qu'envers les autres, en particulier sur les pensées comme le laisse entendre l'appellation "psychorigidité".

Donc, parlez-lui normalement sans le sous-estimer. Rassurez-vous, il comprend surement plus vite et plus loin que le commun des normaux puisqu'il passe en revue chaque détail, et donc analyse tous les résultats possibles selon les variables reçues. Dans ses hypothèses possibles pendant qu'il vous écoute, il y a même surement des résultats que vous n'avez même pas imaginé pendant que vous lui parliez.
Même après coup, s'il est intéressé (par le sujet évoqué avec vous ou tient à vous par exemple), il continuera à réfléchir à ce que vous avez dit (en corrélation au contexte et gestes effectués à ce moment) juste pour réfléchir s'il vous a bien compris, qu'il n'y a pas eu d'erreur d'interprétation et qu'il ne vous ait pas répondu à coté (et ce qui lui permettra à la fin de sa journée de se regarder dans un miroir en faisant le point sur ses propres actes.
N'oubliez simplement pas ce détail, quand vous lui parlez, un psychorigide vous écoute plus qu'il ne vous entend et vous regarde plus qu'il ne vous voit. Vous devenez alors l'objet de son attention à 100%, et ça c'est plutôt une bonne chose que d'avoir une oreille attentive, non ?.

Autre point sur les relations envers les autres, il semblerait que parfois les psychorigides peuvent se montrer blessants ou contraignants, difficiles à vivre pour leur entourage. Ce qui ne m'étonne pas vu les conneries qu'on raconte sur ce trait de caractère, il est évident qu'on ne sait pas trop comment les prendre puisqu'on ne sait même pas comment ils fonctionnent, donc impossible de les comprendre par définition (et on rejette ou on cherche à soigner ce qu'on ne comprend pas)… surtout que ces idiots de psys en rajoutent en matière de conneries et d'inexactitudes à ce sujet.

Alors oui, de par son caractère (sans fantaisie, un psychorigide ne s'emmerde pas en coloriage pour dire les choses), il peut arriver qu'il blesse ou mette mal à l'aise. Le plus souvent, ce sera involontaire d'autant plus qu'il se sent proche de vous. Pour rappel, un psychorigide ne veut pas qu'on le blesse ou qu'on l'insulte (même pas son intelligence), alors ses principes lui interdisent de le faire aux autres.

Gardez aussi à l'esprit que comme le psychorigide vous écoute et vous voit dans les détails, il distingue surement aussi malgré lui vos forces et vos faiblesses, donc s'il avait envie de vous blesser volontairement (ce qui pourrait arriver s'il estime que vous l'avez blessé/injurié intentionnellement), ce serait surement d'un autre niveau qu'une simple incompréhension, ses mots feraient surement mouche.

Un psychorigide sait envoyer bouler définitivement n'importe qui, même ses plus proches s'il estime avoir été floué. Ce sont les valeurs morales qui priment pour lui; une personne de peu de morale, trop légère ou inconsistante ne sera d'aucune valeur, indigne et sans honneur. Un boulet qui ne fera que faire perdre son énergie au psychorigide qui finira par l'envoyer bouler sans gant ni autre ménagement.

Fonctionnant sur les principes avant tout, il peut ressentir l'empathie; mais surement pas la pitié, deux concepts très différents là aussi. Le pardon n'est pas vraiment dans ses réflexes car l'oubli non plus, sauf à lever une fois pour toute les ambiguïtés et points de désaccords.
Mais ceci dit, il peut arriver que par sa dureté et sa froideur, on ait l'impression qu'un psychorigide soit difficile à vivre. Si c'est le cas, ne le confrontez pas car dans ce cas; il va bloquer sur sa position (sauf si vous lui changez sa logique du moment, expliqué ci-après).

Si vous pensez qu'il vous a blessé ou que vous le trouvez injuste (nul n'est parfait), dîtes-lui et demandez-lui pourquoi. Il y a de fortes chances qu'il puisse vous l'expliquer en détail et qu'il pense à une erreur ou faute (cette différence est aussi bien distincte chez un psychorigide) de votre part, ce qui peut venir d'une mauvaise interprétation, il suffit d'une seule variable bancale (une incompréhension de votre coté ou du psychorigide) pour fausser une équation.
Si c'est le cas, expliquez-lui et dites-lui bien qu'il vous a mis mal à l'aise. Si les explications sont logiques, il en fera siennes et les prendra en compte, et vous aurez surement droit à des excuses par dessus le marché puisqu'il estimera qu'elles sont dues.
Par contre, la mauvaise foi ou les bobards, oubliez ! Ça risque de le braquer encore plus puisque c'est considéré comme une insulte.

Ce qui fait qu'une fois qu'on a en tête toutes ces notions sur la psychorigidité (et non les conneries des psys), on s'aperçoit que vivre au coté d'un psychorigide est surement une meilleure affaire que vivre avec un normal.
Le psychorigide, si ses principes sont ceux-là, est dans l'incapacité de faire ce qu'il ne veut pas qu'on lui fasse, donc il ne fait pas dans la violence conjugale, il est fidèle en amitié comme en amour, il ne vole pas, il ne ment pas… C'est juste un sale caractère au premier abord, mais toujours sincère quand on le connait (ce qui peut être déplaisant s'il ne vous aime pas, on peut en convenir; mais s'il vous aime…).

Voilà, j'espère que ce long pavé mettra en lumière ce qu'est réellement la psychorigidité, expliquée ici en détail par quelqu'un qui la vit au quotidien; un psychorigide plutôt qu'un psy qui croit qu'on peut soigner un trait de caractère.
Que la psychorigidité n'est pas une façon de penser globale explicable comme un symptôme, mais un mode de fonctionnement de la pensée, seule chose en commun entre les psychorigides. Le reste dépend, comme pour tout ce qui est humain, propre et différent à chaque individu.

Comme on peut le remarquer, et c'est d'ailleurs, je pense, une particularité de la psychorigidité, que si on possède ce trait de caractère, on peut expliquer ses pensées dans le détail, ses méthodes de pensées, comment on forme nos pensées "je pense ça plutôt que ça parce que…"
Et les gens normaux, savent-ils le faire, en plus avec autant de précision que les psychorigides, pourtant perçus et traités comme des demeurés ?



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